Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Le Centre Interdiocésain

    APIC- Interview

    de formation théologique (CIFT):

    Le Père Jean- Blaise Fellay, directeur du CIFT

    "Un défi: réussir la formation personnelle,

    théologique et pastorale des séminaristes"

    par Bernard Litzler, pour l’Agence APIC

    En Suisse romande, la formation des futurs prêtres a été assurée

    conjointement par la Faculté de Théologie de l’Université de Fribourg et

    les séminaires diocésains. Cette procédure utilisée depuis une quinzaine

    d’années semble aujourd’hui inadaptée à former correctement des

    séminaristes venus d’horizons différents.

    L’abandon de la voie pastorale - dite voie B - à l’Université de

    Fribourg a conduit la Conférence des ordinaires romands (COR) à revoir la

    formation des candidats au sacerdoce. Le Centre interdiocésain de formation

    théologique (CIFT), nouvelle structure, sera inaugurée à la mi-octobre à

    Fribourg. Tour d’horizon avec le Père jésuite Jean-Blaise Fellay, son

    responsable.

    APIC: Depuis une quinzaine d’années, le formation des séminaristes est

    assurée par l’Université. Pourquoi la création d’une nouvelle

    filière?

    Jean-Blaise Fellay: On avait peu mesuré à l’époque le poids des exigences

    académiques qui ont pesé excessivement sur la formation du prêtre. Il

    devenait difficile pour les directeurs de séminaires de préserver la vie

    communautaire, importante dans cette formation. Les séminaires tendaient à

    devenir essentiellement des ’logements pour étudiants en théologie’.

    Les premiers essais de correction ont été faits en France et ailleurs

    depuis une dizaine d’années.

    APIC: La disparition de la filière pastorale - dite voie B - à l’Université

    n’a-t-elle pas aggravé le problème de formation?

    JBF: Les restrictions de crédits de l’Etat de Fribourg à l’Université ont

    accentué le problème. La filière B a disparu. La formation de ceux qui

    n’avaient pas la maturité ou le baccalauréat est devenue difficile.

    Nous avons en outre une disparité énorme sur les plans intellectuel et

    religieux. Des candidats au sacerdoce arrivent avec une formation

    universitaire achevée, profane, théologique ou philosophique. D’autres

    viennent de formations plutôt techniques ou scientifiques. D’autres venant

    de milieux déchristianisés ont un passé "court", par exemple une expérience

    charismatique très forte.

    C’est pour répondre à ces exigences extraordinairement diversifiées que

    le CIFT a été créé.

    APIC: Comment se déroulera la formation au CIFT?

    JBF: La première année de formation spirituelle et au discernement de la

    vocation. Etant donné la diminution du nombre de candidats à la prêtrise,

    il faut être d’autant plus vigilant sur leur qualité. Surtout pour les

    candidats au sacerdoce ministériel et célibataire, avec l’aspect de

    formation affective et l’apprentissage de la collaboration avec l’évêque.

    Donc formation humaine et spirituelle.

    APIC: L’aspect de la formation intellectuelle est repoussé à plus tard?

    JBF: La formation intellectuelle sera privilégiée dès la deuxième année. Le

    grand défi est de réussir à intégrer l’aspect spirituel de formation

    individuelle personnelle, l’aspect formation théologique, l’aspect pastoral

    tout au long de la formation.

    On tentera dès le départ d’avoir un discernement d’une vocation

    pastorale car nous ne préparons pas des moines.

    APIC: Quel type de formation intellectuelle allez-vous proposer?

    JBF: La deuxième année, encore en préparation par des discussions notamment

    avec l’Université et avec l’Ecole de la foi, sera destinée à orienter nos

    gens. Une partie pourrait suivre les cours universitaires classiques, les

    cinq années de théologie jusqu’à la licence et même plus s’il le faut. Il

    ne s’agit pas de baisser les prétentions intellectuelles: si nous avons des

    gens qui manifestent des dons.

    Une des ambitions est d’avoir quand même un certain nombre de prêtres

    qui ont poursuivi des études jusqu’à la licence ou même au doctorat mais

    qui resteraient en paroisse: des gens formés dans la liturgie, dans

    l’histoire de l’Eglise, et qu’on pourrait rappeler au séminaire. Il faut

    essayer d’éviter d’avoir un monde de formateurs étanche vivant à Fribourg

    et des gens "perdus" dans la campagne.

    APIC: Et les séminaristes sans diplôme?

    JBF: Pour les personnes qui n’ont pas de formation secondaire, il y aura la

    possibilité de passer par l’Ecole de la foi qui a l’avantage d’être assez

    pédagogique et de donner une bonne intégration du spirituel et de

    l’ecclésial. Nous sommes en négociation avec l’Université pour voir comment

    relier cette filière.

    APIC: Quand allez-vous allez démarrer? Avec quel effectif?

    JBF: Nous avons une séance de préparation à la mi-octobre. Actuellement il

    y a huit étudiants pour le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg et trois

    ou quatre pour le Valais. Nous sommes également en contact avec le Jura

    francophone.

    APIC: A vos yeux, quel est le type de formation idéal à proposer aux jeunes

    se destinant à la prêtrise?

    JBF: Le jeune en question ne veut plus entrer dans un schéma préétabli.

    Nous devons voir qui il est, d’autant qu’il y a des presonnes qui nous

    viennent d’autres cultures: des Vietnamiens, un Chinois se sont annoncés.

    Objectifs: lui donner une base de discernement pour qu’il soit au clair

    sur lui-même, le faire travailler spirituellement et intellectuellement,

    lui apprendre la vie commune et lui apprendre la collaboration avec les

    autres. Lui apprendre aussi à connaître le diocèse.

    Durant l’année de discernement on fera venir tous les week-ends des gens

    insérés dans divers secteurs, paroisses de ville, paroisses de campagne,

    pastorale du tourisme, aumôneries spécialisées. Nous inviterons aussi les

    ordres religieux pour faire connaître les différentes familles

    spirituelles.

    Comme historien de l’Eglise, j’aimerai leur faire connaître la richesse

    de notre christianisme local. Leur faire visiter Romainmôtier,

    Saint-Maurice, Payerne, Fribourg,...

    APIC: Quel est votre état d’esprit au moment de démarrer cette nouvelle

    aventure?

    JBF: C’est une grande satisfaction. J’ai écrit il y a trois ou quatre ans

    "Clergé romand, l’effondrement". Je ne m’étais rendu compte que la

    diminution numérique n’est pas seulement un problème quantitatif, mais

    vient un problème qualitatif, qui nous oblige à trouver de nouveaux

    chemins.

    Le projet est porté par l’assemblée de tous les évêques de Suisse

    romande qui ont pris conscience du problème.

    APIC: L’Université ne ressent-elle la voie nouvelle comme un détournement

    d’un certain nombre d’étudiants de la voie universitaire?

    JBF: La fonction de l’Université n’est pas la formation du prêtre. Elle a

    une fonction théologique, mais c’est aux évêques de donner la formation

    pastorale. Cela correspond à une remise en cause que nous avons vue avec

    Marc Donzé de l’Institut de pastorale.

    APIC: Quelles sont les perspectives de formation offertes aux laïcs

    désirant travailler en Eglise? Ne leur restera-t-il que la voie académique?

    JBF: Nous allons tenter de faire le maximum de choses avec l’Institut de

    formation aux ministères (IFM). Notre analyse de la situation ne différe

    pas: diminution numérique, problème de collaboration prêtres-laïcs.

    Deuxième solution pour les laïcs: le diaconat permanent. Cela ouvre une

    sorte de troisième voie qui casse un peu cette opposition prêtres-laïcs

    assez stérilisante. (apic/bl)

    Le Père jésuite Jean-Blaide Fellay a été rédacteur de la revue "Choisir"

    durant dix-sept ans. A Fribourg, outre ses responsabilités au CIFT, il fera

    partie de l’équipe d’animation de Notre-Dame de la Route.

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus