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    apic/Liban/Vaud/Eglise/Construction

    Le Liban reconstruit ses églises (230796)

    Les catholiques vaudois participent au financement de l’une d’elles

    Mgr Bürcher s’y implique: interview

    Lausanne, 23juillet(APIC) Reconstruire 16 églises détruites par la guerre

    au Liban-Sud? Une lourde charge. Pourtant acceptée par Mgr Georges Kwaiter,

    archevêque grec-melkite catholique du diocèse de Saïda. Les catholiques

    vaudois participent à la reconstruction de l’une des ces églises. Résultat

    de l’engagement et de la solidarité des fidèles et de leur évêque, Mgr

    Pierre Bürcher.

    Sensibilisé notamment par la guerre, qui a si durement frappé le Liban

    pendant de nombreuses années, l’évêque auxiliaire s’est engagé depuis fort

    longtemps dans l’aide et le soutien aux personnes démunies. Aujourd’hui, en

    totale communion avec les donateurs de son diocèse, il permet à l’archevêque grec catholique de Saïda, Mgr Georges Kwaiter, de reconstruire l’une

    des 16 églises détruites par les bombardements: celle de Mrah-el-Hbass,

    dans le sud du Liban.

    Les catholiques vaudois ont ainsi pris à leur charge le financement des

    travaux de gros oeuvre de cette église. Aujourd’hui, les travaux ont commencé et les gens reviennent petit à petit au village.

    Dans une interview publiée par le Service Information de l’Eglise catholique en Pays de Vaud, Mgr Pierre Bürcher dit pourquoi il s’est engagé personnellement à la reconstruction de cette église.

    Mgr Bürcher: Pendant la guerre du Liban, dans un premier temps, j’ai tenu à accueillir durant deux mois d’été des enfants libanais, pour les sortir de ce climat de guerre, les faire respirer un peu la paix. Ces enfants

    ont été reçus et placés dans des familles. J’étais alors curé de la paroisse Saint-Jean à Vevey. Cette initiative a très bien été perçue par les paroissiens. Le mouvement s’est ensuite élargi au niveau du canton et même

    au-delà, puisque différentes organisations ont également effectué ce travail d’accueil. Si bien que plusieurs dizaines d’enfants sont venus ici en

    pays de Vaud et ce, pendant de nombreuses années.

    Vous étiez curé à Vevey à l’époque de la guerre du Liban. Le fait d’être

    aujourd’hui évêque a-t-il accéléré et donné plus de poids à votre action?

    Mgr Bürcher: En tant qu’évêque, cette démarche se situe dans l’esprit et

    dans la ligne de la collégialité au sens général du terme. Collégialité qui

    doit être effective jusque dans la concrétisation des faits les plus matériels. Collégialité affective aussi. Lorsqu’un frère est dans la souffrance

    ou dans le besoin, je ressens la nécessité d’être solidaire avec lui et de

    l’aider dans la mesure de mes possibilités, non pas seul, mais avec la collaboration de toutes celles et ceux qui veulent y participer.

    Je pense notamment aux paroisses et aux communautés qui ont spontanément

    manifesté, dans ce cas précis, toute leur bonne volonté et leur engagment.

    Et une fois l’église de Mrah-el-Hbass reconstruite...?

    Mgr Bürcher: Il faut d’abord songer à un phénomène de sociologie religieuse que nous avons de la peine à saisir en tant qu’Occidentaux... En effet, dans ces régions tout particulièrement, l’église matérielle a un rôle

    extrêmement important à jouer. Le fait de pouvoir reconstruire une église

    donne à la population le sentiment et même la certitude d’une sécurité retrouvée. Tant que l’église n’est pas le lieu de rassemblement de la population, les familles ne vont pas s’établir dans le village. Donc, c’est un

    signe et un geste d’espérance. Autrement dit même après un exode massif,

    dès le moment où les travaux de reconstruction débutent, la population rentre chez elle.

    Les travaux de reconstruction de l’église de Mrah-el-Hbass vont-ils

    bientôt débuter?

    Mgr Bürcher: Oui. Mgr Georges Kwaiter vient de m’annoncer le début des

    travaux. C’est évidemment un moment très important pour les habitants de

    cette région, pour les paroissiens et pour le curé qui aura bientôt à nouveau un lieu de célébration dans lequel il accueillera ses fidèles. Cette

    construction matérielle est aussi le signe de la construction de la communauté ecclésiale qui a besoin de ce lieu de célébration pour pouvoir, par

    ailleurs, témoigner de sa foi dans le concret de son existence. Or, actuellement, la situation sur place est encore difficile. Il ne faut pas oublier

    que le Liban-Sud, en particulier, est encore occupé et que, quasi-quotidiennement, l’on entend au loin, voire assez près, des tirs d’obus. Il faut

    ici rappeler les événements sanglants de Pâques dernier.

    Pour les seuls travaux de gros oeuvre, auxquels le Pays de Vaud participe financièrement, le coût a été devisé à environ 100’000 dollars. Quelle

    somme avez-vous pu réunir à ce jour ? Combien vous manque-t-il ?

    Mgr Bürcher: Nous en sommes aujourd’hui à la moitié. C’est-à-dire que

    nous avons récolté plus de 60’000 francs suisses. Mais il nous faut encore

    la même somme pour permettre le financement total les travaux du gros oeuvre. Ceci dit, l’archevêque de Saïda tient absolument à ce que la communauté

    locale participe aussi à la construction de son église, dans la mesure de

    ses possibilités malgré la pauvreté de beaucoup de familles. Je trouve donc

    qu’à travers cette action règne un esprit de partage et de solidarité. Je

    suis optimiste pour la "suite des opérations".

    Pour ce qui est du canton de Vaud en particulier, je suis très reconnaissant envers toutes les personnes, les paroisses et les communautés qui

    ont fait cette démarche missionnaire et de solidarité dans ce sens. Je pense qu’en tant que chrétiens nous avons à être solidaires et spécialement

    solidaires des plus démunis, des plus pauvres. S’il y a un appel à l’aide,

    il s’agit de pouvoir l’entendre au maximum. C’est en tout cas mon désir et

    ma volonté. (apic/bl)

    (Propos recueillis par Jean-Charles Zufferey)

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