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    apic/Irak/Mgr Bidawid/Hussein/Garantie pour les chrétiens/menace islamique

    Irak:Le patriarche Bidawid dénonce l’embargo qui affame le pays(151196)

    Le massacre des innocents: 4’500 enfants meurent chaque mois

    Paris, 15novembre (APIC) L’embargo imposé à l’Irak est un "véritable génocide", s’insurge Sa Béatitude Raphaël Ier Bidawid, patriarche de Babylone

    des Chaldéens à Bagdad. Dans une interview accordée au Bulletin d’Information Missionnaire (BIM) à Paris, il déplore que 4.500 enfants meurent chaque mois dans le pays par manque de nourriture ou de médicaments, sans

    qu’un tel massacre des innocents n’ébranle beaucoup la conscience mondiale.

    Mgr Bidawid, qui reconnaît que "la main de fer du président Saddam Hussein garantit pour l’heure la tranquillité des chrétiens" en Irak, demande

    aux catholiques irakiens réfugiés en France de cesser tout engagement politique pour aider leurs frères restés en Irak:"Ils voudraient participer à

    notre anéantissement qu’ils ne s’y prendraient pas autrement".

    Interrogé, à propos de l’embargo, sur la situation du peuple irakien "et

    des chrétiens en particulier", le patriarche réagit: "Je n’aime pas qu’on

    parle uniquement des chrétiens. L’embargo touche le peuple irakien dans son

    ensemble. Durant la Guerre du Golfe, les bombes lâchées par l’Irak n’ont

    pas fait de distinction..."

    Les Etats-Unis "font bloc" pour empêcher tout allégement de l’embargo

    L’embargo imposé par les Nations Unies est un "véritable génocide",

    poursuit Mgr Bidawid: "4’500 enfants meurent chaque mois dans le pays par

    manque de nourriture ou de médicaments. La plupart des Irakiens n’ont même

    pas le strict minimum pour survivre. Nous manquons de tous les produits de

    première nécessité. Toute la population est touchée: hommes, femmes, enfants, chrétiens comme musulmans, jeunes et vieux."

    Le patriarche note que "beaucoup de gouvernements du monde entier", dont

    celui de la France, soutiennent la levée d’au moins une partie de l’embargo, mais que "les Etats-Unis font bloc" pour empêcher tout allégement. Il

    s’insurge: "Est-ce cela le nouvel ordre mondial ? Où est la conscience mondiale ? Ces sanctions qui touchent d’abord la population sont immorales."

    Un berceau du christianisme

    La communauté chrétienne irakienne a vu ces dernières années une forte

    émigration de ses membres en direction de l’Europe, de l’Australie et des

    Etats-Unis. C’est encore le cas aujourd’hui, mais ils ne sont pas les plus

    nombreux, affirme Mgr Bidawid, qui note par exemple que sur les 120.000

    Irakiens réfugiés à Amman (Jordanie), 90 % sont des musulmans.

    "Mais il est vrai qu’un chrétien irakien qui quitte le pays, c’est une

    partie de l’héritage de ce pays qui s’en va, ajoute le patriarche. Beaucoup

    de chrétiens, cependant, ont fait le choix de rester malgré les difficultés. Et je les encourage vivement dans ce sens. Pour nous qui demeurons, il

    s’agit avant tout de préserver l’héritage de cette terre. Nous chrétiens,

    nous sommes les autochtones de ce pays. Les musulmans sont arrivés bien

    après. Nous ne sommes pas disposés à abandonner cette terre, qui est un

    berceau du christianisme, faut-il le rappeler."

    Le régime actuel est une assurance pour la survie des chrétiens

    Mgr Bidawid ne craint pas pour l’heure une islamisation de l’Irak, même

    s’il a conscience que "certaines puissances voisines s’emploient vigoureusement à cette tâche". "Les chrétiens sont très insérés dans le pays, ditil. Les autorités nous respectent".

    Et quand viendra l’heure de son départ ? "Là, c’est la grande incertitude, répond le patriarche. Si le prochain régime est issu du précédent, je

    pense que notre communauté chrétienne aura sa place dans ce pays. Par contre, si le pays s’engage sur une voie islamique, il y a tout à craindre."

    Des réfugiés trop zélés

    Qu’attend le patriarche de Bagdad des nombreux catholiques orientaux réfugiés en France, plus spécialement ceux originaires d’Irak ? Son souhait

    est qu’ils soient tous le ferment de l’Eglise de France. Il les met donc en

    garde contre la tentation de repli. Il a insisté, lors des rencontres qu’il

    a pu avoir avec eux, pour qu’ils s’intègrent au mieux dans la société française, et "ensuite" s’efforcent d’apporter au peuple français les valeurs

    de leur culture.

    "Au nom de leur foi, précise Mgr Bidawid, je leur demande de respecter

    l’autorité, de respecter l’autre dans ses différences, de privilégier le

    dialogue et de ne pas vivre en autarcie. L’intégration au plan social comme

    au plan religieux passe par une ouverture aux autres. D’autant que je suis

    persuadé qu’ils peuvent contribuer à la renaissance de la foi chrétienne en

    France. La France a besoin d’être réévangélisée. Les chrétiens orientaux de

    France ont à prendre leur part dans la mission d’annonce de l’Evangile dans

    la société française.

    Le patriarche de Bagdad va plus loin: "Par contre, j’ai demandé à mes

    compatriotes de cesser tout engagement politique en vue de soutenir leurs

    frères chrétiens restés en Irak. Ils voudraient participer à notre anéantissement qu’ils ne s’y prendraient pas autrement. La mission des chrétiens

    ici, fussent-ils originaires du Proche et du Moyen Orient, est d’abord de

    participer à la mission de l’évangélisation ici en France. Il y a beaucoup

    de travail à faire. Quant à nous qui restons au pays, nous savons ce que

    nous avons à faire". (apic/bim/cip/be)

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