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    apic/Interview Mgr Vogel

    APIC-Interview

    Mgr Jean-Georges Vogel, évêque de Bâle depuis un an (120495)

    La confiance naît de la rencontre

    Gabriele Brodrecht, Agence APIC

    Soleure, 12avril(APIC) Il y aura un an le lundi de Pâques que Mgr JeanGeorges Vogel a été ordonné évêque de Bâle. Sans vouloir tirer de bilan,

    l’évêque du plus grand diocèse de Suisse a accepté de s’exprimer sur les

    joies et les préoccupations de sa charge. Dans une interview à l’APIC, il

    souligne l’importance de ses visites pastorales et précise sa vision de la

    situation de l’Eglise. La place et le rôle des laïcs dans l’Eglise sont encore appelés à se developper, relève-t-il.

    APIC: Il y a un an, le lundi de Pâques, vous avez été ordonné évêque de Bâle. Qu’est-ce qui vous a le plus marqué depuis votre entrée en charge?

    Mgr Jean-Georges Vogel: Les visites pastorales m’ont fait une forte impression, en particulier en automne dernier, dans le canton de Bâle-Ville et ce

    printemps à Zoug et durant une semaine dans la vallée de Laufon. Lors de

    ces visites, j’ai pu avoir un aperçu de la vie ecclésiale dans les régions

    du diocèse et j’ai été très frappé par l’engagement des agents pastoraux et

    des laïcs. Voir tant de personnes participer avec imagination à la vie de

    l’Eglise est pour moi un encouragement.

    Dans ce sens, un des points culminants fut la Fête de la famille dans le

    Jura, où quelque 7’000 personnes se sont rassemblées un dimanche pour marquer la clôture d’un vaste projet sur la famille. J’ai été très impressionné de voir tant de gens réunis pour fêter à partir de leur foi.

    APIC: Il y a aussi eu des soucis?

    JGV: Parmi les soucis, la situation du personnel m’a beaucoup préoccupé

    cette année. Il y a toujours moins de prêtres mais davantage de diacres et

    de laïcs, hommes et femmes, qui ont une formation théologique et sont envoyés au service de la pastorale. Cette collaboration n’est pas toujours

    facile. Des tensions apparaissent dans ce domaine. Il n’est pas facile non

    plus pour les paroisses d’admettre une nouvelle situation. La possibilité

    pour les paroisses de vivre les célébrations sacramentelles de l’Eglise

    également dans une situation du personnel différente est une de mes préoccupations.

    APIC: Il ne s’agit pas seulement là d’une question d’organisation, mais

    aussi de théologie du ministère. Voyez-vous des voies vers une solution?

    JGV: Je ne vois pas encore de solution directe. Le fait d’avoir commencé à

    réfléchir plus intensément à ces questions l’an dernier est sûrement

    aujourd’hui très précieux. La Conférence des doyens s’est penchée trois

    fois sur ce sujet et cet automne nous examinerons encore une fois comment

    mieux réagir face à cette situation. Le Conseil presbytéral a également

    parlé de la collaboration entre prêtres et laïcs ainsi que la Commission

    liturgique bâloise. Même si je ne vois pas de solution toute faite, je

    remarque qu’un grand nombre de gens commencent à ce pencher sur cette

    question sur le plan théologique. En Allemagne, les mêmes questions

    apparaissent et on réfléchit à cela sérieusement au-delà des frontières.

    APIC: Et l’engagement des femmes? Dans le diocèse de Bâle par exemple, certaines sont responsables de paroisse? Qu’en est-il en outre du diaconat féminin?

    JGV: L’engagement des femmes en pastorale est possible exactement aux mêmes

    conditions que pour un homme qui ne peut pas être ordonné. La question du

    diaconat féminin apparaît à nouveau ici et là. Je me réjouirais de voir

    cette question sérieusement étudiée.

    APIC: Quels sont les objectifs principaux que vous avez fixés pour le proche avenir?

    JGV: Un grand projet que nous avons appelé pour le moment "L’eglise dans le

    diocèse de Bâle en route vers l’avenir" arrive actuellement gentiment en

    phase de conception. Il s’agit dans les prochaines années de faire l’expérience commune, prêtres et laïcs, dans les communautés, de ce que la foi

    signifie aujourd’hui et de voir comment mieux la communiquer aux jeunes.

    APIC: Etant donné la sécularisation croissante de la société, voyez-vous

    également d’autres moyens pour rendre cette foi proche des jeunes?

    JGV: Je crois qu’il est important de soutenir dans les paroisses les forces

    qui s’occupent du contact avec les jeunes. Justement parce qu’il est parfois difficile de mener ce dialogue et parce que certains sont découragés.

    Je souhaite soutenir ces personnes afin qu’elles puissent avoir "assez de

    souffle" pour faire leur travail.

    APIC: D’autres thèmes sont également importants pour le diocèse?

    JVG: Dans chaque domaine, il existe de nombreux thèmes, pas seulement pour

    la liturgie et l’annonce de la Parole, mais aussi et surtout dans le domaine de la diaconie. Face aux nombreuses questions brûlantes, nous devons

    chercher les voies pour mieux sensibiliser les gens. Par exemple, le problème de la drogue est une interrogation pour l’Eglise. De même la responsabilité des Eglises est engagée face à la question des migrations. Nous

    voulons trouver une voie pour cheminer avec les étrangers qui vivent dans

    notre pays.

    APIC: Plus personnellement, qu’est-ce qui a changé pour vous après une année d’épiscopat?

    JGV: J’ai vécu beaucoup de belles choses dans les rencontres. Je n’aurais

    jamais pensé que c’était possible à ce point-là. Mais les rencontres sont

    aussi très nombreuses et parfois il est difficile pour l’âme de "suivre"

    dans une multitude de contacts et de réunions... mais il y toujours du

    temps pour assimiler cela. Les visites pastorales sont une grande chance

    pour le diocèse, mais elles n’ont lieu pour chaque région que tous les six

    ou sept ans. C’est trop peu et nous réfléchissons au moyen de les intensifier. (apic/gbr/mp)

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