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    apic/Kuharic/Guerre propre en Krajina/"Désinformation croate"

    Le texte contient 76 lignes (max. 75 signes), 799 mots et 5330 signes.

    Croatie: Le cardinal Kuharic écrit au patriarche russe Alexis II (220895)

    Les Serbes ont fui la Krajina "sur ordre de leurs propres autorités et

    à la demande de l’Eglise serbe orthodoxe", affirme le primat de Croatie

    Zagreb/Vienne, 22août(APIC) Contrairement à diverses informations répercutées par des diplomates étrangers, des Casques Bleus et des journalistes,

    la population civile serbe n’aurait pas fui la Krajina suite à des exactions commises par les troupes croates, mais "sur ordre de leurs propres

    autorités et à la demande de l’Eglise serbe orthodoxe", affirme le cardinal

    Franjo Kuharic, archevêque de Zagreb.

    De son côté, l’hebdomadaire des évêques catholiques croates "Glas Koncila", dans sa dernière édition, affirme même qu’"il est vrai que ni l’Europe

    ni le monde n’ont fait l’expérience d’une guerre si propre que la libération croate des territoires occupés de la République de Croatie". Le commentateur, cité par l’agence de presse catholique IKA à Zagreb, affirme encore qu’"il n’y a eu ni cruauté ni perte de contrôle sur les sentiments accumulés qui auraient autrement conduit à la vengeance".

    "Jamais guerre ne fut plus propre...?"

    "Glas Koncila" (La Voix du Concile) se demande "où, ailleurs, une armée

    si tendue et si puissante a écouté de façon si obéissante les ordres concernant le traitement humain des prisonniers, de compatriotes qui avaient

    collaboré à tel point avec de cruels hors-la-loi armés?".

    L’hebdomadaire catholique croate, qui attaque sévèrement l’éthicien allemand Dietmar Mieth, professeur à l’Université de Tübingen, qui avait mis

    en question le qualificatif de "guerre juste" à propos de la reconquête de

    la Krajina, affirme qu’à cette occasion, "la Croatie a sauvé la face de

    l’Europe et de l’ensemble du monde chrétien".

    Le commentateur croate n’hésite pas à écrire encore que "l’Eglise catholique croate a le droit d’être fière que le christianisme, malgré toutes

    les faiblesses et les inconséquences, a pénétré si profondément la conscience et le subconscient commun de la personne croate, de quelque religion

    ou philosophie qu’elle soit, permettant de faire la guerre de façon humaine

    dans la plus grande mesure du possible". L’auteur de cette prose enflammée

    conclut en demandant de quel droit de critique osent user "des représentants de ces nations qui n’ont jamais dans leur histoire ne serait-ce

    qu’approché un tel accomplissement".

    Pour sa part, dans une lettre adressée au patriarche Alexis II, chef de

    l’Eglise orthodoxe russe, le primat de Croatie tente de calmer le jeu et

    d’éviter les suites négatives que l’exode des Serbes de la Krajina pourrait

    causer aux relations entre les deux Eglises. Il y a deux semaines, le patriarche russe avait sévèrement condamné la reconquête de la Krajina et

    qualifié "d’acte criminel" le fait d’avoir chassé quelque 200’000 Serbes de

    leur patrie d’origine en Krajina. Le primat croate affirme profondément regretter que les Serbes de la Krajina aient fui "malgré toutes les garanties".

    Mgr Kuharic déclare qu’ils sont partis sur les ordres de leurs autorités

    et à la requête de l’Eglise serbe orthodoxe - notamment de l’évêque Longin

    qui à Knin les aurait incité à partir en cas d’attaque croate - et que de

    nombreux serbes ne sont pas partis de leur plein gré. Le cardinal croate

    relève également que la Croatie a libéré son propre territoire pour permettre aux 117’000 Croates déplacés de retourner chez eux. Il défend catégoriquement le gouvernement de Zagreb contre les accusations de "purification

    ethnique" lancées contre lui à propos des Serbes de la Krajina. Si le gouvernement croate avait de telles intentions, souligne-t-il, l’Eglise catholique en Croatie serait la première à se lever pour la défense des droits

    de l’homme et la liberté civile, sans tenir compte de l’appartenance religieuse des victimes".

    "Désinformation" croate, accuse la Fédération internationale d’Helsinki

    De son côté, la "Fédération internationale d’Helsinki pour les droits de

    l’homme (IHF) à Vienne accuse les officiels de Zagreb de "désinformation" à

    propos de ce qui s’est réellement passé lors de la reconquête de la Krajina. L’IHF affirme qu’il y a des "preuves évidentes d’incendies systématiques et de pillages de propriétés civiles, y compris de maisons et de commerces, par l’armée, la police et les unités de la ’police spéciale’".

    L’IHF affirme qu’entre Drnis et Knin et leurs environs, des centaines

    d’habitations ont été incendiées et pillées. Dans un rapport présenté lundi

    à Vienne par une délégation de retour de la région, l’IHF affirme qu’il n’y

    a aucune sécurité pour les réfugiés serbes de Krajina qui désireraient retourner dans leurs foyers.

    Des villages ont été systématiquements incendiés après leur conquête par

    les forces croates, affirme William Hayden, qui s’est rendu sur les lieux

    pour le compte de l’organisation de défense des droits de l’homme. Du côté

    officiel, on a toujours affirmé qu’il s’agit là "d’émotions spontanées".

    Par contre, les églises orthodoxes étaient protégées par l’armée croate,

    "dans le but de montrer que les Croates n’agissent pas comme les Serbes qui

    ont détruit les églises catholiques", affirme l’IHF, qui parle également

    d’exécutions de civils, dont des femmes et des enfants. (apic/kna/kap/ikabe)

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