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    apic/Leysin/ Challenge Delavay

    APIC-Reportage

    33e challenge Alfred Delavay à Leysin (070295)

    Des curés qui jouent à se faire peur

    Georges Scherrer, Agence APIC; traduction Maurice Page

    Leysin, 7février(APIC) Quelque 120 prêtres et religieux des diocèses

    francophones des Alpes ont pris part à Leysin au début février au 33e Challenge Alfred Delavay. Au programme: ski de fond, slalom spécial et concours

    de vitesse sur la piste du kilomètre lancé de la "Chaux de Mont". Mais surtout amitié et rencontre. Les participants venaient d’Italie, de France et

    de Suisse. Tous avaient laissé tombé la soutane. Même si l’équipement

    n’était pas toujours du dernier cri, les frissons étaient au rendez-vous.

    "Je n’ai pas l’intention de me casser le cou dans cette course de vitesse", avoue le chanoine Joseph Roduit de l’abbaye de St-Maurice, en regardant ses camardes passer devant lui à plus de 100 km/h. Le chanoine Roduit

    participe pour la 20e fois au Challenge Alfred Delavay, mais il compte bien

    sortir sain et sauf de cette 33e édition. La piste de la "Chaux de Mont"

    brille sous un soleil éclatant. Les organisateurs ont choisi un tronçon de

    200 mètres dans le secteur le plus raide de la descente. La vitesse est mesurée sur une portion de 20 mètres.

    "Chacun doit savoir jusqu’où il peut aller. Je vais courir car je veux

    connaître quelle vitesse je peux atteindre", explique de son côté Claude

    Stucky, curé à Meyrin (GE), avant de se lancer dans le vide pour ressentir

    de nouvelles sensations. Le chanoine Pierre Dubois, curé d’Evionnaz (VS),

    entend bien lui aussi s’élancer sur la piste. "La vitesse m’attire. Essayer

    une nouvelle technique sportive est toujours intéressant." "Non, je ne

    crois pas qu’il s’agisse de jouer avec le danger. Je crois qu’il faut accepter ses limites mais aussi ses qualités."

    Pour la première fois une course de vitesse pure était au programme du

    Challenge Delavay, parce que la station de Leysin est une des rares à posséder une telle piste avec ses installations de chronométrage. Avec 106

    km/h, le Père Patrice Gasser, des Spiritains de Fribourg a été le plus rapide de la journée.

    L’abbé Hervé Clavien, de Sion, a atteint 97 km/h. "La sensation de vitesse m’a donné l’impression d’être un peu dans un autre monde. On ne ressent plus le contact avec la neige, avec l’environnement, on est vraiment

    pris dans ce qu’on fait. Il faut être vraiment concentré". N’y a-t-il pas

    trop de risques à se lancer sur une telle pente? "Toute sensation nouvelle

    est une appréhension de Dieu différente. Cela peut être la musique ou la

    lecture, pourquoi pas la vitesse".

    "Magnifique", souligne Patrick Genoud, postulant à l’Abbaye de St-Maurice, encore tout essoufflé après la course. "Le plaisir c’est de se faire

    peur. Cela nous donne une impression d’inconnu, on ne sait pas trop ce qui

    va se passer". Comme futur prêtre, il faut se préparer à toutes les situations, à affronter notamment la peur, il y a parfois des épreuves douloureuses. Gilles Chassé, curé d’Habre-Poche, au dessus de Thonon, est plutôt

    mécontent, sa descente s’est terminée par une chute spectacualire dans un

    nuage de poudreuse. "Je n’avais jamais fait ça, il faut trouver la bonne

    position."

    Si le kilomètre lancé était l’épreuve du courage, le slalom géant était

    celle de l’honneur. "Je ne croyais jamais arriver en bas", avoue l’abbé André Mortamet, du diocèse de Lyon. Il a mis plus de cinq minutes pour descendre la piste d’environ un kilomètre. Il faut dire qu’il participe pour

    la première fois au Challenge Delavay. Pour l’Italien Michele Ottin, du

    diocèse d’Aoste, la course s’est beaucoup mieux passée. A tel point que ses

    camarades l’ont surnommé immédiatement Alberto Tomba. "Nous sommes là pour

    skier, mais ce qui me plaît le plus est en fait la camaraderie". "Pour nous

    autres célibataires, c’est toujours très agréable de pouvoir partager avec

    d’autres les joies du ski, surtout avec le soleil et une neige magnifique,"

    renchérit Christian Vian, de Nice.

    Aucun prêtre n’est cependant parvenu à surclasser l’ancienne championne

    Lise-Marie Morerod, venue en voisine à Leysin et gagnante de l’épreuve

    course dans un temps de 42’31. Alphonse Berthousoz, chanoine du Grand StBernard et curé de Bourg St-Pierre, âgé de 72 ans, apprécie toujours autant

    cette rencontre. "Je suis amoureux de la montagne et de la neige. J’ai pris

    un excellent départ, c’était l’idéal pour moi car la neige est douce. A

    l’arrivée, c’est merveilleux". Il skiera aussi longtemps qu’il le pourra...

    même à 90 printemps. (apic/gs/mp)

    Des photos de ce reportage sont disponibles auprès de l’APIC

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