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    apic/Justice et Paix/ Prague

    Prague: Conférence des commissions Justice et Paix (200995)

    Appel à l’Union européenne pour ne pas abandonner le Rwanda et le Burundi

    L’unité de la Bosnie doit être préservée

    Prague, 20septembre(APIC) Les représentants des commissions européennes

    "Justice et Paix", réunis du 16 au 19 septembre à Prague pour leur assemblée annuelle, demandent que l’unité de la Bosnie soit préservée et appellent que l’Union européennes à agir en faveur du dialogue au Burundi et au

    Rwanda. Le cardinal Miloslav Vlk, archevêque de Prague et président des

    Conférences épiscopales d’Europe, a encouragé les commissions Justice et

    Paix à poursuivre leur travail en faveur de la justice sociale et de la

    paix sur l’ensemble du continent.

    Les représentants de 19 commissions européennees et leurs invités du

    Conseil pontifical Justice et Paix, de Cuba, du Japon, du Pakistan et du

    Zaïre ont traité de la relation entre mémoire historique et réconciliation.

    Pour développer ce thème, les organisateurs avaient fait appel à quatre

    orateurs. Le Père Jan Kerkhofs, jésuite, professeur à l’Université de Louvain en Belgique, a souligné l’ambiguïté de la mémoire. Sélective dans les

    faits retenus, cette mémoire ne peut être déclarée innocente. Le Père Enda

    McDonagh, professeur au collège St-Patrick à Maynooth en Irlande a parlé de

    son côté du problème de l’autre, de l’étranger dans la constitution de

    l’identité individuelle et collective. Il définit la paix comme une relation aux autres permettant un enrichissement mutuel.

    Niklos Tomka, directeur du Centre hongrois de recherche religieuse, a

    parcouru l’histoire du nationalisme en Europe pour conclure à la nécessité

    de respecter, dans chaque Etat, la spécificité culturelle des diverses minorités et de leur accorder une certaine autonomie. Le Père Hans Van Munster, franciscain, président de la commission Justice et Paix des Pays-Bas a

    relevé le rôle que les Eglises pouvaient et devaient jouer en faveur de la

    réconciliation face aux multiples conflits qui traversent le continent.

    La Conférence des commissions européennes Justice et Paix se réunissait

    pour la première fois à Prague. Ce fut l’occasion d’échanges intenses entre

    les participants venus de tous les horizons du continent, de Lettonie à

    l’Espagne, de la Suède à la Bulgarie. Les boulversments récents dans de

    nombreux pays à l’exemple du processus de paix en Irlande ou de l’indépendance de la Slovénie, montrèrent que les chrétiens sont fortement impliqués

    dans l’histoire actuelle et qu’ils ne peuvent échapper à leur responsabilité en ce qui concerne la paix et la réconciliation.

    Trois résolutions sur l’ex-Yougoslavie, le Rwanda et le Burundi ont été

    adoptées lors de la dernière journée du Congrès.

    Encadré

    Résolution sur la situation dans l’ex-Yougoslavie

    La Conférence européenne condamne formellement la purification ethnique,

    les massacres de civils ou de prisonniers, le viol des femmes, la destruction des édifices religieux, mosquées ou églises, les déplacements forcés

    de population.

    La résolution affirme le droit de la Bosnie-Herzégovine, la Croatie, la

    Macédoine, la Serbie et la Slovénie à former des Etats durables internationnellement reconnus. Elle réprouve toute idée de division de la BosnieHerzégovine. Une paix durable au Kosovo, n’est en outre possible que par le

    rétablissement des droits de la population albanaise.

    Tout état balkanique a vocation à entrer dans la construction européenne, quelque soit la religion majoritaire, pourvu que son régime soit démocratique et respectueux des droits humains, y compris le droit des minorités.

    La Conférence européenne Justice et Paix recommande enfin que le dialogue entre l’Eglise catholique et les Eglises orthodoxes soit instauré ou

    intensifié. Dans le même esprit, elle affirme qu’aucune religion ne doit

    être mise au service d’une volonté de conquête ou d’exclusion d’autrui.

    Dieu ne cautionne ni violence, ni discrimination entre les hommes. (apiccom/ba)

    Encadré

    Résolution sur le Rwanda

    Après avoir dénoncé, à l’intérieur du pays, et dans les camps de réfugiés au Zaïre la permanence de disparitions, arrestations emprissonnements,

    la résolution sur le Rwanda demande à la Communauté européenne, en collaboration avec les pays africains, d’obtenir de l’ONU une présence suffisante

    d’observateurs militaires et l’envoi au Rwanda d’une délégué permanent

    chargé de représenter Boutros Boutros-Ghali, secrétaire général de l’ONU.

    La résolution demande également d’assurer l’indépendance du système,

    notamment par la mise à disposition de magistrats étrangers appelés à seconder les magistrats du pays.

    Il faut aussi aider à résoudre équitablement le problème des propriétés

    afin que les propriétaires puissent récupérer leur biens, ainsi que le prévoient les accords d’Arusha. Enfin la résolution veut la poursuite d’une

    aide humanitaire suffisante dans les camps des réfugiés.

    Encadré

    Résolution sur le Burundi

    Vis à vis du Burundi, la Conférence des commissions Justice et Paix manifeste sa vive inquiétude sur l’instabilité croissante du pays en déplorant le

    fait que la ségrégation raciale qui se poursuit et risque d’aboutir à

    l’installation d’un véritable apartheid dans tout le pays. Constatant que

    le contexte de guerre larvée se poursuit, la résolution demande à l’Union

    européenne l’envoi d’un délégué permanent épaulé par des experts connaissant bien le Burundi pour offrir au gouvernement burundais ses services

    pour rendre plus efficace le fonctionnement des institutions.

    La résolution demande en outre à l’Union européenne une contribution efficace à l’installation de la Commission internationale chargée dênquêter

    sur l’assassinat du président Ndadaye et sur les massacres qui se sont déroulés d’octobre 1993 jusqu’à ce jour. Enfin il est demandé que les forces

    de l’ordre (armée, gendarmerie, police) soient réorganisées. Etant donné la

    composition et le rôle joué par l’armée dans le pays, il importe qu’elle

    soit impliquée dans le processus de pacification et de négociation par

    l’ouverture progressive aux Hutus et par l’assignation de tâches précises à

    réaliser. (apic/com/ba)

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