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    apic/Haiti/Evêques/Invasion

    Haïti: Les évêques condamnent une (110894)

    éventuelle intervention militaire

    La résolution 940 du Conseil de sécurité jugée "immorale et scandaleuse"

    Port-au-Prince, 11août(APIC) Les évêques catholiques d’Haïti, dans une

    lettre pastorale publiée mercredi à Port-au-Prince, ont résolument condamné

    l’éventualité d’une intervention militaire, jugeant "immorale et scandaleuse" la résolution 940 du Conseil de sécurité. Ils protestent vivement contre la décision de l’ONU de donner le feu vert à une invasion militaire de

    l’île pour en chasser les militaires putschistes qui ont évincé le président Aristide en septembre 1991.

    Selon la hiérarchie ecclésiale de l’île caraïbe, la décision de l’ONU

    est illégale du point de vue juridique, étant donné qu’"Haïti ne représente

    aucune menace pour la paix et la sécurité dans la région". Il n’y a donc

    pas de raison pour une intervention armée de la part de la communauté internationale.

    Une invasion militaire signifierait un renforcement de la spirale de la

    violence institutionnalisée dans le pays et une accélération de la désintégration au niveau familial, religieux et socio-écomomique, craignent les

    évêques. Parmi les habitants, une telle invasion ne peut provoquer qu’un

    sentiment de peur et de révolte.

    Des religieux reprochent l’"incroyable froideur" des évêques haïtiens

    La plupart des évêques du Haïti - à l’exception notable de Mgr Willy Romelus, le courageux évêque de Jérémie - ne soutiennent pas le président légitime Jean-Bertrand Aristide. Il vit en exil depuis le coup d’Etat militaire du 30 septembre 1991, considéré comme l’épisode le plus sanglant de

    l’histoire d’Haïti. De nombreux prêtres et religieux en Haïti reprochent à

    la Conférence épiscopale son "incroyable froideur" face à la vague de répression qui a fait déjà plusieurs milliers de morts et le sauve-qui-peut

    de milliers de boat-people, qui préfèrent risquer leur vie sur des rafiots

    plutôt que de subir le terrorisme quotidien du régime.

    Ils s’étonnent que la Conférence épiscopale, habituellement plutôt silencieuse sur les violations quotidiennes des droits de l’homme, dénonce

    l’embargo et la décision d’intervention de l’ONU. Sur place, beaucoup de

    gens interprètent ces prises de position comme un appui implicite au pouvoir "de facto". (apic/cic/cx/fs/be)

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