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    L’unité des Eglises,

    APIC - Interview

    un objectif réalisable

    Konrad Raiser, secrétaire général (010493)

    du Conseil oecuménique des Eglises

    Evelyne Graf, Agence APIC

    Genève, 1eravril(APIC) L’unité visible des Eglises est un objectif réalisable, et Konrad Raiser, nouveau secrétaire du Conseil Oecuménique des

    Eglises (C0E), y croit, malgré les difficultés qui s’accumulent sur le chemin de l’oecuménisme. A l’occasion de ses 100 premiers jours à la tête du

    COE à Genève, une organisation qui rassemble plus de 300 Eglises membres mais pas l’Eglise catholique - le pasteur Raiser fait le point sur cette

    construction de longue haleine.

    Rendre visible l’unité des Eglises, tel est l’une des tâches principales

    dont s’occupe le COE depuis sa fondation en 1948. Les initiateurs et

    responsables de ce grand rassemblement d’Eglises protestantes, anglicanes

    et orthodoxes n’ont jamais douté de l’importance de cet objectif, même si

    le chemin de l’oecuménisme est pavé d’obstacles. Mais pour le nouveau

    secrétaire du COE, la pleine unité des Eglises, mais si elle n’est pas pour

    demain, est cependant réalisable.

    APIC:Konrad Raiser, comment pensez-vous que les Eglises peuvent avancer

    sur le chemin de l’unité visible ?

    K.Raiser:La façon dont l’unité des Eglises peut être réalisée concrètement fait toujours à nouveau l’objet de dialogues oecuméniques très sérieux, également avec l’Eglise catholique. Je pense qu’aujourd’hui toutes les

    Eglises sont d’accord pour dire qu’il faut réaliser un certain nombre de

    conditions fondamentales pour rendre possible l’unité visible. Il s’agit

    notamment de la confession de foi commune, de la célébration commune, en

    particulier de l’eucharistie, ainsi que la reconnaissance réciproque des

    formes de ministères qui existent dans les différentes Eglises.

    Au COE, ces conditions ont été exposées dans des études détaillées, comme le "Document de Lima" (BEM) sur le Baptême, l’Eucharistie et le Ministère, ou sur la confession de foi commune. La question de l’unité visible des

    Eglises sera au centre de la Conférence mondiale de "Foi et Constitution",

    qui se tiendra en août prochain à St-Jacques de Compostelle. J’espère

    beaucoup que cette conférence mondiale donnera de nouvelles impulsions pour

    l’unité des Eglises, pour que nous puissions poursuivre notre chemin

    commun. C’est un chemin dont la direction nous est donnée dans la grande

    prière de Jésus que l’on trouve dans l’Evangile de Jean, une direction qui

    ne dépend finalement pas de nos décisions, puisque l’on est conduit sur ce

    chemin par l’Esprit Saint.

    APIC:Comment vous représentez-vous l’unité visible des Eglises ?

    K.Raiser:Pour moi, cela reste la description qu’en a faite l’Assemblée

    générale du COE en 1975 à Nairobi, c’est-à-dire que l’unité des Eglises se

    conçoit comme une "communauté conciliaire" d’Eglises locales unies entre

    elles. C’est un point de départ très important. Je pense que l’on ne peut

    pas ne pas voir que les situations et les formes de vie dans lesquelles les

    Eglises particulières témoignent de leur foi sont si différenciées que l’on

    ne peut plus se représenter l’unité des Eglises - a-t-elle d’ailleurs jamais existé - comme une donnée unitaire. Dans les faits, on ne peut se la

    représenter que comme une communauté vivante, pleine de diversités, comme

    cela se doit dans une communauté vivante.

    APIC:Quel rôle joue la Commission "Foi et Constitution" au sein du COE ?

    K.Raiser:La Commission "Foi et Constitution" occupe une place irremplaçableau sein du COE. Cela est souligné notamment par le fait que c’est l’unique commission du COE dont les représentants de l’Eglise catholique romaine sont membres officiels. "Foi et Constitution" est également l’instrument

    de travail qui permet au COE de mener un dialogue continu avec les partenaires catholiques compétents. C’est d’autant plus que l’Eglise catholique

    n’est pas membre du COE. Nos partenaires catholiques ont toujours souligné

    combien était importante pour eux la possiblité d’une collaboration

    continue au sein de la Commission Foi et Constitution. Le COE en aucun cas

    ne souhaite changer quelque chose.

    APIC: Avez-vous l’impression que les progrès obtenus au sein de la commission Foi et Constitution concernant l’ecclésiologie ont trouvé un écho dans

    la déclartions de l’Eglise catholique, par exemple dans le nouveau Catéchisme?

    K. Raiser: Je dois avouer que je n’ai pas encore étudilé le nouveau

    Catéchisme en détail à ce sujet. C’est une oeuvre très riche et il faut un

    certain temps pour l’étudier d’un bout à l’autre. je découvre beaucoup de

    choses qui sont analogues aux résultats du travail et au positions

    discutées au sein du COE. Il existe une large part de la communauté dans

    laquelle on a une ecclésiologie de communion; la déclaration de l’assemblée

    générale du COE à Camberra qui parle de l’unité de l’Eglise comme

    "Koinonia" (communauté, communion) est un exemple dans ce sens. D’un

    autre côté, il y a les récentes déclarations de l’Eglise catholique et en

    particuklier la lettre du cardinal Ratzinger, préfet de la Congréfgation

    pour la docrtine de la foi, qui donnent un accent très différent sur

    l’Eglise comprise comme communion et qui nécessitent des éclaicissements

    supplémentaires. Mais il faut constater que nous continuions à

    travailler sur ces points avec nos partenaires catholiques dans le cadre

    de Foi et Constitution. Nous devons voir ce que vont donner ces

    éclaicissement, car la lettre du cardinal Ratzinger n’est pas resté sans

    oppostion au sein de l’Eglise catholique. Et le transfert de l’accent des

    églises locales à l’Eglise universelle, là où précisemment le Concile

    Vatican II ouvrait des perspectives importzantes; la signification

    centrale du rôle et du primat du pape et leur reconnaissance comme

    condition indispensable pour l’unité visible, ne peuvent pas être

    accpezrtlé sous cette dorme par les Eglises membres du COE.

    APIC: Qu’espérez-vous de la cinquième assemblée générale de de la

    Commission Foi et constitution?

    K. Raiser: J’espère naturellement que cette cvonférence mettra en valeur

    les grands efforts accompli deopui 20 ans par la Commission en vue de

    l’éclaircissement des conditions de base données auparavant. Deuxi9èmenment

    j’espère que dans les domaines de la compréhension et de la partique

    commune du baptême, de l’Eucharistie et du ministère on formule des voies,

    comme on l’a fait pour la déclaration de Lima. Les Eglises ont réagit dans

    des expertises détaillées. Ce premier processus a eu des répercussions. Je

    pense que cette conférence doit maintenant formuler des recommandations

    pour poursuivre ce processus au delà de l’étatz actuel. Troisièmement,

    j’espère que la conférence développera dfes perspectives dans lesquels les

    principauxc points du travail de la Commssion dans les années prochaines

    seront fixés. Les conférences mondiales ont lieu maintenant après de très

    longs intervalles. J’espère par exemple que la Conférence mondaile stimule

    la CXommision à réflechir à nouveau de quelle unité et d’accord propre et

    explicite. Je me pose la question s’il existe un point déterminé à partir

    duquel on peut dire: ’c’est assez’. La Confession d’Augsbourg, le texte de

    reconnaissance de la tradition luthériennne prévoit dans son article sept

    que cela suffit à l’unité de l’Eglise si l’Evangile est proclamé

    clairement et que les sacrements sont administrés slon l’Evangile. Cela

    parait trop minimaliste que la définition de chaque point. Mais je pense

    que lorsqu’on engage la discussion à ce sujetz ou par exemple la

    propostiion de "hiérarchie des valeurs" contenue dans le décret de Vatican

    II sur l’oecuménisme, il doit être possiblke de dépasser un étéat dans

    lequl lors de chaque dialogue de nouveau problèmes sont définis et qui

    demandent un éclaircisseiment, si bien que l’affaire devient

    interminable. Cela ne peut pas dans la durée être le sens de notre

    recherche de l’unité. Il doit y avoir une possibilité lgétime moralement

    de dire: ’maintenant c’est assez’. Nous devons être conscients que nous

    vivons dans une communauté avec l’Evangile et malgré les différences

    pesristantes cela doit être exprimé dans un témoigange joyeux. Si on veut

    utiliser un terme technique, on peut dire que c’est une des tâches de

    l’herméneutique de l’unité. Je souhaite que la Commission Foi et

    Constitution engage la discussion sur la recherche fructueuse de

    l’herméneutique des années 60 et 70. par rapoort à la situation actuelle.

    APIC: Comment abordez-vous les tensions qui ont surgi au COE à propos de

    l’ordination des femmes?

    K. Raiser: Les tensions qui ont surgis après la décision de l’ordination

    des femmes dans l’Eglise angliucane d’Angleterre ne sont pas nouvelles dans

    le dialogue oecuménique. Toutes les Eglises qui jusq’à présent ont pris

    cette décsions se trouvées confonté à des tensions. Dans aucune Eglise

    cette décision n’a été prise facilementz. La communauté oecuménique dans

    leaquelle les Eglises se trouvvent aujourd’hui ensemble exige que les

    Eghlies respectent les décsions prises sérieusement et après un exament

    approfondi sur les conséquences théologiques, pastoralers et

    oecuméniques. Le même respect vaut aussi pour les Eglises qui

    refusent l’ordination des femmes parce contraire à leur

    tradition et contraire éà leur interprétation du Nouveau Testament. je

    viens moi-même d’une Eglise qui depuis 20 ans ordonne des femmes à la

    prétrise et je peux témoigner que cette voie a enrichi la vie et le

    témoignage de notre Eglise. J’espère que les Eglise qui refgusent

    l’ordination des femmes puissent trouver des voies popur exprimer de façon

    plus forte le témoignage des femmes dans la vie de l’Eglise. Le COE veut

    s’efforcer de transformer ces tensions en une chance pour l’enseignement

    oecuménique.

    APIC: Ces dernières années, le COE a été critiqué pour déclarations

    politiques que certains estiment unilatérales. Je pense en particulier à

    la politique en Europe de l’Est. Comment voyez-vous les futurs engagements

    du COE?

    K.Raiser: La prise au sérieux d’une responsabnilité piolitique commune

    dans le cadres de la justice et de la paix est depuis le début un des

    engagement centraux du mouvement oecuménique.

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