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    apic/liturgie/ Rome

    Rome: "la liturgie romaine et l’inculturation" (290394)

    Nouveau document pour l’adaption de la liturgie aux diverses traditions

    Rome, 29mars(APIC) Le Vatican a publié mardi un nouveau règlement sur

    l’adaptation de la liturgie aux traditions des divers peuples, en particulier dans les pays de mission. "De légitimes diversités dans le rite romain

    ont été admises dans le passé et réaffirmées par le Concile Vatican II dans

    la Constitution ’Sacro sanctum Concilium’", peut-on lire dans le préambule

    du document intitulé "La liturgie romaine et l’inculturation", publié par

    la Congrégation pour le culte divin.

    Le texte s’adresse en particulier aux pays de nouvelles chrétientés,

    pour les encourager à cette inculturation par laquelle "l’Eglise incarne

    l’Evangile dans les diverses cultures, en même temps qu’elle favorise les

    peuples et leurs cultures dans leurs propres communautés". L’instruction

    reste foncièrement de l’avis que "la situation est différente dans les pays

    d’ancienne tradition chrétienne occidentale où la culture a été depuis

    longtemps imprégnée par la foi et par la liturgie exprimée dans le rite romain". L’instruction convient néanmoins que la coexistence de plusieurs

    cultures, surtout en raison de l’émigration, peut poser des problèmes.

    Une première partie du texte passe en revue le processus d’inculturation

    à travers l’histoire du salut et retrace l’évolution continuelle du culte

    judéo-chrétien. "Le peuple d’Israël a emprunté aux peuples voisins certaines formes de culte, leur donnant un sens nouveau, voire des formes nouvelles. La rencontre avec la sagesse grecque a donné lieu à une nouvelle forme

    d’inculturation: la traduction de la Bible en grec".

    L’Eglise, sous l’influence d’autres traditions culturelles, a adopté

    "d’autres formes rituelles", en discernant toujours, "parmi les éléments

    provenant des cultures païennes, ce qui était incompatible avec le christianisme et ce qui pouvait être assumé". Les rites liturgiques eux-mêmes

    ont connu maints changements pendant leur histoire, "même si en certaines

    périodes, le souci de l’uniformité liturgique l’a emporté".

    L’inculturation liturgique a des exigences et des préalables qui découlent d’un côté de la nature même de la liturgie, de l’autre des exigences

    de l’évangélisation. C’est ce que souligne le second chapitre, qui rappelle

    en outre que la responsabilité en la matière échoie aux Conférences épiscopales qui feront faire "des études préalables d’ordre historique, anthropologique, exégétique et théologique". Conférences qui auront également sous

    les yeux l’expérience pastorale du clergé local, en particulier autochtone.

    La troisième partie, consacrée aux principes et aux normes pratiques

    pour l’inculturation de rite romain insiste sur la sauvegarde de l’unité

    substantielle de ce rite et rappelle que les décisions en la matière relèvent de l’autorité du Siège apostolique. Le langage, la musique et le

    chant, les gestes et les attitudes, l’art, les diverses expressions de piété populaire... sont autant d’aspects qu’on pourra modifier, toujours avec

    prudence et en veillant à ce qu’ils produisent une meilleure approche de la

    liturgie. Et le document de préciser: "L’emprunt aux usages traditionnels

    doit s’accompagner d’une purification et, si nécessaire, de ruptures". Cela

    vaut aussi pour "la christianisation éventuelle de fêtes païennes, de lieux

    sacrés, pour l’attribution d’un signe d’autorité réservé aux chefs dans la

    société, ou encore pour la vénération des ancêtres". Il faut éviter, ajoute

    le document, toute ambiguïté et tout soupçon de syncrétisme.

    Le domaine des adaptations est abordé le quatrième chapitre. "La première mesure d’inculturation et la plus notable est la traduction des textes

    liturgiques dans la langue du peuple". Le document insiste à ce propos sur

    "le rapport du texte avec l’action liturgique, les exigences de la communication orale et les qualités littéraires de la langue". Chaque aspect de

    la liturgie (célébration eucharistique, sacrements et sacramentaux, initiation chrétienne, mariage, funérailles, bénédictions, liturgie des heures)

    exige ou permet des aménagements différents.

    Le document s’achève avec l’exposé des procédures à suivre pour adapter

    les livres liturgiques. Procédure qui englobe le vote de la Conférence

    épiscopale, la reconnaissance du Siège apostolique et le décret de promulgation de la Conférence épiscopale. Quant aux "expérimentations", elles

    restent rigoureusement soumises à la Congrégation pour le culte divin.

    (apic/sv/pr)

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