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    apic/Jean Fischer/ Bosnie

    Bosnie: Le chemin qui mène à la démocratie est encore long (230896)

    Le secrétaire général de la KEK rentre de Bosnie

    Genève, 23août(APIC) Les élections qui auront lieu en Bosnie-Herzégovine

    le 14 septembre pourraient renforcer l’influence qu’exercent déjà les ultranationalistes dans la région, estime Jean Fischer, secrétaire général de

    la Conférence des Eglises européennes (KEK),.

    De retour d’une visite de neuf jours en Bosnie (10-19 août), Jean Fischer craint que le processus électoral ne provoque l’effet contraire de

    celui escompté par l’Accord de Dayton, c’est-à-dire assurer le retour des

    habitants dans leurs foyers au sein des communautés pluri-ethniques de Bosnie. "Les communautés restent séparées. Dans une ville comme Banja Luka, où

    résident encore des membres des trois communautés orthodoxes serbes, catholiques et musulmans, les minorités ont peu de contact avec la majorité parce que les habitants vivent dans la crainte."

    "Un des objectifs de l’Accord de Dayton était le retour des réfugiés. On

    a affirmé que les gens qui n’avaient pas de sang sur les mains étaient invités à retourner chez eux. Mais ils ont toujours peur. L’ampleur des destructions est un autre raison de leur réticence, explique le pasteur Fischer: "Nombreux sont ceux qui n’ont plus de maison."

    Pour le secrétaire de la KEK, des élections dans ce climat renforceront

    les partis ultranationalistes qui ont une approche totalitaire, et refusent

    toute opposition. "On peut donc se demander si le processus électoral est

    utile ou non. Les ultranationalistes sont déjà au pouvoir. S’ils sont élus,

    ils auront une légitimité supplémentaire qui facilitera l’emprise qu’ils

    ont déjà sur les médias, sur le gouvernement local. Le chemin qui mène à la

    démocratie est encore long." "Les gens seront amenés à voter selon les lignes ethniques, et sans véritable choix."

    Pour Jean Fischer, il ne faut pas oublier combien la Bosnie a été ravagée. Certains villages et villes ont été attaqués deux fois par des combattants de différents groupes ethniques. Souvent Bosniaques, Serbes ou Croates, ont détruit eux-mêmes leurs maisons pour ne pas les laisser aux mains

    des envahisseurs.

    Après quatre ans d’une guerre aussi terrible, a souligné le secrétaire

    général de la KEK. Vous ne pouvez attendre des gens qu’ils retournent à une

    vie commune. Il y a trop de crainte, trop de haine, entretenues par la campagne des formations politiques ultranationalistes."

    Jean Fischer s’inquiète aussi de la corruption parmi les responsables.

    "Le maire d’une ville, qui a servi dans l’armée, privilégie par exemple

    certains habitants en leur donnant des postes dans l’administration".

    (apic/eni/mp)

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