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    apic/Italie((Pie XII/Ossicini

    Italie: Le sénateur Ossicini prend la défense de Pie XII

    La polémique encore vive dans la presse italienne (270696)

    Rome, 27juin(APIC) La phrase non prononcée par Jean-Paul II le 23 juin à

    Berlin sur l’attitude de Pie XII face au nazisme continue de susciter des

    réactions dans la presse italienne. C’est cette fois le sénateur Adriano

    Ossicini, peut suspect de sympathie fasciste, puisqu’il fonda en 1938, à

    l’âge de 17 ans, le mouvement "Sinistra Cristiana", qui prend la défense de

    Pie XII.

    Adriano Ossicini, qui fut arrêté en 1943 pour activités anti-fascistes,

    était un ami personnel de Pie XII, qui intervint d’ailleurs auprès de Mussolini pour exiger sa libération, rappelle-t-il dans les colonnes de l’"Avvenire" de jeudi.

    "C’est un fait que si certains milieux catholiques cherchaient à passer

    des accords avec le régime, Pie XII était beaucoup plus ouvertement intransigeant et faisait écrire en ce sens "L’Osservatore Romano". Et ce ne fut

    par hasard que Guido Gonella, qui fut mon professeur et qui signait les articles polémiques "Acta Diurna" dans le quotidien du Vatican, fut ensuite

    arrêté", affirme le sénateur.

    Adriano Ossicini se souvient de l’audience que lui accorda Pie XII après

    être intervenu pour obtenir sa libération: "Après l’avoir remercié, je me

    suis aussitôt excusé parce que l’un des motifs de mon arrestation était un

    document que j’avais sur moi et qui décrivait avec quelle force Pie XII

    s’opposait aux lois racistes. Ce texte pouvait mettre en difficulté le

    Saint-Siège vis-à-vis du régime. Pie XII me répondit: "C’est par amitié que

    j’ai plaidé pour votre libération. Si j’avais su cela, je l’aurais fait par

    devoir." Cet épisode, conclut Ossicini, me paraît très significatif de

    l’attitude de Pie XII, et je pourrais en rapporter beaucoup d’autres".

    Le sénateur cite un autre exemple, qui remonte au tout début de la guerre, quand le pape décida de renouer des liens avec la monarchie italienne.

    Une réunion fut organisée au Quirinal, le palais du Roi italien, où Pie XII

    se rendit, en demandant expressément que Mussolini en soit tenu à l’écart.

    "Je ne veux pas que soit présent à cette rencontre quelqu’un qui a signé

    les lois racistes", affirma Pie XII.

    Un peu plus tôt, en 1938, lors d’un congrès des étudiants catholiques

    italiens à Gênes, Ossicini se battit publiquement contre une tendance qui

    entendait absoudre les lois racistes. De retour à Rome, il reçut, dit-il,

    les encouragements du pape.

    La grande rafle du ghetto de Rome

    Pie XII, explique enfin Ossicini, était diplomate de formation: "Il

    cherchait à éviter les ruptures dramatiques qui auraient des conséquences

    sur les catholiques allemands. Quant à la tendance conciliatrice vis-à-vis

    du fascisme, elle avait des limites bien précises." Le sénateur cite pour

    preuve l’affaire Giberto Martire, membre du Parti Populaire (ancêtre de la

    Démocratie Chrétienne), qui avait fondé un groupe de catholiques fascistes

    avec son journal, "Rassegna Romana", financé par le Vatican. Mais, raconte

    Ossicini, "Martire, un homme du pape, prit sur la question des lois racistes une position très dure, qui lui valut la fermeture de son journal, et

    la prison".

    Le sénateur Ossicini, qui était à l’époque étudiant en médecine, confirme que Pie XII intervient concrètement à Rome pour protéger les juifs du

    ghetto. Ossicini était à l’époque à l’hôpital catholique, sur l’île du Tibre, proche du ghetto. "Nous avons commencé par admettre des juifs dans un

    service spécial sous le prétexte SK, ’syndrome Kesselring’, c’est-à-dire

    ’non maladé mais ’recherché’. Le pape savait ce que nous faisions et il

    nous approuvait. La nuit de la grande rafle des juifs romains, le cardinal

    Tardini, alors Secrétaire d’Etat du Vatican, nous demanda, au nom du pape,

    d’élargir au maximum l’admission des juifs dans l’hôpital. J’ai conservé

    une liste des juifs que nous avons sauvés. D’ailleurs l’actuel Grand Rabbin

    de Rome, Elio Toaff, qui est un homme de foi et qui sait beaucoup de choses, n’a jamais eu une seconde l’idée d’accuser Pie XII". (apic/imed/pr)

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