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    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    Mgr Raymundo Damasceno Assis, secrétaire général du CELAM (270494)

    APIC - Interview

    "Celui qui éduque une femme éduque la nation"

    Propos reccueillis par Brigitte Muth-Oelschner, agence APIC

    Fribourg, 27avril(APIC) Mgr Raymundo Damasceno Assis, évêque auxiliaire

    de Brasilia et secrétaire général du Conseil épiscopal latino américain

    (CELAM) était récemment de passage en Suisse pour rendre visite à son homologue du Conseil des conférences épiscopales européennes l’abbé Ivo Fürer.

    Mgr Assis séjourne actuellement à Rome où il assiste à l’invitation du pape

    Jean Paul II au travaux du Synode des évêques sur l’Afrique. Dans un

    panorama dressé pour l’agence APIC, Mgr Assis aborde quelques-unes des

    grandes questions des Eglises du tiers monde.

    APIC: Vous assistez depuis une quinzaine de jours aux travaux du Synode des

    évêques pour l’Afrique qui se déroule à Rome. Beaucoup craignaient une tentative de main-mise de la Curie romaine sur le Synode. Quel est votre sentiment à ce propos?

    Mgr Raymundo Damasceno Assis: C’est la première fois que je prends part à

    un Synode et c’est pour moi une expértience enrichissante qui me permet de

    mieux connaître l’Afrique dans les domaines social, politique, économique

    et ecclésial. L’Eglise en Afrique, malgré les graves difficultés sociales

    et économiques, est très vivante et a un grand avenir. Les évêques africains se réjouissent que le Synode se tienne à Rome et que le pape puisse y

    participer. Il n’était tout simplement pas psossible de garantir quelque

    part en Afrique un déroulement assuré du Synode. Rome en outre possède les

    sructures permettant aux médias de couvrir l’événement dans le monde entier. La tâche des évêques sera de traduire les résultats du Synode et de

    les adapter à leurs réalités.

    APIC: En Afrique comme en Amérique latine, le néolibéralisme est souvent

    présenté comme l’unique moyen de sortir de la crise économique?

    RDA: Ce système économique profite en fait aux riches. Certes le néolibéralisme peut permettre de stabiliser la monnaie, de payer la dette extérieure

    et d’éléver les exportations. Mais cela se fait aux dépends d’une amélioration du niveau de vie de la population, surtout pour les plus pauvres. Avec

    ce système, les plus pauvres souffrent encore plus qu’avant. L’économie libre n’est pas une formule miracle. Pour résoudre les problèmes sociaux de

    nos pays, nous avons besoins de personnalités tant au niveau politique

    qu’au niveau économique qui se conforment à l’éthique sociale chrétienne et

    qui vivent selon l’Evangile. Il ne s’agit pas uniquement de la conversion

    de personnes individuelles, mais de toute une société. Une société chrétienne dans laquelle on puisse vivre dans la paix et la justice n’est possible que si les conditions sociales et économiques correspondent.

    APIC: La théologie de la libération s’inscrit dans cette optique?

    RDA: Il faut toujours faire une distinction claire entre la théologie de la

    libération qui est reconnue par la Congégation pour la doctrine de la foi

    et celle qui ne s’inspire pas de l’Evangile. La vraie théologie de la libération s’oriente sur la Bible, la réfléchit et cherche à réaliser l’enseignement social de l’Eglise au quotidien. L’autre théologie de la libération

    entend appréhender la réalité à partir des idées marxistes. Elle partage la

    société en classes, prône la révolution et veut par la violence amener des

    changements de société. En résumant, on peut dire que dans la théologie de

    la libération est bon tout ce qui correspond à la doctrine et à l’enseignement social de l’Eglise.

    APIC: En Afrique comme en Amérique latine, les communautés de bases sont

    très importantes et disposent de laïcs formés. Elles ne peuvent cependant

    se passer de prêtres. L’obligation du célibat n’est-elle pas un frein important pour le développement du clergé?

    RDA: Non, je ne crois pas que le problème soit le célibat. Le célibat représente une valeur qui choque d’autres cultures, en particuliuer la culture hédoniste actuelle. Pour moi, il est un don que Dieu fait pour les communautés. Pendant la formation on vérifie avant l’ordination si le candidat

    a reçu le don de pouvoir mener une vie sacerdotale dans le célibat. C’est

    une forme de disponibilité radicale, de parternité spirituelle ainsi qu’un

    signe eschatologique du Royaume de Dieu où il n’y a plus ni homme, ni femme, ni époux. Je crois qu’aujourd’hui encore des jeunes peuvent reconnaître

    la valeur du célibat. D’ailleurs en Amérique latine comme en Afrique, il y

    a beaucoup de vocations.

    APIC: Le rôle des femmes est primordial dans la société, l’Eglise l’a-t-elle suffisamment reconnu? Les femmes sont toujours exclues du diaconat par

    exemple.

    RDA: A ma connaissance, les femmes d’Amérique latine ne désirent pas devenir diacres ni accéder au sacerdoce. Les femmes ont trouvé leur place dans

    l’Eglise. Elles sont actives dans la première évangélisation et jouent un

    grand rôle comme catéchistes, responsables de communautés de base, auxiliaires de la communion etc. En outre, elles sont finalement actives dans

    leur maison. Un proverbe africain dit: "celui qui éduque un homme éduque un

    individu, celui qui éduque une femme éduque la nation". Car ce sont les

    femmes qui transmettent les valeurs de la foi et de l’Evangile. (apic/oemp)

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