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    apic/Italie/Berlusconi

    Italie: Berlusconi courtise les catholiques (100496)

    "Message pascal" du pape de l’audio-visuel

    Rome, 10avril(APIC) Silvio Berlusconi s’est fait dimanche plus papiste

    que le pape pour tenter de séduire les catholiques italiens en vue de élections du 21 avril. Prenant à son compte l’enseignement social de l’Eglise,

    le chef de "Forza Italia" a promis de suivre les onze recommandations des

    évêques italiens. Tollé de l’opposition et des catholiques qui dénoncent ce

    "marketing de la foi".

    A peine le pape Jean Paul II avait-il conclu sa bénédiction "urbi et orbi" que les téléspectateurs italiens ont pu suivre un autre "message pascal". Celui de Silvio Berlusconi. Le pape de l’audio-visuel a lancé un vibrant appel aux catholiques italiens à soutenir son mouvement lors des

    élections législatives du 21 avril prochain.

    Les catholiques doivent voter pour "Forza Italia" car ce parti défend la

    famille; protège la vie; croit en la dignité de l’homme, au bien commun, à

    la fraternité, à la solidarité et à l’altruisme, a déclaré Silvio Berlusconi sur les ondes de sa télévision privée "Retequattro". L’intervention de

    Berlusconi, émaillée d’expressions ecclésiastiques, était presque un compendium de l’enseignement social de l’Eglise. Elle visait directement les

    catholiques pratiquants autrefois fidèles de la défunte Démocratie chrétienne (DC). Un public de centre-droit aujourd’hui très courtisé en Italie.

    Les évêques, échaudés par l’effondrement de la Démocratie chrétienne, se

    sont abstenus de consignes électorales directes mais ont présenté la

    semaine dernière à Rome une liste de onze critères de choix. Pratiquement

    aucun de ces "onze commandements des évêques" n’a été omis par Silvio

    Berlusconi.

    L’attitude du magnat de la presse a fortement déplu à ses adversaires

    politique en particulier à Romano Prodi, candidat du centre-gauche

    catholique pratiquant, qui dénonce "ce marketing de la foi." Même les

    héritiers de la Démocratie chrétienne, alliés de Berlusconi dans le "Pôle

    de la liberté", y sont allés de leurs critiques. Pierfernandino Casini,

    chef du CCD estime que les catholiques sont plus intelligents que ne le

    pensent les politiciens et savent déjà pour qui voter. "Il serait mieux que

    les catholiques votent pour le CCD ou le CDU", a déclaré pour sa part Rocco

    Buttiglione leader du CDU.

    Seuls 40% des catholiques pratiquants ont actuellement l’intention de

    voter pour le "Pôle de la liberté", a reconnu Berlusconi dans la seconde

    partie de son intervention. Les autres pencheraient plutôt pour le Parti

    populaire italien (PPI) de centre-gauche de Gerardo Bianco, issu lui aussi

    de la défunte DC. Mais comme ce parti est lié dans une alliance de gauche,

    lui accorder son vote est finalement soutenir les ex-communistes, dénonce

    Berlusconi.

    La réponse de Gerardo Bianco n’a pas tardé: "Berlusconi est peut-être un

    croyant mais il ne saurait représenter la pensée des évêques, et encore

    moins celle du pape". Berlusconi n’a-t-il pas été jusqu’il y a peu l’allié

    de Marco Panella partisan du divorce et de l’avortement? En Italie, politique et religion forment toujours un mélange détonnant. (apic/cic/mp)

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