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    apic/Liège/Fête-Dieu/Anniversaire

    Liège: Le diocèse prépare le 750e anniversaire de la Fête-Dieu(200895)

    L’histoire d’une fête commencée grâce à une Liégeoise

    Liège, 20août(APIC/CIP) Le 750e anniversaire de la Fête-Dieu sera célébré

    à Liège en 1996. Un secrétariat du Jubilé Eucharistique a été mis sur pied

    pour préparer l’événement et centraliser les manifestations qui se dérouleront dans le diocèse. Cette fête est née en 1246 de la volonté d’une Liégeoise, malgré les protestations du clergé et de la population d’alors, mécontente: jour férié, jour sans solde.

    La Fête-Dieu, aujourd’hui fête du Saint-Sacrement ou du Corps et du Sang

    du Christ, fut instituée et célébrée pour la première fois à Liège en 1246,

    avant que le pape Urbain IV ne l’étende à toute l’Eglise en 1264. La célébration en devint effective dans la chrétienté au XIVe siècle et rapidement

    se développa l’habitude d’accomplir, le jour de la fête, une procession du

    Saint-Sacrement. C’est à cette époque que furent réalisés les premiers

    ostensoirs, le clergé ayant souhaité montrer le Saint-Sacrement aux fidèles.

    La Fête-Dieu a été instaurée à l’instigation d’une Liégeoise, Julienne

    de Cornillon. Née en 1191 (ou 1192 à Retinne), issue d’une famille riche,

    Julienne n’a que 5 ans lorsqu’elle perd ses parents et est confiée à la léproserie du Mont-Cornillon. Son éducation étant prise en charge par une institution gérant les biens familiaux, elle aurait pu quitter plus tard la

    léproserie, mais y renonce pour ne pas la priver de sa dot.

    Mécontentement et violences

    Elue prieure de la léproserie de Cornillon à 30 ans à peine, elle résout

    d’en faire un couvent pour raffermir la vocation des jeunes et soustraire

    l’institution à la tutelle civile liégeoise. En contact avec les béguines

    de l’époque, la prieure apprend de ces femmes comment considérer le pain de

    l’eucharistie: non comme un "morceau" de la chair du Christ, une relique

    rangée dans une armoire, mais comme la présence du Christ en personne au

    milieu de son peuple.

    C’est ce qui l’amène à promouvoir le culte du Saint-Sacrement. Elle obtient en 1246 l’institution de la Fête-Dieu pour laquelle elle compose un

    office. Encouragée dans ses efforts par le prince-évêque de Liège, Robert

    de Torote, et par des théologiens étrangers, la religieuse se heurte toutefois à l’opposition massive des Liégeois.

    La population, en effet, se voit privée d’un jour de salaire par la

    création d’un nouveau jour férié, et même le clergé local est réticent à

    l’idée de nouvelles prestations gratuites. L’opposition prend un tour si

    violent que la maison réservée à la prieure est détruite. Julienne de Cornillon doit fuir la principauté de Liège pour se réfugier près de Namur, à

    Salzinnes, puis six ans plus tard à Fosses, où elle meurt en 1258, à l’âge

    de 66 ans. (apic/cip/pr)

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