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    apic/Jean Paul II / journée mondiale jeunesse

    Rome: Message du pape aux jeunes du monde

    pour la 12e Journée mondiale de la Jeunesse en août 1997 (220896)

    Rome, 22août(APIC) A un an de la 12e Journée mondiale de la Jeunesse, qui

    se tiendra à Paris à la mi-août 1997, le Vatican publie le message que Jean-Paul II adresse aux jeunes du monde en vue de cet événement. Le pape a

    choisi comme thème la première question posée à Jésus dans l’Evangile de

    Jean "Maître, où demeures-tu?" et la réponse de Jésus: "Venez et voyez" (Jn

    1,38-39).

    Aux jeunes qui vont se retrouver à Paris, "au coeur du continent européen", relève le message, et dans une métropole qui est "un carrefour de peuples, d’art et de culture", le pape adresse un souhait, dont il décrit par

    avance la réalisation: "Dans les rencontres de prière et de réflexion, dans

    le dialogue qui unit au-delà des différences de langue et de race, dans

    l’échange des idéaux, des problèmes et des espoirs, les jeunes feront l’expérience vivante de la réalité promise par Jésus "Là où deux ou trois sont

    réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux" (Mt 18,20)"

    Au quotidien

    Cette expérience n’attend pas le rassemblement de Paris pour se

    concrétiser: "Jeunes du monde entier, c’est sur les chemins de l’existence

    quotidienne que vous pouvez rencontrer le Seigneur!", assure le pape. Or,

    pareille rencontre reste surprenante: celui se met à la recherche du Christ

    se découvre aussi "cherché", car "c’est Jésus qui prend l’initiative".

    C’est de cette expérience, dit le pape, que l’Eglise témoigne depuis

    deux mille ans. A une époque "de grandes transformations", où l’on a vu

    s’effondrer de grandes idéologies, Jean-Paul II se dit convaincu que seule

    la Parole de Dieu "résiste à l’usure du temps". C’est pourquoi l’Eglise

    s’apprête à célébrer en l’an 2000 celui sur qui sa foi est fondée : "Jésus

    Christ, unique Sauveur du monde, hier, aujourd’hui et toujours".

    Le pape encourage dès lors les jeunes à "marcher à la suite de Jésus",

    qui leur adresse, comme aux premiers disciples, cette invitation: "Venez et

    voyez". "N’ayez pas peur, commente le pape, de vous approcher de lui, de

    passer le seuil de sa maison, de lui parler face à face, comme on s’entretient avec un ami (cf. Is 33,11). N’ayez pas peur de la "vie nouvelle"

    qu’il vous offre: Lui-même vous donne la possibilité de l’accueillir et de

    la mettre en pratique, avec l’aide de sa grâce et le don de son Esprit."

    Jean-Paul II ne cache pas que "Jésus est un ami exigeant": Qui perdra sa

    propre vie à cause de moi et de l’Evangile, la sauvera" (Mc 8,35). Mais

    "abattre les barrières de la superficialité et de la peur" est le prix

    d’une vie réussie.

    Concitoyens du Christ

    Chercher Jésus là où il demeure, c’est tôt ou tard être amené à le rencontrer "dans l’homme qui souffre", fût-ce dans l’endroit le plus perdu: en

    en Jésus de Nazareth, Dieu aussi s’est révélé "aux marges de l’histoire".

    "Tout homme, en réalité, est concitoyen du Christ", affirme le pape.

    Et le pape d’expliquer: "Jésus demeure à côté de vous, dans les frères

    avec lesquels vous partagez l’existence quotidienne. Son visage est celui

    des plus pauvres, des marginaux, souvent victimes d’un modèle de

    développement injuste, qui met le profit à la première place et fait de

    l’homme un moyen plutôt qu’un but. La maison de Jésus est partout où un

    homme souffre parce que ses droits ont été niés, ses espoirs trahis, ses

    angoisses ignorées. C’est là, parmi les hommes, que se trouve la maison du

    Christ, qui vous demande d’essuyer, en son nom, toute larme et de rappeler

    à celui qui se sent seul que personne n’est jamais seul si on met en Lui

    son espérance (cf. Mt 25,31-46)."

    Chercheurs en dialogue

    A l’approche du Jubilé de l’an 2000 et s’adressant à tous les jeunes

    sans distinction, le pape ne tient pas à focaliser le regard sur l’Eglise,

    car le peuple des "chercheurs de Dieu" la déborde, laisse-t-il entendre.

    "Jésus demeure parmi tous ceux qui l’invoquent sans l’avoir connu", mais

    aussi parmi ceux qui l’ont "perdu", ou "parmi tous ceux qui le cherchent

    avec un coeur sincère, bien qu’ils appartiennent à des situations culturelles et religieuses différentes". Dès lors, une règle d’or s’impose aux

    "disciples et amis de Jésus": "faites-vous les artisans de dialogue et de

    collaboration avec tous ceux qui croient en un Dieu qui gouverne l’univers

    avec un amour infini".

    C’est seulement dans ce contexte que le pape évoque la présence de Jésus

    "parmi les hommes et les femmes qui portent le beau nom de chrétiens".

    Ainsi, "tous peuvent le rencontrer dans les Ecritures, dans la prière et

    dans le service du prochain". Tous peuvent aussi faire l’expérience, dans

    les diverses communautés, de la richesse des dons reçus. Mais, à la veille

    du 3e millénaire, un devoir urgent s’impose aux chrétiens: "réparer le

    scandale de la division", au moyen "du dialogue, de la prière commune et du

    témoignage".

    Il ne s’agit pas de viser l’unité en gommant les divergences : ce serait

    "couvrir la blessure sans la guérir". Il s’agit d’oeuvrer, dans le souffle

    de l’Esprit, "en vue d’une réelle réconciliation".

    Un Père et des frères

    "Jésus est la Parole du Père, donnée aux hommes pour dévoiler le visage

    de Dieu et donner un sens et un but à leurs pas incertains", poursuit le

    pape en mettant en valeur quelques aspects de la vie ecclésiale. D’abord,

    observe-t-il, la Parole de Dieu "ne s’impose pas en forçant les portes des

    consciences; elle est une voix douce, un don gratuit qui, pour devenir une

    source de salut dans le concrete de la vie de chacun, demande une attitude

    de disponibilité et de responsabilité, un coeur pur et un esprit libre".

    Pour écouter et accueillir cette Parole dans cet esprit, Jean-Paul II

    recommande la lecture personnelle de la Bible. La Parole de Dieu peut mener

    aussi à découvrir la présence du Christ dans l’Eucharistie: le pape renvoie

    ici à l’expérience des disciples d’Emmaüs qui reconnaissent Jésus à la

    fraction du pain. La communion avec le Christ, Parole du Père et pain

    partagé, est une manifestation et un appel à "vivre la fraternité": "non

    comme utopie, mais comme possibilité réelle de construire, dans cette

    société, la civilisation de l’amour".

    Le rassemblement de Paris se tiendra à quelques semaines du centenaire

    de la mort de sainte Thérèse de Lisieux, que l’on commémorera le 30

    septembre 1977. Cette sainte, morte à 24 ans, était une "jeune", relève le

    pape, en rappelant que le message de Thérèse repose sur une expérience de

    l’amour reçu avec gratitude, et non sur une conquête par l’effort

    volontaire: "Dieu est amour. Toute personne est aimée de Dieu, et l’Amour

    attend d’être accueilli".

    Une expérience de grâce analogue fut dès le départ celle de Marie, la

    mère de Jésus. Son "oui" initial à la Parole de Dieu est devenu un modèle

    de réponse pour l’Eglise: Jean-Paul II le propose comme modèle aux jeunes

    en conclusion de son message. (apic/cip/bol/mp)

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