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    apic/Haïti/ Commission Juristes

    Genève: La commission internationale de juristes (051094)

    exige le rétablissement de l’Etat de droit en Haïti

    "Les coupables des crimes les plus

    graves doivent être traduits en justice"

    Genève, 5octobre(APIC) Adama Dieng, secrétaire général de la Commission

    internationale de juristes (CIJ), ONG ayant le statut de consultant auprès

    des organisations internationales, a déclaré mercredi à Genève que "le rétablissement de l’Etat de droit en Haïti exige que les coupables des crimes

    les plus graves soient traduits en justice".

    Au moment même où siège le Parlement haïtien en session extraordinaire

    sur convocation du président Jean-Bertrand Aristide, le CIJ tient à réaffirmer l’urgence de rétablir l’Etat de droit en Haïti et d’assurer le retour au pouvoir de ses autorités légitimes. La CIJ, qui n’a cessé de condamner devant les instances internationales l’arbitraire qui règne dans le

    pays, rappelle que les autorités "de facto", sous la direction du général

    Raoul Cédras, se sont livrées à une persécution systématique des opposants

    en jonchant le sol haïtien de cadavres et en se livrant à la torture.

    Pas d’amnistie totale et complète

    Le CIJ déclare en outre que le droit international applicable en Haïti

    n’autorise pas à accorder une amnistie totale et complète. L’amnistie qui

    est actuellement en discussion pourrait s’appliquer à certains responsables

    des exactions commises, y compris celles résultant du coup d’Etat. "Mais en

    respectant le droit international, l’amnistie ne pourra pas s’appliquer aux

    coupables de crimes particulièrement odieux, tels les assassinats d’opposants, les disparitions forcées et les tortures les plus graves infligées

    aux détenus", a déclaré encore Adama Dieng. Dans de tels cas, l’Etat s’est

    engagé vis-à-vis des autres Etats et devant ses propres citoyens à mener

    des enquêtes impartiales, traduire en justice les auteurs présumés de tels

    actes, leur appliquer des peines appropriées et accorder une réparation

    adéquate aux victimes. En vertu du droit international, un gouvernement ne

    peut se libérer des obligations contractées en adoptant simplement une loi

    d’amnistie, a jouté le secrétaire général du CIJ.

    Suite aux discussions qu’elle a eues avec le président Aristide, la CIJ

    s’engage enfin à contribuer à la restauration du système judiciaire en Haïti, à organiser des cours de formation en droits de l’homme pour les magistrats et à apporter son assistance à la révision des lois haïtiennes pour

    les rendre conformes avec le droit international et à promouvoir les services juridiques en milieu rural. A travers ces actions, le CIJ ambitionne de

    rétablir la confiance de la population en l’administration de la justice et

    d’assurer la garantie du fonctionnement indépendant du pouvoir judiciaire

    qui constitue le pilier même de la démocratie.

    La Commission internationale de juristes, dont le siège est à Genève est

    une organisation internationale non gouvernementale ayant un statut consultatif auprès de l’ONU, de l’UNESCO, du Conseil de l’Europe et de l’OUA. La

    CIJ est constituée de juristes issus du monde entier et compte 75 sections

    nationales et organisations affiliées. (apic/com/ba)

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