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    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    apic/Interview/Schotte

    Apic Interview

    Mgr Jan Schotte: nouveau cardinal belge (041194)

    "Encore beaucoup à faire pour réaliser la collégialité dans l’Eglise"

    Rome, 4novembre(APIC) Mgr Jan Schotte, secrétaire général du Synode des

    évêques, sera créé cardinal le 26 novembre. Membre éminent de la curie

    romaine, Mgr Schotte est secrétaire général du Synode des évêques, assumant

    toute la coordination de cet organe dont l’importance n’a cessé de se

    renforcer.

    Mgr Jan Schotte, que certains promettent déjà à la charge de Secrétaire

    d’Etat, est conscient de cette confiance et de ce qu’elle implique. Dans

    une interview accordée à l’agence CIP, il dit pourtant sa surprise quand, à

    la veille de la clôture du Synode sur la vie consacrée, le cardinal Sodano,

    Secrétaire d’Etat, l’a pris par le bras pour un court aparté et lui a

    annoncé la volonté du pape de faire de lui un cardinal.

    Pourquoi le pape vous a-t-il choisi?

    Mgr Schotte: Il me semble que Jean-Paul II, qui désire que je reste au

    Secrétariat du Synode, a voulu souligner l’importance des Synodes. Ceux-ci

    sont maintenant entrés dans la vie de l’Eglise et marquent sa collégialité,

    dans la logique du concile Vatican II.

    Certains jugent peut satisfaisante cette forme de collégialité. Le Synode,

    disent-ils, restent la seule affaire des évêques...

    JS: Il faut respecter la nature du Synode, qui est une assemblée d’évêques

    et non une assemblée du peuple de Dieu.

    Aujourd’hui, la majorité des pères synodaux sont élus par les Eglises de

    leur pays, ce qui n’était pas le cas auparavant. La procédure veut que des

    évêques, élus par le Synode, collaborent avec le pape pour la rédaction de

    l’exhortation apostolique post-synodale. A chaque Synode, nous tentons d’en

    améliorer le fonctionnement collégial.

    Il faut du temps, au moins dix ans, pour que tous les fruits mûrissent.

    C’est alors que la pensée d’un Synode transparaît dans la vie de l’Eglise,

    à l’occasion, par exemple, de telle ou telle lettre pastorale d’un évêque

    local. J’ajouterais que chaque Synode est très différent, selon le thème,

    selon ses participants.

    Votre responsabilité vous donne un accès direct à la vie de l’Eglise

    universelle. Comment voyez-vous sa situation?

    JS: Nous sommes encore dans la phase d’application du concile Vatican II.

    Il y a eu un travail admirable d’applications sectorielles, mais le travail

    d’ensemble a manqué. C’est ce que nous sommes en train de réaliser.

    Aujourd’hui, la majorité des évêques n’ont pas assisté au Concile. Ils ont

    lu et ont étudié ses documents. Il leur est donc plus facile d’en voir

    l’ensemble en une vision de synthèse. En revanche, leurs aînés qui ont

    assisté au Concile ont une vision plus marquée par le souvenir de tel ou

    tel débat, par telle ou telle impression.

    Quels sont les points chauds dans l’Eglise aujourd’hui?

    JS: A l’échelle du monde, je constate que l’écart entre les contenus de la

    foi et sa mise en oeuvre pratique pose de gros problèmes aux pasteurs de

    l’Eglise. Nous devons aussi progresser pour mettre en oeuvre la

    collégialité. Ceci dit, appliquer le modèle de décision de la société

    civile ne convient pas à l’Eglise, comme ne lui convient pas non plus le

    modèle de l’entreprise et du management. La vraie collégialité n’a pas

    encore été réalisée dans l’Eglise d’aujourd’hui, nous avons encore du pain

    sur la planche.

    Comment voyez-vous la physionomie des trente nouveaux cardinaux?

    JS: Le pape a voulu marquer l’universalité de l’Eglise. Il a voulu faire

    entrer dans le collège cardinalice toutes les expériences d’Eglise de ces

    derniers temps, en particulier les expériences de souffrances. L’archevêque

    de Hanoi, celui de La Havane à Cuba, celui de Prague, celui de Sarajevo, ou

    encore ce Père albanais de 92 ans ont vécu à fond la croix, le sacrifice,

    la persécution. Lors des Synodes, le témoignage de ceux qui ont souffert

    pour leur foi, placés devant des situations difficiles, avec un choix

    radical et net, a toujours été une expérience extraordinaire.

    Beaucoup s’interrogent déjà sur la succession de ce pape, dont l’état de

    santé paraît précaire...

    JS: J’entends ces inquiétudes à chaque convocation d’un consistoire, un peu

    comme si le pape préparait sa succession en composant le collège électoral

    des cardinaux. Pour ma part, je n’attache pas d’importance à ces

    considérations. Je viens de passer trente jours aux côtés du pape - et

    presque autant en avril - et je peux témoigner qu’il est capable de guider

    l’Eglise de longues années encore. Il n’y a pas d’indications qui

    laisseraient penser à un moment assez proche, où il disparaîtrait ou

    donnerait sa démission. Non, pas du tout.

    Le pape a son âge. Et plus il avance en âge, plus il devra se ménager.

    Il ne pourra plus faire ce qu’il faisait quand il avait 58 ans. Mais il est

    encore très, très bien. Physiquement, il a un problème de mobilité, mais ce

    n’est pas un handicap pour sa fonction de pape. (apic/cip/eb)

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