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    apic/Interview/Mgr Bürcher

    APIC-Interview

    Mgr Bürcher, évêque auxiliaire du (220994)

    diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg

    Bilan après six mois d’installation dans le canton de Vaud.

    Lausanne, 22septembre(APIC) Après le départ à la retraite de Mgr Bullet,

    le nouvel évêque auxiliaire Mgr Pierre Bürcher s’est rapidement mis au travail. La planification pastorale, l’inauguration du centre catholique de la

    Longeraie sont pour lui les deux principaux dossiers pastoraux de cette

    nouvelle année 94-95. Evêque auxiliaire du diocèse de Lausanne, Genève et

    Fribourg, Mgr Pierre Bürcher a pris depuis Pâques la succession de Mgr Bullet. Ordonné évêque le 12 mars à Fribourg, il termine son sixième mois

    d’activité dan le pays de Vaud. Premier bilan...

    M.B.: Ces six mois viennent de passer très vite. La transition avec Mgr

    Bullet s’est déroulée dans un esprit très positif et constructif. Nous

    avions déjà travaillé ensemble auparavant. Il a été mon professeur au séminaire diocésain et à l’Université de Fribourg. Vicaire à Lausanne, puis curé de la paroisse Saint-Jean à Vevey pendant neuf ans, doyen du décénat

    Saint-Martin (Lavaux et Riviera), j’ai eu la joie de connaître beaucoup de

    personnes des différents organismes de ce canton comme le Conseil du Vicariat, le comité de la Fédération des paroisses catholiques vaudoises et

    d’autres commissions. Tout cela a facilité cette transition rapide. C’est

    vrai que j’ai eu parfois l’impression d’être monté dans un TGV puisque j’ai

    été nommé en pleine année pastorale. Certains jours cela a pu être essoufflant. Il y a beaucoup. Mais les évêques ne sont pas les seuls à vivre à

    grande vitesse. Par chance, il y a aussi eu la période plus calme des vacances d’été où j’ai pu faire un premier bilan de mon ministère épiscopal

    et poser des jalons pour l’avenir. Je ne crois pas qu’il soit possible à un

    évêque de prendre le temps de faire l’apprentissage de son métier. On ne

    nous laisse pas le temps. C’est un inconvénient par rapport à d’autres ministères, à d’autres services. D’où l’importance de ne pas compter seulement sur ses propres forces humaines, mais aussi sur celles des collaborateurs.

    APIC: Lors de votre consécration à Fribourg, le 12 mars, vous insistiez

    sur la corresponsabilité des laïcs, des diacres et des prêtres. Pourquoi?

    M.B.: Pour moi, elle est vitale. Avant d’être évêque, dès le début de

    mon ministère presbytéral, je l’ai expérimentée. En arrivant ici à

    Lausanne, je sais que je peux m’appuyer sur la collaboration du vicariat,

    de la Fédération des paroisses catholiques et aussi sur les nombreux

    conseils, commissions comme celui des doyens, de la pastorale, de la

    migration, des nominations.

    APIC: Plus de 50% des prêtres dans le canton on plus de 56 ans. Des

    chiffres qui ont conduit Mgr Bullet à engager cette enquête sur la vie de

    l’Eglise dans le canton, que l’on appelle planification pastorale. Quelles

    sont vos premières réflexions?

    M.B.: Les chiffres montrent une majorité de prêtres âgés. Des jeunes (un

    peu plus nombreux ces dernières années) se présentent en vue du sacerdoce.

    Une vingtaine de personnes sont interessées par le diaconat permanent. Tout

    un espoir. Mais je pense que ce serait une erreur de compter sur la seule

    présence du prêtre. Son rôle demeure essentiel et irremplaçable. Dans ce

    canton, 80 laïcs sont engagés au service de l’Eglise. La moyenne d’âge est

    inférieure à 40 ans. Il faut voir l’ensemble.

    Comment répartir au mieux les forces pastorales du canton pour les

    années à venir? Quels choix pastoraux s’imposent? Sur quels critères?

    Lancée par mon prédecesseur, Mgr Bullet, cette enquête auprès de 700

    personnes a permis d’établir trois hypothèses de travail: une Eglise,

    communion de petites communautés diversifiées où la paroisse est un lieu de

    rassemblement; une Eglise engagée dans la vie de la région et le débat

    social, où les communautés portent le souci d’insérer les baptisés sur le

    terrain et de les soutenir dans leur engagement politique, social,

    caritatif; une Eglise qui éveille la foi et accompagne des personnes jeunes

    et adultes dans leur cheminement de foi.

    Deux sessions pastorales à Annecy en octobre, sous la responsabilité du

    chanoine Michel de Kergariou et de son équipe, devraient nous aider à faire

    des propositions concrètes pour l’avenir.

    APIC: Autre évènement pastoral dans ce canton, le lancement du centre de

    la Longeraie. Comment voyez-vous son démarrage?

    M.B.: Ce centre catholique pastoral vaudois verra le jour aux alentours

    de l’été 1995. Ce sera un lieu de rencontres pour tous les catholiques

    vaudois, et aussi confédérés ou d’origine étrangère qui voudront organiser

    une session, suivre une retraite. En lien avec l’équipe de direction et

    d’animation, un prêtre habitera au centre la Longeraie. Nous espérons

    pouvoir y joindre d’autres confrères. Ce centre est ouvert à tous, à

    d’autres confessions ou religions. C’est une création avec sa part d’espoir

    et de risque. Nous osons parce que l’Espérance nous habite.

    Pour l’année à venir, je vois trois axes d’actions importants dans mon

    ministère épiscopal: favoriser les contacts aussi fréquents que possible

    avec mes frères prêtres, diacres et laïcs engagés dans la pastorale de ce

    canton; poursuivre en priorité et intensifier la planification pastorale;

    soutenir le lancement du centre pastoral de la Longeraie.

    Je vis tout cela avec, comme toile de fond, la vie de notre Eglise et

    aussi celle de notre société qui ont besoin d’un souffle tonique et spirituel. (apic/eb/propos recueillis par François Le Roux)

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