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    apic/Kivu/Guerre/Inquiétude de Caritas

    Zaïre: La menace de guerre se précise de jour en jour au Kivu (101096)

    Caritas international met en garde: milices et paracommandos s’arment

    Bruxelles, 10octobre (APIC) La menace de guerre se précise de jour en jour

    dans la région du Kivu, à l’est du Zaïre, s’inquiète de Bruxelles Caritas

    Secours international, qui lance un nouveau cri d’alarme à l’adresse de la

    communauté internationale.

    Des attaques de plus en plus fréquentes ont lieu, des groupes armés venus du Rwanda ont pénétré la région de Kamanyola, et des paracommandos arrivés de Kinshasa viennent en renfort dans la région, dénonce l’organisation caritative catholique. Selon différentes sources, un avion en provenance de Bulgarie, chargé de sept tonnes d’armes, a atterri le 2 octobre à

    Goma (Zaïre). L’Afrique du Sud aurait de son côté livré des armes légères

    au gouvernement rwandais actuel.

    Le 6 octobre, un lieutenant-colonel et deux prêtres zaïrois, les abbés

    Boniface Kahegezokoko et Jean-Marie Ndogole, ainsi que des malades, du personnel soignant et des soldats ont été tués dans la région d’Uvira, localité en bordure du lac Tanganika, au sud-est de Bukavu. Des bandes armées,

    descendues du haut-plateau d’Uvira, ont attaqué les localités de Lemera, où

    se trouvent un grand hôpital et une communauté protestante, et de Kidote,

    paroisse catholique. Ces attaques sont attribuées aux "Banyamulenge",

    c’est-à-dire à d’anciens réfugiés Tutsis du Rwanda, dont les familles sont

    installées au Zaïre depuis une vingtaine d’années.

    Selon Caritas, des bandes armées venues du Rwanda ont également pénétré

    dans la région de Kamanyola après avoir passé la frontière entre le Burundi

    et le Zaïre. Les milices compteraient près de 6’000 combattants, particulièrement bien armés. Caritas estime cependant que ce nombre pourrait être

    exagéré. Certains font toutefois état de la présence de Blancs dans les

    rangs des attaquants.

    Le 6 octobre également, un bus zaïrois a été mitraillé à quelques kilomètres au nord de Kibumba, où s’étend un camp de 200’000 réfugiés rwandais

    près de Goma. Cette attaque a fait sept morts et une vingtaine de blessés.

    Route coupée, pénurie

    Aujourd’hui, la route de Bukavu à Uvira est quasi coupée. Tout véhicule

    risque d’être pris sous les feux d’assaillants du Rwanda et des embuscades

    y sont organisées. Cette situation gène considérablement les approvisionnements: des signes de pénurie sont déjà visibles à Uvira comme à Bukavu.

    L’inquiétude règne à Uvira, où l’on craint une attaque de la ville par

    les Banyamulenge. Les coups de feux sont incessants dans la région. Selon

    certaines sources, le port d’Uvira pourrait être la cible d’une attaque

    prochaine. Aucun bateau ne peut quitter le port tanzanien de Kigoma à destination d’Uvira.

    Des paracommandos venus de Kinshasa sont arrivés en renfort dans la région. Les autorités du Sud-Kivu ont demandé à la population de quitter la

    région d’Uvira. Celle-ci, disent-elles, risque de devenir une zone de combats violents.

    Un petit avion, qui transportait de Kasongo (Maniema) à Bukavu un missionnaire italien, un prêtre zaïrois, deux collaborateurs et le pilote, est

    porté disparu depuis le 5 octobre. Les recherches difficiles dans la forêt

    dense survolée par l’avion n’ont rien donné jusqu’ici.

    Différentes sources confirment enfin que les miliciens des anciennes

    Forces Armées Rwandaises sont en train de s’organiser et de s’armer et que,

    le 2 octobre, un avion en provenance de Bulgarie a atterri à Goma au Zaïre

    avec sept tonnes d’armes. Selon le quotidien flamand "Het Volk", qui cite

    un fonctionnaire sud-africain, l’Afrique du Sud aurait de son côté livré

    des armes légères au gouvernement rwandais actuel. (apic/cip/pr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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