Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    APIC - Interview

    Jacques Berset, Agence APIC

    Mgr Karel Otcenasek, évêque de Hradec Kralové, de passage en Suisse

    "Le pape, un phare dans la nuit" de la persécution religieuse

    Fischingen, 8septembre(APIC) Durant ces décennies de persécution religieuse en Tchécoslovaquie, "le pape fut pour nous comme un phare dans la

    nuit", révèle Mgr Karel Otcenasek. L’évêque de Hradec Kralové, une ville de

    près de 100’000 habitants en Bohème orientale, visitait la semaine dernière

    les paroisses de Thurgovie. Pas seulement pour obtenir de l’aide matérielle

    - après 40 années d’un régime si acharné à faire disparaître la foi, cela

    paraît évident - mais également pour échanger des expériences et faire connaître la "grâce" qu’a été cette période d’épreuve pour l’Eglise .

    "Le pape a souligné que nous devions témoigner de cette expérience et

    faire connaître la ’grâce de Dieu’ reçue à l’époque, une grâce qui nous a

    consolés, soutenus et affermis", remarque Mgr Otcenasek, des années durant

    emprisonné puis empêché d’exercer ses fonctions. "Nous avons à préserver un

    héritage spirituel que nous sommes menacés de perdre avec l’irruption d’un

    pluralisme extrême, incontrôlé, avec son cortège de productions pornographiques, les sectes qui viennent de l’Ouest...C’est un vrai problème".

    Le "sentiment anti-romain"

    Le "sentiment anti-romain" qui se développe à l’Ouest inquiète également

    l’ancien prisonnier de conscience : "Pour nous, durant les temps de la persécution, le pape était vraiment un phare dans la nuit. Nous n’avions presque plus aucun évêque en fonction et nous recherchions les paroles du pape,

    les émissions de Radio Vatican". A la lumière de la persécution qu’a endurées "l’Eglise du silence", les critiques à l’encontre de Rome qui se font

    jour en Occident lui sont difficilement compréhensibles.

    C’est que dans les années 50, l’Eglise en Tchécoslovaquie allait subir

    une vague de répression sans précédent. Les ordres religieux furent dissous

    et leurs membres internés dans des "couvents de concentration" sous haute

    surveillance. En avril 1950, après la communication secrète de sa nomination par le biais de la nonciature à Prague qui allait peu après fermer ses

    portes, Mgr Otcenasek fut ordonné clandestinement dans la chapelle de la

    résidence épiscopale de Hradec Kralové par Mgr Maurice Picha. Le vieil évêque diocésain, alors âgé de 80 ans, se trouvait en résidence surveillée et

    ne pouvait déjà plus exercer ses fonctions. Le diocèse est ainsi resté près

    de 40 ans sans évêque. Car la police secrète communiste, la STB, allait rapidement détecter les activités d’évêque clandestin de Mgr Otcenasek.

    Après son arrestation le 1er juillet 1951 et sa condamnation à 13 ans de

    prison pour "haute trahison" et "espionnage au profit du Vatican" (une accusation habituelle à l’époque", Mgr Otcenasek fut détenu durant dix ans et

    demi, avant d’être libéré en 1962, à l’occasion d’une amnistie. C’est ainsi

    qu’il connut de nombreuses prisons tchécoslovaques, comme le "couvent de

    concentration" de Zeliv, dans le diocèse de Hradec Kralové, où il partagea

    deux ans et demi ans une cellule d’isolement en compagnie du futur cardinal

    Tomasek, archevêque de Prague. Il y avait à l’époque dans ce couvent-prison

    plusieurs centaines de prêtres et de religieux.

    Après sa libération, l’évêque interdit dut encore travailler plusieurs

    années comme ouvrier dans une fabrique de lait en poudre avant d’être

    autorisé à reprendre des activités pastorales. Interdit de séjour dans son

    diocèse, il put travailler dans des paroisses du diocèse de Litomerice, à

    la frontière avec l’Allemagne de l’Est, où la religiosité était très basse.

    Il s’attira rapidement l’hostilité des autorités en raison de ses activités

    avec des groupes de jeunes. C’est seulement avec la "Révolution de velours", fin 1989, que la situation put enfin se normaliser: "Jusque-là,

    j’étais toujours interdit, et je n’ai même pas pu recevoir de visa pour me

    rendre à Rome pour la canonisation par le pape Jean Paul II de Sainte Agnès

    de Bohème le 12 novembre 1989... Après la Révolution, dans la minute suivante, je recevais mon passeport!"

    Aujourd’hui que la persécution religieuse a disparu, l’Eglise en TchécoSlovaquie se trouve face à une nouvelle tâche d’évangélisation, les chrétiens étant en passe de devenir minoritaires dans la société. Selon un recensement de 1991, dans les pays tchèques de Bohème et de Moravie, les catholiques sont désormais moins nombreux que les sans confession (40 %). La

    preuve que quatre décennies d’athéisation forcée ne sont pas restées sans

    effet! Un défi que Mgr Otcenasek, optimiste, se promet de relever.

    Encadré

    Mgr Karel Otcenasek est né à Ceské Mezirici, dans le diocèse de Hradec Kralové le 13 avril 1920. Il a été ordonné prêtre le le 17 mars 1945 et consacré secrètement évêque le 30 avril 1950. Il occupe son siège épiscopal depuis décembre 1989, dans le sillage de la "Révolution de velours", après

    avoir été "empêché" durant quatre décennies. Les contacts de Mgr Otcenasek

    avec l’ordinariat du diocèse de Bâle et l’Eglise en Thurgovie ont débuté il

    y a deux ans déjà. Il s’agissait d’une aide importante pour la reconstruction dans l’ancien collège jésuite à Hradec Kralové d’un Centre pour le

    travail pastoral, l’évangélisation et l’apostolat. "Nous avons beaucoup de

    choses à rattraper après 40 ans d’isolement derrière le ’rideau de fer’ et

    de persécution religieuse; nous avons besoin de contacts et d’échanges pour

    nous enrichir mutuellement", souligne l’évêque de Hradec Kralové. (apic/be)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus