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    Mgr Peter Henrici, nouvel évèque auxiliaire de Coire

    APIC interview

    "Mon coeur est zurichois"

    Crista Kramer von Reisswitz, agence APIC

    Rome/Fribourg, 5mars(APIC) Après l’annonce jeudi de la nomination de deux

    évêques auxiliaires à Coire, le correspondant de l’Agence APIC à Rome a pu

    obtenir la première interview du nouvel évêque Mgr Peter Henrici qui est

    actuellement professeur à l’Université grégorienne de Rome.

    APIC: Dans sa lettre, le pape Jean Paul II insiste sur la nécessité de retrouver la communion ecclésiale dans le diocèse de Coire. Avez-vous déjà

    des propositions?

    Mgr Henrici: Il s’agit d’abord de voir dans quelle mesure la communion ecclésiale n’existe plus. Il y a certainement eu de grandes tensions et de

    grands malentendus réciproques. Des signes et des gestes indiquaient des

    divisions. Je crois aussi que le pape en me désignant a voulu choisir un

    homme qui est resté en dehors des événements des dernières années et qui

    peut venir en Suisse comme quelqu’un de "neutre" pour ainsi dire.

    APIC: Avez-vous des éléments concrets sur les objectifs à atteindre dans le

    diocèse de Coire?

    PH: A part la tâche générale de rétablir ou de renforcer les rapports de

    confiance entre toutes les parties du diocèse, entre prêtres et laïcs, je

    ne sais encore rien de concret. J’ai parlé brièvement au téléphone avec mon

    évêque et ici à Rome je n’ai pas encore pu avoir d’entretiens détaillés.

    APIC: Vous êtes bourgeois de Zurich, seriez-vous heureux d’y siéger comme

    évêque auxiliaire?.

    PH: Si je pouvais vivre à Zurich comme évêque auxiliaire, ce serait naturellement pour moi une grande joie en tant qu’"enfant de la ville". Je me

    sens très profondément lié à cette cité. Mes aïeux y vivaient, il y a deux

    ou trois générations. J’ai grandi à Zurich, j’y suis né, et j’y ai été baptisé. C’est dans cette ville que j’ai été à l’école, ai fait ma première

    communion, ma confirmation et dit ma première messe. Mon coeur est zurichois, et pour un zurichois il est toujours beau de revenir dans sa ville

    natale.

    APIC: Un évêque auxiliaire siégant à Zurich, aurait à peu près les mêmes

    prérogatives qu’un administrateur apostolique?

    PH: Non, je ne le crois pas du tout. La discussion à propos de l’administrateur apostolique n’a probablement pas eu lieu sans raison. Mais il y a

    quelques mois, le cardinal Ratzinger avait laissé comprendre lors d’une interview que cela ne serait pas la solution. Je pense personnellement que

    chaque pas actuel qui pourait être interprété comme un pas vers l’érection

    d’un diocèse de Zurich serait déplacé. La raison est qu’on discute actuellement à Zurich du maintien de l’actuelle loi Eglise-Etat et d’une éventuelle séparation de l’Eglise et de l’Etat.

    APIC: Pour réparer la situation à Coire, les moyens purement humains ne

    semblent pas suffir. Comment voyez-vous votre action au niveau spirituel?

    PH: En tant que jésuites, nous avons fait un quatrième voeu: celui de

    l’obéissance au pape, ce qui signifie qu’il peut nous envoyer où il veut et

    j’assume cette tâche dans cette obéissance. Il faut dire aussi que je peux

    voir la situation de manière moins dramatique, peut-être parce que j’en

    suis éloigné. Je crois qu’il y a des deux côtés beaucoup d’amour de l’Eglise et de bonne volonté, pour aboutir à nouveau à l’unité.

    APIC: Comment voyez-vous la collaboration avec Mgr Haas?

    PH: J’espère qu’elle se fera dans la collégialité, c’est-à-dire dans le

    sens de collège des évêques et dans une communion des coeurs.

    APIC: Connaissez-vous votre confrère Mgr Vollmar?

    PH: Non, je ne le connais pas personnellement, mais j’ai entendu beaucoup

    de bien de lui.

    APIC: Quand vous installerez-vous en Suisse?

    PH: Je vais tout faire pour terminer l’année académique à l’Université pontificale grégorienne. Je vais naturellement regretter d’abandonner le travail académique ici à Rome après 35 ans. Le travail avec les étudiants et

    les professeurs me plait beaucoup. Pour moi la formation de prêtres pour

    l’Eglise universelle, de professeurs pour les séminaires du monde entier,

    est une tâche très importante.

    APIC: Quand ferez-vous votre première visite en Suisse?

    PH: Je dois aller en Allemagne le 18 mars pour une session du comité d’édition de la revue "Communio" à Mayence. Je ferai une halte en Suisse sur le

    chemin du retour. (apic/cic/gbr/mp)

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