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    Le cardinal Hamer à Sion (091089)

    APIC-INTERVIEW

    Sion, 9octobre(APIC) De passage à Sion où il participait à l’assemblée

    générale des supérieures majeures de Suisse romande, le cardinal Jean-Jérôme Hamer, Préfet de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et

    les Sociétés de vie apostolique a confié à l’agence APIC son regard sur la

    situation actuelle des vocations dans l’Eglise catholique.

    APIC - A l’heure où l’on parle de "crise des vocations" vous êtes optimiste, puisque vous venez de déclarer aux supérieures majeures de Suisse

    romande : "La vie religieuse se porte bien". Comment se présente la situation ?

    J.-J. H. Lorsque l’on aborde ce sujet il faut être conscient d’une chose :

    il existe une géographie des vocations. Celles-ci, peu nombreuses dans le

    monde occidental - Europe, Amérique du Nord, Canada -, connaissent une progression plus marquée dans l’hémisphère sud : L’Asie - surtout l’Indonésie,

    l’Inde, la Corée et les Philippines -, l’Afrique et l’Amérique latine

    voient le nombre de leurs religieux croître plus fortement. que

    L’Afrique surtout voit naître des congrégations apostoliques de femmes

    qui secondent les évêques. Suscitées par les besoins locaux, elles travaillent dans l’enseignement, la pastorale,... Au Guatemala jamais le séminaire

    n’a été rempli comme aujourd’hui.

    L’Europe est moins favorisée. Il existe malgré tout des Instituts qui

    ont beaucoup de vocations : les Frères de Saint-Jean, qui sont passés en

    dix ans de 100 à 200, et les Soeurs de Bethléem, qui, plus anciennes, sont

    aujourd’hui 331.

    Si l’on considère les statistiques des vocations à l’échelle du monde

    données par le Bureau des Statistiques de Rome, le nombre de novices augmente, mais il est encore insuffisant pour assurer la relève : cependant il

    y a là un avenir pour la vie religieuse. Mais si l’on regarde le nombre total des religieux, la courbe est descendante, les générations les plus nombreuses étant les plus âgées.

    APIC - Quel regard portez-vous sur le développement de la vie religieuse

    dans le tiers-monde ?

    J.-J. H. L’Eglise pourra compter sur les prêtres, les religieux et les religieuses du tiers-monde. Elle compte d’ailleurs déjà sur eux : actuellement un certain nombre de missionnaires viennent de l’hémisphère sud.

    Je conseille très souvent aux supérieures générales d’envoyer des vocations du tiers-monde dans le tiers-monde même. Si on les envoie en Europe,

    quelquefois c’est mal compris. Il serait très dangereux de développer les

    vocations nationales dans le sens d’un nationalisme religieux. Il faut

    donner à toutes les vocations un sens universel et missionnaire. Certaines

    congrégations très bien organisées l’ont saisi, qui envoient des vocations

    d’Argentine en Afrique, du Burundi au Tchad.

    APIC - Quel rôle la vie religieuse a-t-elle à jouer aujourd’hui face aux

    défis du monde moderne ?

    J.-J. H. Une simple ouverture au monde n’aurait pas de sens. Tout en retournant à l’intuition du fondateur, les religieux doivent répondre aux appels du monde par la communication de l’Evangile. Cela se réalise de différentes façons : par la prédication, la catéchèse, l’enseignement, les oeuvres de bienfaisance.

    APIC - Qu’attend l’Eglise des religieux et des religieuses ?

    J.-J. H. L’Eglise attend d’eux qu’ils soient des religieux et des religieuses. Les Instituts religieux sont des écoles de sainteté, des écoles

    d’amour de Dieu soutenues par les voeux et la vie commune. La diversité des

    Instituts traduit la diversité du service de Dieu : vie contemplative,

    enseignement, aide aux lépreux, aux drogués.

    APIC - Qu’est-ce qui attire aujourd’hui dans les congrégations ?

    J.-J. H. Dans le tiers-monde les vocations répondent à toutes les formes de

    la vie religieuse. en Occident, c’est la dimension contemplative de la vie

    consacrée qui attire : les Frères de Saint-Jean et les Soeurs de Bethléem

    par exemple ont beaucoup de vocations l’heure actuelle. Sans doute parce

    que les Instituts contemplatifs ont une identité beaucoup plus claire que

    les Instituts apostoliques. Les Ordres médiévaux attirent eux aussi beaucoup de jeunes. (apic/cor)

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