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    apic/Interview/Ecrivain Russe/Solj

    Rome: Soljénitsyne, la Russie et l’orthodoxie (121295)

    L’écrivain russe donne son point de vue sur les relations Eglise/Etat

    Rome, 12décembre(APIC) L’Eglise doit être séparée de l’Etat, mais l’Etat

    ne doit pas être séparée de l’éthique chrétienne, estime l’écrivain russe

    Alexandre Soljénitsyne, dans une interview que publie mardi le quotidien

    catholique "Avvenire".

    L’écrivain russe donne en outre son point de vue sur les relations entre

    l’Eglise orthodoxe et l’Etat Russe, et affirme que l’Eglise ne peut plus

    accepter une domination sur la société avec l’appui de l’Etat.

    Dans le futur, dit-il, la Russie deviendra un pays orthodoxe, dans le

    sens où, aujourd’hui la Pologne, l’Espagne et la France, sont des pays catholiques.

    Alexandre Soljénitsyne, ne dénie pas "le droit juridique pour les autres

    religions de pénétrer en Russie" mais il précise "qu’au delà de la loi, il

    y a le fait que l’orthodoxie appartienne à notre histoire. La Russie est

    née avec l’orthodoxie, ce fondement est autant historique que philosophique. Et d’ajouter que les soixante dix années d’histoire récentes n’ont pas

    pu éradiquer cette réalité. "En ce sens, l’orthodoxie est unique pour

    nous".

    L’écrivain ne cache pas son inquiétude devant la montée des sectes dans

    son pays. "Toutes ces sectes qui arrivent font leurs sermons dans un russe

    plus ou moins correcte, mais très simple, à la portée de tous, pendant que

    nous, nous continuons à utiliser notre slave ecclésiastique, plein de formules incomprehensibles". Soljénitsyne observe que cette "barrière linguistique" ralentit "le retour des athés à l’Eglise", et que cette question est

    actuellement "des plus discutées". Il se déclare favorable à l’introduction

    du russe dans la liturgie.

    Enfin, Alexandre Soljenitsyne, relate l’entretien qu’il avait eu avec le

    Pape Jean-Paul II: "Nous étions d’accord sur la nécessité de valoriser les

    racines chrétiennes communes des peuples européens". Mais ajoute l’écrivain, "j’ai dû lui relater de tristes épisodes de l’histoire récente"

    quand, le Cardinal Gaspari, en 1922, "en pleine persécution soviétique contre l’Eglise Orthodoxe", était venu rencontrer Cicerin à Genève, un haut

    responsable bolchévique, pour lui demander que le nouveau pouvoir de Moscou

    concède "un accord de privilège pour l’action de l’Eglise Catholique en

    Russie". "Une grosse erreur de la part de cette personne" aurait répondu

    Jean-Paul II à Soljenitsyne qui considère que la responsabilité de cette

    erreur ne reposait pas sur "l’initiative d’une personne privée". (apic/jmgpr)

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