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    apic/Jean Paul II / France

    France: Voyage de Jean Paul II du 19 au 22 septembre (170996)

    Une étape du coeur à Angers, avant la Bretagne, Tours et Reims

    Rome, 17septembre (APIC) Quand le jeune Karol Wojtyla travaillait dans les

    mines de Pologne, exploitées par le groupe belge Solvay, un petit livre ne

    quittait pas son bleu de travail. Jean-Paul II montre encore aujourd’hui

    aux intimes les pages usées du traité de dévotion mariale de saint Louis

    Marie Grignion de Montfort, mort en 1716

    C’est dire si la première étape de son cinquième voyage en France jeudi

    à Saint- Laurent-sur-Sèvres, en Vendée, sur la tombe de saint Louis Marie

    Grignion de Montfort, échappe à toute lecture politique. C’est une étape du

    coeur.

    Le premier programme du voyage ne la prévoyait d’ailleurs pas. Jean-Paul

    II a lui même insisté pour que l’on ajoute ces quelques instants, près de

    l’un de ses maîtres spirituels. Une filiation qui explique, beaucoup plus

    que la "polonitude" du pape, la radicalité de sa dévotion mariale.

    Vendredi, à Sainte-Anne-d’Auray, le pape rend visite à la région la plus

    catholique de France et à sa "reine", sainte Anne. Il faut être breton pour

    comprendre ce que le sanctuaire d’Auray représente dans la conscience religieuse et culturelle de cette région. De ce point de vue, il est un passage

    obligé. Et c’est toute la Bretagne qui se sent honorée par cette visite.

    "Ker-Anna" - littéralement: le village d’Anne, la mère de Marie, est aujourd’hui un petit centre de 1’500 habitants, dont l’origine remonte à

    l’évangélisation de la Bretagne, entre le Ve et le VIe siècle. A l’époque,

    une chapelle fut dédiée à la sainte. Mais c’est à l’issue des apparitions

    de sainte Anne à Yves Nicolazic, de 1623 à 1625, que le sanctuaire a repris

    la vie intense et le rayonnement qu’on lui connaît.

    Pour Jean Paul II l’étape de Tours est symboliquement la plus importante

    Vendredi, l’étape de Tours devait être en fait l’unique centre de ce 74e

    voyage de Jean-Paul II, auprès du tombeau de saint Martin, l’apôtre des

    Gaules, si la célébration de Reims et du baptême de Clovis n’avait pas été,

    elle aussi, ajoutée au programme d’un voyage qui ne devait concerner que

    l’Ouest. Il faut croire que l’invitation et la prière instante à Rome des

    organisateurs du XVe centenaire du baptême de Clovis ont porté leurs

    fruits.

    Martin, né en Pannonie (Hongrie actuelle) est ennemi de la Gaule quand,

    à 15 ans, il traverse les Alpes, enrôlé dans les troupes de l’Empereur romain Constant II. Il se fait baptiser à Amiens, rencontre le pauvre à qui

    il donne son manteau, puis quitte l’armée. Il a alors 20 ans. Il revient en

    Gaule, à Poitiers, fonde le monastère de Ligugé, devient évêque de Tours et

    entreprend une oeuvre d’évangélisation sans précédent. Un rôle au moins

    aussi important du point de vue de la christianisation que celui de Clovis,

    un siècle plus tard, souligne à qui veut bien l’entendre l’archevêque de

    Tours, Mgr Honoré. Les feux de l’actualité, focalisés sur Reims, feront

    pourtant passer Tours au deuxième rang, alors que cette étape est sans doute la première dans l’esprit de Jean-Paul II.

    Reims: anniversaire du baptême de Clovis

    Reims, la brillante, occupera donc le quatrième et dernier jour de ce

    voyage. On y célébrera, le dimanche 22 septembre, le XVe centenaire du baptême de Clovis, roi des francs, et le pape se recueillera devant les reliques de l’évêque saint Rémi, qui baptisa le célèbre monarque.

    Ce fait est à l’origine d’une polémique d’une ampleur rare et encore

    jamais vue lors des précédentes visites du pape. Conscient des risques

    occasionnées par une telle manifestation, le Vatican, dés le début, à tout

    fait pour insister sur la dimension religieuse de l’événement, excluant

    l’expression "baptême de la France" que suggéraient certains.

    Le contexte polémique n’impressionne cependant guère les services du Vatican, habitués à ce genre de réactions dans les nombreux pays visités par

    le pape. A Rome on tient à faire la part des choses entre la réalité et

    certaines déformations médiatiques. Venant de la "Fille ainée de l’Eglise",

    la polémique soulevée par ceux qui souhaitent la "malvenue" au pape est

    plutôt vue comme le symptôme d’un certain malaise français, qui se cristallise dans la réaction. Mieux encore que pour beaucoup de pays, le pape est

    très bien informé de la situation. (apic/imed/mp)

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