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    apic/Jésus/Cinéma

    France: Cinq jeunes cinéastes français réinventent Jésus à l’écran

    Entre le personnage incroyable et la star oubliée (301294)

    Paris, 30décembre(APIC) Pour son numéro de transition entre 1994 et 1995,

    l’hebdomadaire chrétien "La Vie" consacre son dossier au "cinéma en fête".

    Au coeur de ces pages, cinq jeunes cinéastes français imaginent comment ils

    traiteraient le personnage de Jésus confronté aux problèmes d’aujourd’hui

    et quel acteur ils choisiraient pour ce rôle.

    Pour raconter Jésus à l’écran, Emilie Deleuze, 30 ans, réalisatrice du

    téléfilm "L’incruste", partirait plutôt de l’histoire actuelle d’un enfant

    de six ou sept ans. "Né dans une famille athée, il ne croirait pas en Dieu.

    A l’occasion d’un choc brutal, un accident de voiture, il appellerait Jésus

    de tout son coeur." Le film ferait donc coexister "une profonde incroyance

    et un profond besoin de Jésus". L’essentiel serait "l’invention, par l’enfant" d’un Jésus "rien que pour lui, en dehors de toute Eglise, de toute

    confession de foi".

    Dante Desarthe, 28 ans, auteur de "Fast", imagine plutôt Woody Allen

    dans le personnage de Jésus. Car elle voit dans l’un comme dans l’autre "un

    juif", qui a "tendance à endosser le rôle du martyr", "ne manque pas de

    spiritualité", "est blessé par tout ce qui blesse, prend sur lui toute la

    misère du monde". Elle choisirait donc un acteur qui, sachant "être drôle",

    saurait sortir le personnage de Jésus d’un rôle "un peu figé, un peu austère" après "deux millénaires de sacralisation".

    Charlotte Tillard, 22 ans, encore étudiante à l’Ecole Supérieure de la

    Réalisation Audiovisuelle, monterait volontiers au cinéma une "allégorie de

    l’intolérance", faisant réapparaître Jésus en pleine Amérique latine d’aujourd’hui, mais sans trop évoquer sa relation à Dieu. Elle éviterait les

    guérisons et tout ce qui pourrait donner l’impression d’"en rajouter". Elle

    ne filmerait pas non plus un "homme perdu dans ses pensées, ses prières".

    Elle voit plutôt Jésus en homme "bavard, sociable, proche des gens", avec

    "des envies et des rages". Pour l’incarner, elle pense à Daniel Day Lewis

    ("Le dernier des Mohicans"). Au total, "une histoire triste", mais "sans la

    résurrection à la fin". L’histoire de quelqu’un à qui "on ne pardonnerait

    pas sa différence, ni son refus d’y renoncer, quitte à en mourir".

    En combattant de l’amour

    Pour jouer Jésus, Olivier Chavarrot, 36 ans, coréalisateur de pubs et de

    clips, ne prendrait pas un acteur déjà célèbre. "Jésus ne doit pas être un

    homme, mais tous les hommes". Il lui faudrait "une beauté puissante, intense", mais surtout pas "le charme précieux et un peu mou" de certaines vedettes. "Il dégagerait à la fois une immense énergie et une extrême gentillesse. Jésus, c’est un fauve bon, un combattant de l’amour."

    "Il a perdu la grâce"

    A 30 ans, Gérard Krawczyk, auteur de "Je hais les acteurs", avait déjà

    écrit le scénario d’un film sur Jésus. Onze ans plus tard, il ne l’a toujours pas monté au cinéma: "Aucun producteur n’en a voulu". C’était pourtant "une fable drôle et touchante", se souvient-il: celle d’un Jésus qui,

    de retour parmi les hommes, se heurte à un mur d’incompréhension et d’indifférence. Contraint pour gagner sa vie de se faire prestidigitateur, "il

    comprend qu’au XXe siècle, seuls la gloire et l’argent, surtout l’argent,

    attirent l’attention". Il décide donc de devenir chanteur de rock... pour

    pouvoir, sous les feux de la rampe, "délivrer sa Parole". "Il s’en sort

    très bien, et le grand jour arrive. Mais là, sur scène, devant deux cent

    mille personnes, il ne trouve plus les mots. Il a perdu la grâce. A jouer

    le jeu d’une époque qui ignora la dimension spirituelle des êtres, il s’est

    brûlé les ailes. Puis, il vieillit, oublié des hommes et de son Père."

    Qui est-ce?

    "Vous le reconnaissez?", demandait un jour un enseignant à ses élèves,

    en leur tendant un magnifique poster. "Oui, c’est Jésus!", affirmèrent-ils

    avec une belle unanimité. - "Vous êtes sûr que vous ne confondez pas avec

    Robert Powell?", corrigea l’enseignant. La réplique incrédule de l’adulte

    en étonna plus d’un dans la classe. Se pourrait-il que le visage de l’acteur américain choisi par Franco Zeffirelli pour incarner, dans son film

    "Jésus de Nazareth" en 1976, un Christ "si beau et si pur", ne ressemble

    pas au Jésus des "Evangiles"? Commentaire de cet enseignant aujourd’hui:

    "Se demander qui est Jésus est une expérience que l’on n’a jamais fini de

    recommencer. Confronter les Jésus de nos imaginaires à la réalité des Evangiles donne toujours des résultats surprenants!" (apic/cip/pr)

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