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    apic/JOC française/ Congrès dimanche

    APIC-Interview

    France: 30’000 jeunes de la JOC réunis en Congrès près de Paris (240596)

    "Si je bouge, tout bougera"

    Paris, 24mai(APIC) Près de 30’000 jeunes français de l’Action catholique

    ouvrière (JOC-JOCF) se rassemblent dimanche dans le parc de la Courneuve,

    dans le département Seine-Saint-Denis, près de Paris. Pour échanger sur

    leur vie militante dans le monde ouvrier. Mais pour parler aussi de la citoyenneté, du partage du travail, des migrations, d’écologie et de solidarité avec les exclus. Le thème de ce grand rassemblement: "Cap solidaire"

    et le slogan choisi: "Si je bouge, tout bougera", indiquent bien l’orientation dynamique et optimiste voulue par les organisateurs de la journée.

    Mgr Jean-Paul Jaeger, évêque de Nancy, responsable de la Commission

    chargée de l’apostolat des laïcs au sein de l’épiscopat, présidera l’Eucharistie à 18 h. Ce rassemblement aura également un temps festif et des groupes de raï et de rock animeront la soirée. Interview de Paul Angleraud, secrétaire national de la JOC-JOCF.

    Propos recueillis par Jean-Claude Noyé, APIC

    APIC: En 1990, la JOC avait rassemblé 100’000 jeunes à la Courneuve. Cette

    année vous en attendez 30’000. Faut-il en conclure à une érosion considérable du nombre de vos adhérents et sympathisants?

    P. A.: Le chiffre avancé est excessif. Celui des 70’000 est plus près de la

    réalité. En 1990, la JOC avait mobilisé beaucoup d’adultes qui avaient

    grossi le rang des troupes. Cette année notre ambition est plus modeste.

    Mais 30’000 jeunes, cela reste un chiffre tout à fait considérable. Les

    chiffres ne disent pas tout de la vitalité d’un mouvement. On peut certes

    regretter que ce mouvement n’ait plus l’influence d’autrefois. Il continue

    pourtant d’être reconnu comme un mouvement d’envergure par les représentants de tous les courants de la société, comme le prouve la liste des personnalités qui honorent "Cap solidaire" de leur présence. (Cf. encadré).

    Aujourd’hui la JOC avance des chiffres plus réalistes. Elle revendique

    20’000 adhérents, de 14 à 25 ans, soit 50’000 jeunes touchés par elle. Seule la mouvance scoute peut en faire autant.

    APIC: Vous parlez de "pastorale de la responsabilité". Pourquoi?

    P. A.: La JOC est le type même du mouvement fait par les jeunes pour les

    jeunes. Ils s’évangélisent entre eux, si je puis dire. Le Père Cardijn,

    fondateur de la JOC en 1926 en Belgique et l’abbé Guérin, qui a introduit

    le mouvement en France en 1927, avaient inventé la formule "Entre eux, par

    eux, pour eux". C’est parlant. La pédagogie de la JOC est très efficace.

    Elle accroche les jeunes qui gagnent en autonomie et les aide à donner du

    sens à leur vie. Les adultes sont là pour les accompagner au plan humain et

    spirituel, mais ils n’exercent pas de responsabilités dans le mouvement. La

    moyenne d’âge des responsables nationaux est de 25 ans. Celle des responsables locaux de 20-21 ans. Moi-même j’ai 28 ans et vais bientôt quitter

    mes fonctions pour laisser la place à un plus jeune. Au sein de la JOC, les

    jeunes reçoivent une véritable éducation à la citoyenneté, comme en témoigne lui-même le thème du rassemblement du 26 mai. Nous voulons montrer que

    les jeunes s’investissent dans la société et qu’ils découvrent qu’ils en

    sont capables.

    APIC: Qui sont ces adultes accompagnateurs?

    P.A.: Cela fait plus de 15 ans que la JOC a pris en compte la diminution du

    nombre de prêtres. Nous avons cherché des adultes laïcs capables d’accompagner les jeunes sans qu’ils se substituent pour autant aux prêtres et nous

    tenons beaucoup à ce que ceux-ci soient présents dans le mouvement pour apporter un témoignage spécifique de leur sacerdoce. Sur les 2’000 adultes

    accompagnateurs, plus de 60% aujourd’hui sont des laïcs, alors que dans les

    années 70 encore, c’étaient exclusivement des prêtres. En octobre dernier,

    1’700 de ces accompagnateurs se sont retrouvés à Villejuif. Nous avons été

    surpris de constater leur dynamisme.

    APIC: Le monde du travail a changé. La classe ouvrière, à en croire les

    sociologues, est en voie d’extinction. Par contre le chômage et la précarité ont un bel avenir devant eux. Comment la JOC répond à ces nouvceaux défis?.

    P. A.: Il est évident que les jeunes sans emploi, toujours plus nombreux

    doivent bénéficier de toute l’attention du mouvement. Nous avons créé 100

    "permanences précarité" sur tout le territoire français. Nous sommes là

    pour les aider à ne pas sombrer, pour écouter leurs détresses. Ce nouvel

    effort a suscité à l’intérieur de la JOC des discussions animées sur la

    mission du mouvement. De fait l’accompagnement des jeunes en difficulté

    suscite de nouvelles formes de solidarité. C’est autre chose que d’accompagner des jeunes en formation et de les inciter à rejoindre les organisations ouvrières.

    APIC: Pouvez-vous préciser les évolutions du mouvement sur ce dernier

    point?

    P. A.: Les premiers jocistes avaient pour slogan: "Nous referons chrétiens

    nos frères". Le mouvement était anti-communiste au départ. La première

    grande rupture est intervenue durant la deuxième guerre mondiale. Dans la

    Résistance ou dans le Service du travail obligatoire (ST0), les jocistes

    ont fraternisé avec des militants communistes. Dans la foulée, le mouvement

    a été conduit à se situer comme une organisation qui dialoguait avec les

    autres organisations du monde ouvrier, y compris communistes. Ce changement

    de perspective important a ouvert la période où les jocistes étaient invités à militer dans les syndicats ouvriers. Il faut rappeler que le premier

    secrétaire général de la CFDT, Eugène Descamp, était un ex-jociste. De fil

    en aiguille, la JOC a pris ses distances avec la CFTC pour se rapprocher de

    la CFDT, Confédération syndicale issue de la déconfessionnalisation de la

    CFTC. Mais aussi avec Force ouvrière (FO), et la CGT, liée depuis toujours

    avec le parti communiste. (apic/jcn/ba)

    Encadré

    Guy Drut, ministre de la Jeunesse et des Sports, Eric Raoult, ministre

    délégué à la ville et à l’intégration, Xavier Emmanuelli, secrétaire d’Etat

    à l’action humanitaire d’urgence, ont annoncé leur présence à la Courneuve.

    Egalement le cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris, et des délégués des partis socialiste, communiste, des Verts ainsi que des syndicats

    FO, CFTC, CFDT, et CGT.

    La JOC en chiffres:

    160 fédérations présentes sur le territoire français. 20’000 militants dont

    12’000 en apprentissage, 8’000 dans la vie professionnelle active. 2’000

    accompagnateurs adultes dont environ 1000 prêtres et religieuses. (apicjcn/ba)

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