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    apic/Jean Paul II / Jérusalem

    Rome: Le pape se rendra à Jérusalem,

    mais dans une ville de paix, déclare Mgr Sodano (120297)

    Rome, 12février(APIC) Jean-Paul II ira à Jérusalem, mais à une condition,

    a indiqué mercredi le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat du Vatican,

    lors d’un entretien improvisé avec des journalistes à l’occasion de la cérémonie d’anniversaire des accords du Latran. "La question de la visite du

    pape à Jérusalem est liée à la situation dans cette ville, a expliqué le

    prélat.

    Le pape désire vivement s’y rendre, mais Jérusalem doit être une ville

    de paix et de collaboration y compris avec les chrétiens. Si un effort est

    réalisé à Jérusalem dans le sens d’un plus grand respect des chrétiens, il

    est possible que le pape puisse s’y rendre avant l’an 2000."

    Mardi, le cardinal Edward Cassidy, président du Conseil pontifical pour

    l’Unité des Chrétiens, en visite à Jérusalem, avait confirmé ce calendrier

    dans une interview à la radio nationale israélienne. "Il est certain que ce

    voyage ne se fera pas cette année, mais peut-être en 1988 et au plus tard

    en 1999", avait-il affirmé.

    Il y a dix jours, le 3 février, le pape a pour la première fois reçu au

    Vatican Benjamin Netanyahou, le nouveau premier ministre israélien. Outre

    le projet d’une visite du pape en Terre Sainte - et une invitation formelle

    du premier ministre israélien en ce sens -, l’essentiel de l’entretien a

    porté sur le statut des chrétiens à Jérusalem et en Terre Sainte.

    L’Eglise catholique et le gouvernement israélien sont en effet prêts à

    signer un accord juridique qui donnera un statut aux personnes, institutions et biens de l’Eglise en Israël. Sur un plan plus général, Benjamin

    Netanyahou s’est engagé à "promouvoir et à faire avancer l’esprit de tolérance, de tolérance religieuse, et de tolérance civile", y compris vis-àvis des chrétiens.

    Comme leur figure emblématique, Mgr Michel Sabbah, patriarche Latin de

    Jérusalem, les Palestiniens sont, pour une partie, des chrétiens. Les déclarations d’intention trouvent ici leur limite car ce terrain n’est plus

    seulement religieux mais politique.

    L’illustration la plus évidente de ce double débat est la question de la

    ville de Jérusalem. Le Vatican et les différentes confessions chrétiennes

    demandent qu’un statut "internationalement garanti" soit proclamé pour les

    quartiers de la "vieille ville" où sont concentrés la plupart des "lieux

    saints". Une requête que Benjamin Netanyahou, refuse catégoriquement car

    elle touche un point - la souveraineté israélienne sur Jérusalem - qu’il

    juge "non discutable". Le sujet a d’ailleurs été soigneusement écarté lors

    de la rencontre entre avec Jean-Paul II, tant il est cause de tension.

    Mais la discussion sur le statut de Jérusalem figure dans le programme

    du processus de paix signé à Madrid. Pas tant pour la requête des Eglises

    de voir protégés les lieux saints que pour le désir reconnu de l’autorité

    palestinienne de jouir d’une souveraineté sur une partie de Jérusalem,

    quand ce n’est pas sur toute la ville, pour les plus extrêmes. Ainsi, le

    Vatican, qui ne saurait épouser une cause aussi politique, se trouve plongé

    malgré lui dans sa défense des droits des palestiniens chrétiens, au coeur

    d’un débat très délicat. (apic/imed/mp)

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