Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Le texte contient 76 lignes (max. 75 signes), 769 mots et 5094 signes.

    apic/Liban/Joumblatt/Retour des réfugiés/Convivialité

    APIC - Interview

    Les chrétiens libanais toujours dans

    l’attente de retourner dans le Chouf

    Rencontre avec Walid Joumblatt, ministre libanais des déplacés (111095)

    Jean-Claude Noyé, pour l’Agence APIC

    Beyrouth, 11octobre(APIC) A Damour, à l’entrée du Chouf, à une demi-heure

    de Beyrouth, se trouve le siège du Ministère des Déplacés, où règne dans

    une grande confusion le leader druze Walid "Bey" Joumblatt. Au cours de 17

    ans de guerre, quelque 500’000 Libanais, pour les deux tiers des chrétiens,

    ont été chassées par les combats ou la "purification ethnique".

    Le retour des "déplacés" - notamment dans le Chouf, fief de Joumblatt est un test décisif pour la cohabitation entre les communautés libanaises.

    APIC:De l’avis des principaux concernés, le retour des déplacés s’effectue

    beaucoup trop lentement...

    W.Joumblatt:Nous n’avons plus d’argent. Cette année, on a affecté 200

    millions de dollars à cette question prioritaire, alors que les besoins

    sont estimés à 500 millions. A part Beyrouth, 20’000 maisons ont été détruites. Le gouvernement n’estime pas à sa juste mesure les difficultés.

    Le retour des déplacés était au départ une priorité mais la question a

    été reléguée au second plan. Les querelles intestines du gouvernement et

    les préoccupations quant à la nouvelle loi électorale et la prorogation du

    mandat du président de la République ont pris le devant de la scène.

    Il y a actuellement deux pouvoirs exécutifs, car le président de l’Assemblée nationale, Nabih Berri, s’arroge des pouvoirs qu’il n’a pas. Sans

    parler des pouvoirs occultes: les services de renseignement et l’armée. On

    construit un Etat policier menaçant sérieusement ce qui reste de libertés.

    APIC: Comment voyez-vous l’avenir des relations entre chrétiens et druzes?

    W.Joumblatt:Tous les Libanais appartiennent au monde arabe, même si les

    chrétiens ont toujours davantage regardé vers l’Occident et les musulmans

    vers le monde arabe. Cette arabité, qui passe notamment par la langue, est

    un élément d’entente important qui ne doit pas être négligé par les chrétiens. Par ailleurs, force est de constater que dans la tradition libanaise

    on est toujours allé consulter l’occupant du moment, qu’il soit turc ou

    français, pour régler les différents entre les diverses communautés. Cela

    continue aujourd’hui avec la Syrie. Quant à moi, j’oeuvre autant que faire

    se peut dans le sens de la réconciliation, mais il faut du temps pour

    retrouver la convivialité.

    APIC:Nombreux sont les chrétiens libanais qui estiment injuste que Samir

    Geagea, ancien chef des Forces libanaises (milices chrétiennes), ait été

    condamné à la prison à perpétuité alors que tous les anciens chefs de guerre participent aujourd’hui - comme vous d’ailleurs - en toute impunité au

    gouvernement. Ils dénoncent la justice sélective de ce pays!

    W.Joumblatt:On a offert à Geagea la possibilité d’intégrer le gouvernement. Il a refusé. Son problème, c’est le refus de la convivialité entre

    les diverses communautés libanaises. Après l’attentat à l’explosif contre

    l’église de Zouk Mikhaïl, au nord de Beyrouth, à la suite duquel le procès

    de Geagea a été ouvert, son discours était un discours partitionniste. On a

    découvert en outre chez lui énormément d’explosifs. La moitié des chrétiens

    qui ont émigré l’ont fait à cause de lui et de la guerre interchrétienne

    qu’il a menée contre le général Aoun.

    Certains s’offusquent qu’il soit le seul chef de guerre à être condamné.

    Mais il a été jugé précisément pour l’assassinat du leader chrétien du

    Chouf Dany Chamoun. Par ailleurs faut-il juger tous les anciens chefs de

    milice et les hauts responsables de l’administration? C’est possible mais

    ce serait interminable. Je crois pour ma part qu’il faut clore le dossier.

    APIC: Il est question de renouveler ou de proroger le mandat de l’actuel

    président de la République, prolongeant ainsi l’actuel statu quo, et, pour

    cela, de réviser la Constitution...

    W.Joumblatt:Ce sont, en l’occurence, les Américains et les Syriens qui

    décident. Je suis contre notre système archi-confessionnel. Pourquoi la minorité druze, que je représente, devrait se dissoudre dans les grandes majorités? Au Liban, les minoritaires sont des citoyens de seconde catégorie,

    que ce soient les druzes, les alaouites, les grecs-catholiques ou les

    grecs-orthodoxes. Ce sont les grandes communautés qui se partagent le pouvoir, laissant les miettes aux autres.

    La solution me paraît être un système à la proportionnelle dans un Etat

    laïc vers lequel nous devons aller résolument. C’est possible à condition

    de le vouloir vraiment. Seulement les dignitaires religieux et politiques

    freinent des quatre fers, car ce n’est pas leur intérêt. Avec l’actuel système, ils ont beaucoup de privilèges et amassent énormément d’argent. La

    déconfessionnalisation politique ne créera pas l’hégémonie d’une communauté

    sur les autres, si l’on sépare la religion de l’Etat et si l’on rend à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. (apic/jcn/pr/be)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus