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    apic/KAKIT/Colloque/Romont/Tourisme et spiritualité

    Romont: Le tourisme à la recherche de sa propre spiritualité (261094)

    Colloque sur la redécouverte du pèlerinage chrétien

    Romont, 26octobre(APIC) Alors qu’en Occident, les églises ont tendance à

    se vider à l’heure des offices, de plus en plus de gens se mettent en route

    pour des raisons religieuses. A eux seuls, les sanctuaires chrétiens attirent bon an mal an plus de 50 millions de touristes et de pèlerins. C’est

    pour analyser ce phénomène et y apporter des réponses pastorales qu’une

    soixantaine de spécialistes venus de toute la Suisse se sont rencontrés le

    mercredi 26 octobre à la Salle St-Charles à Romont. Ils y ont été accueillis au Musée du Vitrail par les autorités communales de ce lieu historique

    sur le Chemin de St-Jacques de Compostelle.

    Le Colloque, organisé à l’initiative de la "KAKIT", la Commission pour

    la pastorale du tourisme de la Conférence des évêques suisses, avait pour

    thème la spiritualité du tourisme et de la redécouverte du pèlerinage. Délégués diocésains et nationaux pour la pastorale du tourisme, aumôniers de

    pèlerinage, agents de voyages, prêtres et évêques qui accueillent des pèlerins, ont mené durant toute la journée de mercredi une intense réflexion

    sur l’accueil de "l’homo viator", cet homme qui chemine, souvent assoiffé

    d’une spiritualité qu’il ne trouve plus dans la paroisse traditionnelle.

    Aussi l’Eglise, qui veut être là où sont les hommes de ce temps, cherche-t-elle des moyens de les atteindre là où ils sont. Peter Keller, chef

    de service du tourisme à l’OFIAMT à Berne et fringant président de la KAKIT, n’y va pas par quatre chemins. Pour P. Keller, la pastorale du tourisme - qui cherche la rencontre avec le vacancier - doit emprunter un chemin

    plus difficile que la pastorale des pèlerinages, qui recrutent une clientèle plus traditionnelle; le chrétien d’aujourd’hui, plus ou moins proche de

    l’Eglise, est majeur et veut choisir lui-même le moment et le lieu d’une

    rencontre.

    Pour un "marketing religieux conséquent"

    Cette nouvelle situation place l’Eglise devant un défi qui, à l’heure

    actuelle, va de soi pour toute association ou entreprise économique:

    "l’Eglise, elle aussi, doit être axée sur la clientèle si elle veut survivre sur le plan institutionnel; cette orientation suppose un marketing religieux conséquent. Contrairement à l’économie touristique, qui doit sans

    cesse créer de nouveaux rêves, l’Eglise peut offrir des expériences spirituelles authentiques".

    Et de citer l’engouement pour les pèlerinage à pied ou à vélo qui s’explique en partie par l’aspiration à vivre une expérience personnelle forte.

    Une expérience dont a témoigné avec émotion Dominique, ancien toxicomane

    valaisan, à la recherche pendant près de 12 ans de paradis artificiels jamais atteints, et qui a enfin "trouvé son Maître" à parcourir à pied la

    Route de Compostelle. Presque 2’000 kilomètres !

    "Nous sommes en présence d’une réalité bien moderne et irréversible,

    dont les enjeux sont à la mesure de la place occupée dans notre société par

    les loisirs et les vacances, et qu’il serait inquiétant d’omettre si l’on

    veut être fidèle à la vie", a lancé l’abbé Michel Robatel, curé du village

    gruyérien de Crésuz. Pour le vice-président de la KAKIT, il y a certes une

    perte de la pratique religieuse, mais dans les centres touristiques, énormément de gens visitent les églises, qui sont autant de "mémoires vives".

    D’où la nécessité de soigner l’accueil tout autant dans les églises de village que dans les hauts lieux de spiritualité: il en va de la responsabilité de l’Eglise face à ce monde à évangéliser.

    "Dans les hauts lieux de spiritualité, les oeuvres ont besoins d’interprètes, pour que les visiteurs remontent aux sources spirituelles qui les

    ont fait naître", a remarqué pour sa part Mgr Pierre Calimé, du Conseil

    pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement,

    qui avait fait le voyage de Rome. Et de déplorer l’inculture religieuse de

    trop nombreux touristes "qui ne comprennent plus les mots que nous

    utilisons" et qui sont parfois si peu discrets qu’ils forcent des moines

    comme les bénédictins de Hautecombe, en Savoie, à se replier il y a

    quelques années à Ganagobie, en Haute-Provence, pour rester fidèles aux

    exigences de la vie monastique.

    S’il y a un tourisme de masse qui organise l’inculture, les hauts lieux

    spirituels peuvent tout de même donner l’occasion de retrouver le vocabulaire de la foi. Et les lieux spirituels ne sont pas toujours là où on pense les trouver. La preuve: le profond étonnement de Mgr Calimé, balloté par

    une foule des chalands pressés, se trouvant nez à nez avec les magnifiques

    photos de l’exposition sur la vie monastique du photographe Jean-Claude

    Gadmer... à la Galerie La Placette à Fribourg. (apic/be)

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