APIC - Interview (141191)
Mgr Mamie s’exprime sur la nouvelle évangélisation
Fribourg, 14novembre(APIC/Evelyne Graf) La nouvelle évangélisation de
l’Europe sera au centre des débats durant le Synode spécial des évêques sur
l’Europe convoqué du 28 novembre au 14 décembre à Rome. Trois représentants
de la Conférence des évêques suisses (CES) y participeront: le cardinal
Henri Schwery, évêque de Sion, Mgr Joseph Candolfi, évêque auxiliaire de
Bâle et président de la CES, et Mgr Pierre Mamie, évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg. Dans une interview accordée à l’Agence APIC, ce
dernier s’exprime sur la nouvelle évangélisation. Un thème qui occupe aussi
depuis quelque temps les autres Eglises chrétiennes.
APIC: Comment définissez-vous, de votre point de vue, la nouvelle évangélisation?
Mgr Mamie: Il y a évangélisation, pour ceux et celles qui n’ont jamais
entendu le message évangélique.
Il y a nouvelle évangélisation, ré-évangélisation, annonce à nouveau de
l’Evangile, pour ceux et celles qui ont reçu les semailles évangéliques,
mais dont les premières pousses ont été étouffées par le monde païen qui
refuse Dieu.
APIC: Estimez-vous que l’ancienne évangélisation de l’Europe a été un
échec? Une nouvelle évangélisation est-elle nécessaire?
Mgr Mamie: Ce n’est pas un échec. Car on ne peut faire ni des sondages
ni des statistiques.
Sans l’Evangile, l’Europe serait retournée dans la nuit profonde. Mais
de grandes parties d’obscurité demeurent ou ont envahi les intelligences,
les consciences et les coeurs.
APIC: Comment jugez-vous la situation spirituelle de l’Europe d’aujourd’hui?
Mgr Mamie: En regardant la jeunesse, j’y vois de lumineux signes d’espérance. Le Seigneur l’a dit: "Je suis avec vous jusqu’à la fin des temps".
APIC: Quelles sont, à votre avis, les tâches que les Etats, les gouvernements, les sociétés... doivent accomplir pour que l’Europe retrouve ses
racines chrétiennes?
Mgr Mamie: Il suffira que quelques hommes et quelques femmes, vivant
l’Evangile au quotidien, s’engagent à servir les exigences chrétiennes en
politique.
APIC: Les Eglises d’Europe, encore séparées, peuvent-elles parler de
nouvelle évangélisation de façon crédible?
Mgr Mamie: La séparation est un scandale et une souffrance pour beaucoup. Donc, la recherche de l’unité est un devoir majeur et prioritaire.
APIC: Quels sont les grands défis auxquels les Eglises d’Europe doivent
faire face aujourd’hui.
Mgr Mamie: Les défis auxquels il faut répondre, ce sont la drogue, le
sida, l’alcool, la folie des chauffards, la course aux armements, l’argent
pourri, en un mot l’égoïsme ou le manque d’amour et de fraternité.
APIC: Certains milieux craignent que cette nouvelle évangélisation cache
une croisade catholique contre une société sécularisée. Ils évoquent aussi
le risque d’une mise en danger de l’oecuménisme.
Mgr Mamie: Pas question de croisade: c’est le temps de l’écoute, du dialogue, dans une totale fidélité à la vérité.
APIC: Quel rôle jouent les nouveaux mouvements (Focolari, Communion et
Libération, Opus Dei, etc) dans la nouvelle évangélisation?
Mgr Mamie: Les "mouvements", à la condition qu’ils ne se considèrent pas
comme meilleurs que les autres ou propriétaires de la vérité, peuvent apporter beaucoup d’espérance.
APIC: Selon vous, quels sont les obstacles à la nouvelle évangélisation?
Mgr Mamie: L’obstacle majeur: c’est la difficulté qui vient de nos
égoïsmes. Nous ne sommes pas prêts à faire les sacrifices qui sont ou seront nécessaires.
APIC: Et comment peut-on la réaliser, cette nouvelle évangélisation?
Mgr Mamie: La valeur oubliée: la prière sans laquelle on n’obtiendra pas
la paix, "celle que donne Dieu seul".
Quel est votre principal souhait pour cette nouvelle évangélisation?
Mgr Mamie: Mon souhait: qu’on fasse confiance aux jeunes qui doivent
préparer pour leurs enfants un monde meilleur que celui que nous leur avons
donné. (apic/eg/pr)