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    apic/JMJ / Mgr Boccardo / interview

    APIC - interview

    Mgr Boccardo, organisateur des Journées mondiales de la jeunesse de Paris:

    "Les Journées mondiales, un moment de grâce" (070297)

    Bernard Litzler, pour l’Agence APIC

    Fribourg, 7février(APIC) Les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ)

    avancent à grands pas. A Paris, du 18 au 24 août prochains, des centaines

    de milliers de jeunes sont attendus autour du pape Jean-Paul II. Mgr Renato

    Boccardo, du Conseil pontifical pour les laics était de passage à Fribourg.

    Organisateur des JMJ parisiennes, il s’explique sur les précédentes JMJ de

    Denver (1993) et de Manille (1995).

    Mgr Renato Boccardo: C’est le pape Jean-Paul II qui a inventé les JMJ. Lors

    de l’année sainte 1983 et lors de l’année internationale de la jeunesse

    décrétée par l’ONU en 1985, il y a eu à Rome deux rassemblements de jeunes,

    très fréquentés, au dimanche des Rameaux, et qui semblaient répondre aux

    attentes. Le pape a donc souhaité organiser chaque année dans les diocèses,

    lors du dimanche des Rameaux, un grand rassemblement de jeunes et tous les

    deux ans un rassemblement international. Le thème annuel est développé dans

    un message spécial du pape qui sert de base pour la préparation et le

    déroulement. Et tous les deux ans, un pèlerinage autour du monde a lieu, en

    89 à Compostelle, en 91 à Czestochowa en Pologne, en 93 à Denver aux

    Etats-Unis et en 95 à Manille, aux Philippines.

    Quels sont les axes d’une rencontre internationale ?

    Mgr B.: Chaque journée mondiale de la jeunesse recèle trois composantes

    fondamentales : l’annonce du Christ, la dimension ecclésiale et la dimension missionnaire. Annoncer le Christ signifie que la démarche est avant

    tout spirituelle. Faire connaître l’Eglise dans sa dimension planétaire. Et

    troisième objectif, le pape demande aux jeunes de devenir des évangélisateurs des autres jeunes.

    Comment se sont déroulées les dernières JMJ de Denver et Manille ?

    Mgr B. : Saint-Jacques de Compostelle et Czestochowa sont des sanctuaires

    avec une tradition bien ancrée. A Denver, ville moderne, sans lieu de

    sanctuaire connu, ce fut la nouveauté car nous étions dans un contexte très

    différent. Il fallait aller au coeur de la ville moderne et rechercher le

    visage de Dieu dans le visage de l’homme, comme un pèlerinage vers l’homme.

    A Manille, ce fut un pèlerinage au milieu d’un peuple. L’accueil des

    Philippins fut très chaleureux : 5 millions de personnes étaient présentes

    le jour de la clôture. L’aspect de rassemblement autour de la foi

    chrétiennne a été essentiel.

    Quels sont les fruits des dernières JMJ ?

    Mgr B.: Les journées mondiales de la jeunesse sont d’abord un moment de

    grâce. La plupart des fruits nous sont inconnus, car la grâce travaille

    dans le secret des coeurs. Comme fruits visibles : un engagement renouvelé

    dans la vie chrétienne, des prises d’initiatives dans l’Eglise, un

    engagement au service de la catéchèse, des plus pauvres,...

    D’autres ont découvert ou confirmé un appel à la vie consacrée ou au

    mariage. Je connais pas mal de foyers qui se sont constitués lors de ces

    journées. Des jeunes que je rencontre dans les grands séminaires me disent

    avoir été touchés lors de telles rencontres et confirmés dans leur choix de

    vocation.

    Peut-on parler de dynamique des JMJ, d’un élan pour ces journées ?

    Mgr B.: Oui, sûrement, comme un moment de grâce. Le pape parle souvent du

    passage du Seigneur au milieu de son peuple. Ces jeunes font une expérience

    forte, une vraie expérience spirituelle. Elle doit être soutenue par une

    préparation sérieuse et suivie, qui est plus importante que les journées

    elles-mêmes. Ces sont les garanties des fruits d’une telle initiative. Lire

    le message du pape, travailler certains thèmes... Les jeunes se sentent envoyés avant de partir et accueillis au retour.

    Les JMJ ne sont pas l’unique réponse possible à l’évangélisation des

    jeunes. Dans 10 ans, il faudra peut-être faire autre chose. Mais ce qui est

    sûr c’est que les jeunes aiment se rassembler pour vivre une expérience

    fort". Il ne s’agit pas d’un rassemblement pour voir le pape, mais "autour"

    du pape et "avec" le pape qui indique le chemin qui mène à Jésus.

    Les JMJ ont-elles vraiment un impact planétaire ?

    Mgr B.: A Manille, il y avait 107 pays représentés et 39 mouvements internationaux. Evidemment ce sont les jeunes du continent d’accueil qui sont

    les plus nombreux. C’est pour cela qu’on change de continent à chaque rencontre internationale pour donner l’occasion aux jeunes de vivre au moins

    une fois ces journées. C’est un des soucis du pape. On lui a suggéré

    d’espacer un peu plus ces rencontres internationales, mais il a souhaité

    maintenir cette fréquence.

    Quel est le caractère oecuménique des Journées de la jeunesse?

    Mgr B. : L’invitation est adressées à tous les jeunes et pas seulement aux

    catholiques. Lors de précédentes JMJ, il y a eu des propositions de

    rencontres avec d’autres religions ou confessions. A Manille, par exemple,

    nous avons vécu une rencontre interreligieuse avec des musulmans, des

    animistes, des bouddhistes et des shintoïstes. Pour Paris, des contacts ont

    été pris avec les responsables des différentes confessions. On souhaite

    ouvrir les rangs, tout en sachant que c’est une initiative catholique.

    Quelle importance revêtent ces journées pour l’Eglise locale ?

    Mgr B.: L’évêque de Denver nous a dit que les JMJ ont été une occasion de

    renouvellement de la vie diocésaine. Les journées ne concernent pas que les

    jeunes. Toute l’Eglise se met en mouvement, localement. Ce fut une injection d’espérance, a-t-on entendu à Denver, car nous avons vu des jeunes

    sensibles à certaines valeurs. (apic/bl/mp)

    Encadré

    6èmes ou 12èmes JMJ ?

    La rencontre de Paris (18-24 août 1997) constitue le 6ème grand rendez-vous

    international, depuis leur lancement en 1987. Les années impaires sont donc

    réservées à ces journées à caractère international. Mais les JMJ de Paris

    seront les 12èmes du nom, car les rendez-vous annuels dans chaque diocèse,

    le dimanche des Rameaux, sont également pris en compte. 6ème rassemblement

    à l’échelle mondiale, donc, mais 12èmes JMJ. (apic/bl)

    Encadré

    Mgr Renato Boccardo

    Jeune "monsignore" de 44 ans, Mgr Renato Boccardo, Italien comme son nom

    l’indique, est depuis 1992 responsable de la section jeunes du Conseil

    pontifical pour les laïcs. A ce titre, il a participé à l’organisation des

    JMJ de Denver et Manille. Le Conseil pontifical pour les laïcs est présidé

    depuis deux mois par Mgr James Francis Stafford, ancien archevêque de

    Denver.

    Prêtre depuis 1977, Mgr Boccardo a étudié à la Grégorienne de Rome et

    possède deux doctorats : en théologie dogmatique et en droit canon. Il a

    travaillé à la nonciature en Bolivie, au Cameroun et en France. De 1989 à

    1992, il a participé aux voyages du pape comme attaché à la maison

    pontificale. (apic/pnd/bl)

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