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    Le cardinal Hamer à Sion (101089)

    APIC-INTERVIEW

    "La vie religieuse se porte bien !"

    Sion, 10octobre(APIC) De passage à Sion, où il participait à l’assemblée

    générale des supérieures majeures de Suisse romande, le cardinal Jean-Jérôme Hamer, Préfet de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et

    les Sociétés de vie apostolique a évoqué pour l’agence APIC la situation

    actuelle des vocations dans l’Eglise catholique.

    APIC - A l’heure où l’on parle de "crise des vocations" vous êtes optimiste, puisque vous venez de déclarer aux supérieures majeures de Suisse

    romande : "La vie religieuse se porte bien". Comment se présente la situation ?

    Cardinal Hamer - Lorsque l’on aborde ce sujet il faut être conscient d’une

    chose : il existe une géographie des vocations. Celles-ci, peu nombreuses

    dans le monde occidental - Europe, Amérique du Nord, Canada -, connaissent

    une progression plus marquée dans l’hémisphère Sud; l’Asie - surtout l’Indonésie, l’Inde, la Corée et les Philippines -, l’Afrique et l’Amérique latine voient le nombre de leurs religieux croître plus fortement.

    L’Afrique surtout voit naître des congrégations apostoliques de femmes

    qui secondent les évêques. Suscitées par les besoins locaux, elles travaillent dans l’enseignement, la pastorale,... Au Guatemala jamais le séminaire

    n’a été rempli comme aujourd’hui.

    L’Europe est moins favorisée. Il existe malgré tout des Instituts qui

    ont beaucoup de vocations : les Frères de Saint-Jean, qui sont passés en

    dix ans de 100 à 200, et les Soeurs de Bethléem, qui, plus anciennes, sont

    aujourd’hui 331.

    Si l’on considère les statistiques des vocations à l’échelle du monde

    données par le Bureau des Statistiques de Rome, le nombre de novices augmente, mais il est encore insuffisant pour assurer la relève. Cependant il

    y a là un avenir pour la vie religieuse. Mais si l’on regarde le nombre total des religieux, la courbe est descendante, les générations les plus nombreuses étant les plus âgées.

    APIC - Quel regard portez-vous sur le développement de la vie religieuse

    dans le tiers-monde ?

    Cardinal Hamer - L’Eglise pourra compter sur les prêtres, les religieux et

    les religieuses du tiers-monde. Elle compte d’ailleurs déjà sur eux : actuellement un certain nombre de missionnaires viennent de l’hémisphère Sud.

    Je conseille très souvent aux supérieures générales d’envoyer des vocations du tiers-monde dans le tiers-monde même. Si on les envoie en Europe,

    quelquefois c’est mal compris. Il serait très dangereux de développer les

    vocations nationales dans le sens d’un nationalisme religieux. Il faut

    donner à toutes les vocations un sens universel et missionnaire. Certaines

    congrégations très bien organisées l’ont saisi, qui envoient des vocations

    d’Argentine en Afrique, du Burundi au Tchad.

    APIC - Quel rôle la vie religieuse a-t-elle à jouer aujourd’hui face aux

    défis du monde moderne ?

    Cardinal Hamer - Une simple ouverture au monde n’aurait pas de sens. Tout

    en retournant à l’intuition du fondateur, les religieux doivent répondre

    aux appels du monde par la communication de l’Evangile. Cela se réalise de

    différentes façons : par la prédication, la catéchèse, l’enseignement, les

    oeuvres de bienfaisance.

    APIC - Qu’attend l’Eglise des religieux et des religieuses ?

    Cardinal Hamer - L’Eglise attend d’eux qu’ils soient des religieux et des

    religieuses. Les Instituts religieux sont des écoles de sainteté, des écoles d’amour de Dieu soutenues par les voeux et la vie commune. La diversité

    des Instituts traduit la diversité du service de Dieu : vie contemplative,

    enseignement, aide aux lépreux, aux drogués.

    APIC - Qu’est-ce qui attire aujourd’hui dans les congrégations ?

    Cardinal Hamer - Dans le tiers-monde les vocations répondent à toutes les

    formes de la vie religieuse. En Occident, c’est la dimension contemplative

    de la vie consacrée qui attire : les Frères de Saint-Jean et les Soeurs de

    Bethléem par exemple ont beaucoup de vocations l’heure actuelle. Sans doute

    parce que les Instituts contemplatifs ont une identité beaucoup plus claire

    que les Instituts apostoliques. Les Ordres médiévaux attirent eux aussi

    beaucoup de jeunes.

    Propos recueillis par Geneviève Cornet, APIC

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