Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Affaire du carmel d’Auschwitz (110889)

    APIC Interview

    "Nous sommes très traumatisés", affirme le président du CRIF

    Paris, 11août(APIC) "Nous sommes particulièrement secoués en apprenant la

    déclaration du cardinal Macharski, archevêque de Cracovie, suivant laquelle

    il entend mettre un terme aux Accords de Genève conclus entre une délégation catholique et une délégation juive et portant sur l’éloignement du

    carmel du camp d’Auschwitz au plus tard le 22 juillet 1989", déclare Jean

    Kahn, depuis deux mois président du CRIF, le Conseil représentatif des institutions juives de France. Il déplore en particulier que "par sa décision

    unilatérale, les signatures de Mgr Decourtray et Mgr Lustiger aient été en

    quelque sorte bafouées"

    Jean Kahn, dans une interview accordée à l’agence APIC, souligne que la

    déclaration de Mgr Decourtray, selon laquelle les Accords de Genève ne seront pas remis en cause, "nous rassure dans une certaine mesure, bien que

    nous nous posions la question de savoir si Mgr Macharski, qui est l’évêque

    de la circonscription où se trouve le camp d’Auschwitz, voudra bien exécuter ce que la délégation catholique s’était engagée à faire".

    "Ne pas ’déjudaïser’ les camps de la mort"

    "Nous considérons que c’est un acte grave, parce qu’il s’insère dans

    tout un processus où nous souhaitons que les camps de la mort - où ont été

    exterminés essentiellement des juifs, six millions, dont 1,5 millions d’enfants - ne puissent pas être ’déjudaïsés’ ou même dans une certaine mesure

    christianisés", déclare le président du CRIF. Et d’ajouter, mettant nommément en cause le Vatican : "Nous souhaitons que l’on laisse les morts reposer en silence, le même silence qui a prévalu au moment de leur extermination".

    "Nous souhaitons vraiment de tout coeur que nous puissions continuer le

    dialogue fructueux entre juifs et catholiques, poursuit-il, mais cependant

    ce qui nous émeut, c’est la récente déclaration du pape où il déclare en

    substance que le peuple juif était devenue infidèle envers son Dieu; je

    crois que cela mérite réflexion, et pour certains catholiques que j’ai interrogés, connaissant la théologie, c’est un retour en arrière qui remet en

    question tout ce qui avait été conclu entre juifs et catholiques à Seelisberg, dans les années 50, ou lors du Concile Vatican II avec l’Encyclique

    ’Nostra Aetate’ du bon pape Jean XXIII".

    "En cas de transfert, l’incident sera considéré comme clos"

    Pour Jean Kahn, il faut maintenant attendre qu’il y ait une preuve concrète de la volonté de l’Eglise de réaliser les accords conclus et "si nous

    constatons que véritablement ces accords sont respectés, et bien nous pensons que nous pourrons considérer l’incident comme clos, mais pour l’instant, nous sommes très traumatisés". Il dénonce "la volonté concertée de

    l’Eglise" de construire dans tous les camps de la mort des symboles chrétiens, "qu’il s’agisse de Sobibor, avec des capucins, de Birkenau avec des

    franciscaines, Majdanek, avec une chapelle, etc...". A ses yeux, cela signifie que dans cinquante ou cent ans, lorsque l’on visitera les sites des

    camps de la mort, il n’y aura plus qu’une présence chrétienne.

    Concernant les manifestations et actions violentes perpétrés par des militants juifs américains contre le carmel d’Auschwitz, Jean Kahn affirme

    qu’il ne fait pas partie des gens qui préconisent des méthodes violentes,

    mais plutôt le dialogue. Il admet que ces "militants un peu plus excités

    que d’autres" ont eu le mérite de faire dire à Mgr Macharski ce qu’il pensait depuis longtemps. "Lorsque l’on pense que, maintenant, l’on nous parle

    de deux ans, et puis de huit ans et de dix ans pour construire un carmel à

    500 mètres, alors que l’on sait que des centaines d’églises sont en cours

    de construction en Pologne et qu’elles sont construites dans un délai record; l’on peut effectivement dire qu’il y a véritablement de la mauvaise

    volonté de la part de l’Eglise polonaise".

    Jean Kahn souligne finalement qu’il fait ces déclarations dans le respect de la hiérarchie catholique française, "que nous considérons être de

    bonne foi et comprenant notre sensibilité". (apic/be)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus