Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Le texte contient 87 lignes (max. 75 signes), 910 mots et 6419 signes.

    apic/Kivu/Appel religieuses

    Sud-Kivu: La situation atteint un point critique

    Dur réquisitoire des supérieures majeures (310595)

    Bruxelles, 31mai(APIC/CIP) La situation dans la région des Grands Lacs:

    Kivu (Zaïre, Rwanda et Burundi), atteint un point critique qui fait craindre le danger d’une guerre meurtrière et fratricide dans toute la région:

    c’est le message adressé par l’Union des Supérieures Majeures du Sud-Kivu

    aux Unions des religieuses d’Europe et d’Amérique. "Il y a urgence, écrivent-elles. Dans ce message daté du 24 mai, et dans lequel elles désignent

    des responsables, parmi lesquels certaines organisations humanitaires, des

    médias occidentaux et la communauté internationale.

    L’appel, signé par onze supérieures de communautés religieuses, commence

    par signaler quelques faits alarmants, et notamment la situation précaire

    du million et demi de réfugiés du Kivu, mal nourris et mal soignés, et qui

    craignent en outre les attaques meurtrières en provenance du Rwanda. "Nous

    avons été témoins, et nous le sommes encore tous les jours, de la situation

    misérable de beaucoup de réfugiés, surtout des femmes et des enfants. Dans

    certains camps, le taux de mortalité devient insupportable et le degré de

    malnutrition augmente notablement", écrivent les religieuses.

    La population zaïroise, déjà en situation de détresse, n’est pas épargnée. Selon elles, des hommes, des femmes et des enfants ont été tués - en

    territoire zaïrois - par des soldats de l’Armée Patriotique Rwandaise

    (APR). Le 13 mai, celle-ci a pris en otage 14 femmes, certaines avec des

    bébés de moins d’un an, en représailles contre l’emprisonnement de Tutsis

    au Zaïre (d’après le Groupe Jérémie, 7 de ces femmes, détenues en un lieu

    clandestin inconnu de la MINUAR, ont été refoulées vers le Zaïre parce

    qu’elles étaient tombées malades, ainsi que leurs enfants, suite aux conditions de détention inhumaines; les autres sont toujours retenues).

    Tiraillées et culpabilisées

    Au Rwanda même, les exécutions sommaires, les arrestations arbitraires

    et les massacres n’encouragent pas les réfugiés à rentrer. "L’aile dure au

    pouvoir ne semble pas souhaiter ce retour, affirment les religieuses. Dans

    les prisons, les conditions de détention n’ont rien à envier aux camps nazis... Le refus de dialogue de la part de certains responsables à Kigali,

    l’accusation généralisée contre les réfugiés au Zaïre d’être "tueurs", ainsi que les menaces bloquent tout chemin de réconciliation".

    Beaucoup de congrégations religieuses ont émigré, en partie au Zaïre, et

    leurs jeunes en formation qui ont peur de rentrer au Rwanda sont tiraillées

    "et parfois culpabilisées par certaines autorités religieuses du pays qui

    réclament leur retour".

    Pour les supérieures, ces situations risquent d’accroître l’escalade de

    la violence: "violence à l’intérieur des camps pour assurer la survie, méfiance et violences possibles entre populations locales du Zaïre et réfugiés, vengeance contre les Tutsis zaïrois ou rwandais résidant au Zaïre,

    inquiétude de nouvelles attaques contre les camps de réfugiés à partir du

    Rwanda, inquiétude fondée sur les propos du vice-Président et ministre de

    la Défense, Paul Kagame, affrontements frontaliers entre militaires zaïrois

    et soldats de l’APR, augmentation du banditisme armé dans toute la région".

    Responsabilités

    Le message des supérieurs religieuses désigne les responsables de cette

    situation. Au Zaïre, "la crise politique et sociale s’éternise et rend inopérantes les institutions publiques". Au Rwanda, "l’aile dure au pouvoir

    emploie tous les moyens pour que les réfugiés ne rentrent pas ou végètent

    dans les camps", notamment en refusant de laisser transiter les camions

    d’aide humanitaire sur son territoire. Les femmes zaïroises qui avaient

    l’habitude de faire du commerce avec le Rwanda se voient confisquer tous

    les produits vivriers qu’elles achètent dans les localités frontières de

    Gisenyi ou de Cyangugu; ces produits sont même jetés à la rivière par les

    douaniers: "il est défendu de nourrir les tueurs".

    Le message met aussi en cause certaines organisations humanitaires, les

    médias occidentaux et la communauté internationale. Les premières "sont, de

    toute évidence, influencées par les vues politiques des extrémistes au pouvoir à Kigali", car "dans le personnel de direction à l’échelon international se trouvent des personnes influentes directement impliquées dans le

    conflit", qui "ne peuvent être à la fois juges et parties".

    Les supérieures sont sévères également pour les médias de plusieurs pays

    d’Europe et d’Amérique "également noyautés", ils "véhiculent les idéologies

    politiques de ces pays". Selon ces religieuses, ces mêmes médias "propagent

    des nouvelles tendancieuses, parfois complètement fausses, pour détourner

    l’opinion publique des vrais enjeux de la crise".

    Quant à la communauté internationale, elle "semble même d’accord d’affamer les populations pour les obliger à rentrer au pays, ce qui mettrait en

    danger de mort beaucoup d’innocents". Les religieuses dénoncent "un délit

    flagrant contre les droits de l’homme" et "un crime contre l’humanité",

    pour interroger: "Quel tribunal international jugera une telle politique?"

    Les religieuses, pour qui la complicité de l’Ouganda et du Burundi "ne

    fait pas de doute", avertissent que "les extrémistes hutus risquent de

    n’avoir d’autre solution que celle de durcir leurs propres positions".

    Appel à la solidarité

    Le message se conclut par un appel à la solidarité. Solidarité dans la

    prière et sous forme d’aide matérielle, mais aussi en promouvant et en diffusant "une information juste et objective".

    Les supérieures du Zaïre signalent que Pax Christi International, Justice et Paix Europe, la CIDSE (Coopération internationale pour le développement socio-économique et Caritas Secours ont récemment pris l’initiative de

    se rencontrer au sein de la Concertation Chrétienne pour l’Afrique Centrale

    (CCAC), entre autres pour mettre sur pied, en collaboration avec ANB-BIA

    (Bulletin d’Information Africaine), une cellule internationale de collecte

    d’analyse et de rediffusion d’informations. Les signataires demandent aux

    communautés religieuses d’y collaborer. (apic/cip/pr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus