APIC INTERVIEW
un premier bilan à l’heure où le Rassemblement touche à sa fin
Séoul, 12mars(APIC) Délégué de l’Eglise catholique au bureau "Justice,
Paix et Sauvegarde de la Création" (JPSC) du Conseil oecuménique des Eglises (COE) à Genève, en vue de préparer le Rassemblement mondial des Eglises, Nicolas Buttet, valaisan d’origine, participe à ce Rassemblement en
tant que "consulteur". Il est l’un des vingt membres de la délégation catholique officielle nommée par le Vatican. A l’heure où prend fin cette importante rencontre, Nicolas Buttet dresse pour l’agence APIC un premier bilan.
"Il était important qu’un tel rassemblement puisse avoir lieu, réunissant des gens du monde entier et de cultures différentes, estime Nicolas
Buttet. Ainsi peut-on avoir un écho de ce que le processus JPSC a suscité
dans le monde. Mais la diversité des participants n’a pas facilité les débats: les différences culturelles, ecclésiastiques et confessionnelles sont
ressorties avec acuité". Cela en raison des injustices insupportables que
subissent certains, d’où "des prises de positions fortes parfois bien audelà du pôle rationnel qui permet le dialogue".
Il faut aussi tenir compte de ce fait: "la plupart des délégués du tiers
monde qui sont ici se trouvent minoritaires dans leur pays, d’où leur exigence pour la rédaction d’un texte dont ils veulent qu’il soit compréhensible chez eux même à ceux qui ne partagent pas leur foi", dit-il.
Comment, en tant que consulteur catholique, Nicolas Buttet s’est-il situé dans ce Rassemblement? "Je suis gré au Conseil oecuménique des Eglises
d’avoir mis le doigt sur l’urgence d’affirmer le lien entre les trois domaines de la paix, de la justice et de la sauvegarde de la création", déclare à ce propos le délégué catholique. Mais, commente-t-il, le processus
lui-même n’est pas encore mûr. "Il a été lancé voilà 7 ans, rappelle Nicolas Buttet, il n’a pris corps que deux ans plus tard, et ce n’est que depuis deux ans qu’on y travaille intensément. "Quant au document lui-même,
il a été rédigé en dix mois..."
Pour le délégué de l’Eglise catholique à Séoul, tous les catholiques
doivent s’engager dans ce processus, "car les chrétiens doivent porter ensemble un témoignage de l’amour en actes. Notre vocation commune, à travers
ce processus, est de dire Jésus-Christ. Le Vatican est conscient de l’importance de ce processus, et suit le travail de très près. Et Nicolas Buttet de conclure: "Ce processus n’est pas un but en soi; il est un moyen
parmi d’autres. De plus, ce n’est pas seulement à la hiérarchie de suivre
ce processus, il s’agit d’un appel adressé à chacun. Pour qu’il prenne
conscience que s’il n’agit pas, on va manquer le millénaire à venir!"
(apic/mjh/pr)