Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Nouveau climat dans les relations Eglise-Etat en Slovaquie (110892)

    APIC - Interview

    Prendre en compte l’héritage spirituel de 11 siècles de christianisme

    Frantisek Sykora, Agence APIC

    Bratislava, 11août(APIC) Après plus de quarante années de dictature communiste, le climat entre l’Eglise et l’Etat en Slovaquie se normalise et

    l’Eglise entend bien récupérer une partie de ses biens spoliés après la

    prise de pouvoir des communistes en Tchécoslovaquie, lors du "coup d’Etat

    de Prague" du 25 février 1948. Dans une interview accordée à l’agence APIC,

    Augustin Marian Huska, vice-président du Parlement slovaque, souhaite que

    le programme de son gouvernement prenne en compte les 11 siècles d’héritage

    chrétien en Slovaquie. A. M. Huska est membre du parti du premier ministre

    Vladimir Meciar, le Mouvement pour une Slovaquie démocratique.

    Durant la période communiste, l’Eglise slovaque - qui possédait de

    grands domaines et des forêts - n’a pu conserver que les églises et a dû

    les maintenir sans grands moyens, d’où leur délabrement actuel. Quelques

    églises furent même transformées en salles de concert et seuls les monuments historiques furent entretenus par l’Etat. Aujourd’hui, il y a une

    discussion parmi les évêques slovaques pour savoir si l’Eglise doit

    récupérer l’ensemble de ses propriétés ou plutôt recevoir de l’Etat un

    loyer annuel pour les propriétés perdues.

    Concernant le rétablissement d’écoles catholiques, les avis sont également partagés au sein de l’Eglise. A la base, des catholiques zélés aimeraient en fonder le plus possible, alors que d’autres rappellent l’absence

    de moyens financiers et surtout le manque de personnel enseignant qualifié.

    En effet, les professeurs ont été formés durant la période communiste et

    les catholiques pratiquants étaient exclus du domaine de l’éducation.

    APIC:M. Huska, en tant que vice-président du Parlement slovaque, comment

    jugez-vous les relations actuelles entre l’Eglise et l’Etat slovaque ?

    A.M.Huska:Après des décennies d’athéisme militant et de répression contre les Eglises, il y a maintenant la liberté religieuse dans notre pays.

    Mais on doit retisser les liens déchirés entre l’Eglise et l’Etat, tout en

    abandonnant l’empiètement tutélaire de l’Etat. Personnellement, et notre

    mouvement politique est aussi dans cette ligne, nous basons tout notre programme sur la prise en considération d’un héritage chrétien de 11 siècles.

    Je suis persuadé qu’une société moderne ne peut pas fonctionner avec succès

    si elle refuse sa propre expérience spirituelle et celle des autres. Le

    peuple slovaque s’est distingué par sa profonde religiosité et elle fut

    pour lui un refuge spirituel durant les périodes d’oppression nationale.

    Il y a deux manière de régler les relations entre l’Eglise et l’Etat,

    soit une séparation claire de l’Eglise et de l’Etat, soit l’édification

    d’un Etat moderne laïc, qui établisse un concordat avec le Vatican et des

    accords avec le Conseil oecuménique des Eglises (COE). Je suis partisan de

    cette deuxième solution.

    APIC:Quelle position avez-vous en ce qui concerne la restitution des biens

    ecclésiastiques confisqués par l’Etat ?

    A.M.Huska:Je suis partisan que l’on rende aux Eglises tous les biens

    immobiliers (églises, couvents et bâtiments d’institutions caritatives).

    Quant aux propriétés foncières (champs et forêts), elles devraient rester

    aux mains de l’Etat. En contrepartie, l’Etat allouerait - en guise de location - un montant financier pour la reconstruction des bâtiments et les dépenses pour le personnel ecclésiastique. Les communautés religieuses

    doivent pouvoir récupérer leurs couvents et les jardins attenants, pour

    rendre possible la réalisation de façon moderne de la maxime "Ora et

    labora".

    APIC:La loi permet de fonder des écoles confessionnelles, mais il y a des

    problèmes dans plusieurs endroits...

    A.M.Huska:Les tensions entre la société laïque et profane et l’école

    confessionnelle sont les suites amères de la persécution. Mais parfois aussi, ce sont les conséquences d’une remise sur pied trop précipitée et sans

    égard des écoles confessionnelles. Le consensus entre les parents et les

    écoles de l’Eglise est la condition préliminaire pour une compréhension mutuelle. On doit préférer la qualité à la quantité. Je considère l’instruction religieuse dans les écoles publiques comme plus importante que la possibilité garantie de fonder une école confessionnelle.

    Mais ces tensions ont aussi d’autres causes: l’athéisme militant persiste, masqué, et cherche à gagner de l’influence dans une société insécurisée

    en faisant obstacle aux écoles confessionnelles et à leurs partisans trop

    zélés. Les écoles de l’Eglise deviendront certainement des écoles sélectionnées; ainsi, elles ne feront pas une concurrence directe aux écoles publiques, mais les compléteront. (apic/fs/be)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus