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    Le texte contient 54 lignes (max. 75 signes), 570 mots et 3800 signes.

    apic/Kénya/Eglise/gouvernement/Conflit ouvert

    Kénya: Le gouvernement menace de supprimer les émissions religieuses

    La lettre pastorale des évêques indigne le gouvernement Moi

    L’Eglise continuera à dénoncer les abus, s’insurge Mgr Njue (020595)

    Nairobi, 2mai(APIC) Le gouvernement kényen menace de supprimer les émissions religieuses transmises à la radio et à la télévision nationales du

    Kénya si les Eglises ne cessent pas de "proférer des insultes" à l’encontre

    du gouvernement de l’Union nationale africaine du Kénya )KANU) du président

    Daniel Arap Moi. Le conflit entre l’Eglise et le gouvernement est ouvert.

    Loin de se laisser intimider, Mgr Kjue, évêque d’Embu assure que l’Eglise

    continuera à dénoncer les abus au Kénya.

    Cette mise au point, faite par Shariff Nassir, ministre adjoint chargé

    de l’information, est la dernière d’une série de réactions, après la publication, le mois dernier, d’une lettre pastorale énergique, signée par 18

    évêques catholiques romains, dans laquelle ils critiquaient la dégradation

    du système judiciaire du pays, l’impuissance du pouvoir législatif et les

    fréquents abus de pouvoir du régime actuel.

    Les médias kényens qui avaient pourtant rapporté les critiques formulées

    à l’encontre des Eglises par des personnalités du gouvernement, entre autres par le président Moi - dont l’aversion pour l’ingérence des Eglises

    dans les affaires politiques est bien connue -, n’avaient pratiquement pas

    fait état de cette lettre.

    Selon Shariff Nassir, dont les vues reflètent normalement celles du gouvernement, le clergé devrait plutôt marquer sa gratitude pour la liberté de

    culte inscrite dans la Constitution et pour le temps de parole imparti aux

    Eglises à la radio et à la télévision en prêchant la paix au lieu de se mêler de politique.

    Journal islamique pour faire contrepoids?

    Si les Eglises ne tiennent pas compte de ce conseil, a-t-il averti, le

    temps d’émission qui leur est accordé à la télévision et à la radio pourrait leur être retiré.

    S. Nassir a dénoncé par ailleurs le soutien apporté publiquement par les

    responsables anglicans à l’Eglise catholique romaine et précisé que les

    Eglises semblaient déterminées à provoquer le chaos en s’en prenant au

    gouvernement.

    Les Eglises anglicane et catholique romaine, notamment, semblant ignorer

    ces menaces, continuent de dénoncer les problèmes auxquels se trouvent confrontés le gouvernement et le pays.

    S. Nassir préconise la fondation d’un journal islamique pour résister à

    ce qu’il décrit comme "la propagande chrétienne contre un gouvernement élu

    constitutionnellement".

    Quant à la corruption, un des problèmes dénoncés par les évêques catholiques, elle n’est pas nouvelle, a déclaré S. Nassir à l’Agence oecuménique

    ENI, qui précise qu’il ne faut pas rejeter la responsabilité de son enracinement dans la société kényenne sur le gouvernement actuel.

    Pas une lettre, mais un livre pour tout dire

    Invité à répondre au ministre adjoint, Mgr John Njue, évêque catholique,

    a justifié l’attitude de l’Eglise en relevant que les évêques avaient une

    mission prophétique sur la terre: libérer le peuple de Dieu, et qu’ils ne

    devraient jamais se résigner à abandonner leurs responsabilités.

    Pour Mgr Njue, qui dirige le diocèse d’Embu, à 110 kilomètres au nordest de Nairobi, "si dénoncer les maux qui sont mentionnés dans la lettre

    pastorale - qu’il a par ailleurs signée -, est un péché, alors je continuerai de commettre ce péché et aucune manoeuvre d’intimidation, ni aucune menace d’arrestation ne m’empêcheront de dire la vérité".

    "Les maux de notre société, dénoncés dans cette lettre, ne sont que la

    partie visible de l’iceberg", a-t-il poursuivi, avant d’ajouter: "Si nous

    voulions écrire tout à ce sujet, c’est un livre que nous pourrions publier.

    L’Eglise continuera de critiquer, sans crainte, les abus commis par le gouvernement de la KANU". (apic/eni/pr)

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