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    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    Le texte contient 121 lignes (max. 75 signes), 994 mots et 6550 signes.

    apic/Imed/Rome

    ?"Universi Dominici Gregis" ou la liberte de l’electeur. Jean-Paul II,

    comme presque tous ses predecesseurs en ce siecle, a effectue une remise a

    jour des normes regissant la vacance du Siege apostolique et l’election du

    Pontife Romain. La nouvelle Constitution Apostolique maintient les

    elements essentiels du conclave mais introduit des innovations, d’abord

    tres pratiques, mais surtout propres a assurer un maximum de liberte et

    de responsabilite personnelle aux electeurs.

    ?Concretement. Jean-Paul II devait y penser depuis longtemps: n’avait-il

    pas ete elu, avec les cardinaux Guerri et Thiandoum, membre de la

    commission chargee des amenagements qui ont rendu le deuxieme conclave de

    1978 moins inconfortable? Au lieu de l’amenagement precaire du musee d’art

    moderne, entre autres, les cardinaux electeurs resideront donc dans la

    Maison Sainte-Marthe, ou les appartements comportent tous, meme les

    "studios", une salle de bains! Rendez-vous pour une visite de la presse une

    fois les travaux finis. Il a fallu renover et surelever les deux ailes de

    l’hospice Sainte-Marthe. On a place la chapelle au centre.

    ?La "cloture" est maintenue: non seulement aucune personne etrangere au

    conclave ne pourra y acceder, mais les communications avec l’exterieur, par

    quelque technologie que ce soit, sont interdites. Mgr Jorge Maria Mejia,

    Secretaire du College cardinalice en expliquait les raisons ce matin a la

    presse en presentant le nouveau document: il s’agit de favoriser

    l’ambiance d’une authentique "retraite", a l’ecoute de l’Esprit Saint.

    Nouveaute a noter: plus d’election en dehors du Vatican. En cas d’epidemie

    ou autre empechement, Mgr Mejia rappelait que les decisions a prendre, au

    cas par cas, dependraient des cardinaux qui pourraient alors rejoindre les

    lieux. En 1800, face a l’arrivee de Napoleon, ils s’etaient refugies a

    Venise.

    ?Les votes, quant a eux, auront toujours lieu en la Chapelle Sixtine. Et

    seule l’election par scrutin sera desormais possible: la Constitution

    abolit la possibilite d’une election par "acclamation" ("inspiration" du

    Saint-Esprit="proclamation" fait "librement et spontanement", et a haute

    voix, par les electeurs unanimes) ou "compromis" (par quelques "delegues"

    au cas ou l’election durait trop).

    ?Il semble que la encore, l’accent soit mis sur la responsabilite

    personnelle des electeurs. A 120, un moment de distraction est toujours

    possible -on est en train d’ecrire ou l’on entend mal-: l’acclamation

    presente trop d’incertitude, source de difficultes ulterieure (cas d’Urbain

    VI, influence de C. de Sienne ). On pourrait aussi "confondre l’inspiration

    du saint Esprit avec n’importe quelle autre manifestation", releve Mgr

    Mejia. "Deresponsabilisation" aussi, si l’on delegue l’election a un petit

    nombre. Une option qui correspond a notre epoque "democratique", commente

    Mgr Mejia. Dans le meme sens, les operations de vote et les scrutins sont

    proteges par un secret rigoureux: ils y sont toujours tenus par serment.

    Les cardinaux eventuellement contrevants encourrait une peine laissee au

    jugement misericordieux du Pape.

    ?Autre "interdit", menageant leur independance par rapport a des

    "conditionnements humains", selon les termes de Mgr Mejia, celle des

    "capitulations", c’est-a-dire d’une forme "d’accord prealable" a l’election

    et devenant condition pour elire un tel, le candidat se trouverait par la

    suite "plus ou moins lie". Rien n’empeche pour autant la reflexion du

    "profil" necessaire au futur Pape, de son "identikit".

    ?Enfin, seuls les cardinaux, reunis en college, sont electeurs legitimes,

    la Constitution le reaffirme en precisant pourquoi. Cette norme garantit a

    la fois la romanite et l’universalite du succeseur de Pierre. Les cardinaux

    representent le clerge de Rome, or le Pape est eveque de Rome. Et le

    college cardinalice est aussi compose d’eveques residentiels du monde

    entier et de diverses cultures: c’est sa dimension universelle. Pas

    question, donc, des presidents des conferences episcopales. Quant a la

    regle des 80 ans, "pour le moment, c’est ainsi", commentait Mgr Mejia,

    ajoutant que cela pourrait eventuellement changer avec des possibilites de

    "prolongement de la vie". (Les 60 ans d’hier correspondent aux 80

    d’aujourd’hui!)

    ?Romanite et universalite encore, les cardinaux de plus de 80 ans, qui ne

    participent pas aux scrutins, mais toujours aux Congregations generales,

    sont invites a animer la priere du Peuple de Dieu dans les basiliques

    romaines et dans les dioceses du monde. Une autre facon de garantir la

    liberte des electeurs, et une forme de participation de tous les fideles a

    l’election: "une action de toute l’Eglise", souligne Mgr Mejia. Enfin,

    comme auparavant, et pour favoriser un climat de "spiritualite profonde qui

    doit entourer les differentes phases de l’election du Successeur de

    Pierre", deux ecclesiatiques donneront une meditation sur la situation de

    l’Eglise et l’importance de l’acte "sacre" a accomplir. Acte juridique et

    non moins "liturgique". Les autres normes sont regies par le rituel deja

    existant pour l’election du souverain Pontife, rappelle le Secretaire du

    college.

    ?On attendait du nouveau a propos de la navette entre la maison

    Sainte-Marthe et la Chapelle Sixitine: la decision, precise Mgr Mejia, ne

    necessite aucun Motu proprio, les dispositions seront prises au moment

    meme.

    ?Enfin, ce n’est pas la sante du Pape - "parfaite", selon Mgr Mejia, "cela

    n’a rien a voir avec une situation personnelle" - qui provoque cette

    publication aujourd’hui. Simplement, les canonistes ont termine leurs

    travaux, et le Pape les a duement revus et approuves. "Universi Dominici

    Gregis", est date du 22 fevrier 1996, en la fete de la Chaire de

    Saint-Pierre. Elle a force de loi constitutionnelle de l’Eglise. La

    Constitution Apostolique de Paul VI, "Romano pontifice eligendo" du 1er

    octobre 1975, avait precedemment remplace celle de Pie XII, du 8 dec. 1945,

    "Vacantis Apostolicae Sedis" et le Motu proprio "Summi Pontifici Electio",

    de Jean XXIII, du 5 septembre 1962. Remise a jour par laquelle Paul VI

    voulait etablir des normes "conformes a la situation actuelle et

    correspondre au bien de l’Eglise". " et au bien du Peuple de Dieu" dit le

    document de Jean-Paul II, en termes conciliaires. Meme souci d’une reforme

    a l’autre. En revanche rien n’est dit sur la tradition des "fumees du

    Vatican", "folkloriques" selon Mgr Mejia. On a laisse de l’espace pour la

    creativite des cardinaux!

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