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    apic/Italie/La Civilta Cattholica/L’Eglise et la théorie de l’évolution/

    Rome: Le ralliement de l’Eglise à la théorie (190197)

    de l’évolution n’est pas pour autant une adhésion au darwinisme

    Rome, 19janvier (APIC) La théorie de l’évolution est désormais "plus

    qu’une hypothèse": ce message adressé en octobre dernier par Jean-Paul II à

    l’Académie Pontificale des Sciences, représente un "point de non retour" et

    "lève le doute" sur la position catholique, mais il ne constitue pas pour

    autant une adhésion au darwinisme, écrit dans la revue des jésuites italiens "La Civiltà Cattolica" de janvier le P. Saturnino Muratore.

    C’est parce que le "silence" du Catéchisme de l’Eglise catholique pouvait prêter à des interprétations antagonistes que le pape a expliqué sa

    position à l’occasion du 60e anniversaire de la refondation de l’Académie

    et d’une session consacrée à la question de l’origine de la vie dans l’univers, qui touche à la fois la cosmologie, la biologie et l’anthropologie.

    Jean Paul II reconnaissait la légitimité du recours à la théorie de l’évolutionnisme, qui est plus que l’"hypothèse scientifique sérieuse" dont parlait Pie XII dans son encyclique "Humani Generis" (1950). Les résultats des

    recherches dans différents domaines sont autant de confirmations de sa justesse, notait Jean-Paul II, qui concluait: "La convergence, ni recherchée

    ni provoquée, des résultats des travaux menés indépendamment les uns des

    autres, est en elle-même un argument significatif en faveur de cette théorie."

    Dans l’article qu’il signe dans "La Civiltà Cattolica", la revue des jésuites italiens, le P. Muratore souligne combien le pape respecte l’autonomie et la "spécificité" des différents domaines de savoir, scientifique,

    philosophique et théologique. Il n’en affirme pas moins la légitimité de

    ces dernières lorsqu’elles parlent "de l’homme et de sa relation au cosmos"

    dans une "vision d’ensemble": il ne faudrait pas en effet, écrit l’auteur,

    réduire toute la réalité avec l’univers connu ou connaissable par la science empirique.

    Eviter l’erreur de l’"immanence"

    C’est pour éviter cette erreur de l’"immanence" que le pape préfère

    parler "des" théories de l’évolution, le pluriel dérivant, "d’une part de

    la diversité des explications qu’on a proposées pour le mécanisme de

    l’évolution, d’autre part des différentes philosophies auxquelles elles se

    réfèrent". Le pape précise: "Il existe des approches matérialistes et

    réductrices et des approches spiritualistes. Le jugement relève de la

    compétence de la philosophie, et au-delà encore, de la théologie."

    Une mise au point importante, commente le P. Muratore: l’expérience éthique et religieuse interdit que l’on s’enferme dans un point de vue immanentiste, arbitraire, réducteur, où l’homme ne serait qu’une espèce parmi

    d’autres, sans ouverture au "sens" ou à la "transcendance".

    Pour le P. Muratore, il n’y a donc pas de ralliement possible au darwinisme du siècle dernier, d’ailleurs sans cesse révisé, ni même à ses formes

    "vulgarisées", voire "banalisées". Ce qu’accrédite le message pontifical,

    dit-il, c’est plutôt un modèle théorique: "un paradigme de fond des savoirs

    scientifiques, une méta-théorie, si l’on veut, qui parle d’un processus

    d’évolution généralisé". La "théorie de l’évolution biologique" ne représente qu’un "segment" de ce modèle.

    Il convient donc de distinguer, insiste le jésuite italien, les différents "niveaux" de la complexe théorie de l’évolution "cosmico-biologique".

    De distinguer de même le fait scientifique de ses interprétations globalisantes, dont certaines, faisant appel à des présupposés qui ne sont plus

    d’ordre scientifique, conduisent à des conclusions parfois incompatibles

    avec la doctrine catholique.

    Jean-Paul II, écrit le P. Muratore, poursuit ainsi son "dialogue critique" avec la culture contemporaine sans être prisonnier d’interprétations

    de l’Ecriture ou d’une culture catholique "dépassées". L’enjeu, ajoute-til, c’est l’homme. "Le Magistère de l’Eglise est directement intéressé par

    la question de l’évolution parce qu’elle concerne la conception de l’homme,

    dont la Révélation nous dit qu’il a été créé à l’image et à la ressemblance

    de Dieu", explique Jean-Paul II. L’homme, conclut "La Civiltà Cattolica",

    ne saurait donc être réduit à un moyen ou à un simple instrument, ni subordonné à l’espèce ou à la société. (apic/imed/mp)

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