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    apic/Haiti/ Amnesty

    Haïti: Amnesty International constate des progrès (070296)

    Accélérer les réformes du système judiciaires

    Bruxelles, 7février(APIC) A l’heure où le président élu René Préval prend

    ses fonctions à Port-au-Prince, Amnesty International reconnaît que la situation s’est considérablement améliorée en Haïti par rapport aux graves

    violations des droits fondamentaux qui caractérisaient le gouvernement militaire du général Raoul Cédras.

    Les contradictions et la confusion qui continuent de régner dans le pays

    risquent cependant de renforcer le sentiment partagé par une grande partie

    de la population haïtienne, à savoir que la seule façon d’obtenir justice

    est de se faire justice soi-même.

    Dans son rapport publié le 7 février, Amnesty International craint que

    le maintien de l’ordre ne soit plus assuré en Haïti, ce qui pourrait avoir

    de graves conséquences pour le respect des droits de l’homme. La situation

    pourrait empirer si les forces des Nations-Unies, qui ont aidé les autorités haïtiennes à maintenir l’ordre, se retiraient avant que les réformes de

    la police et du système judiciaire ne soient solidement mises en place.

    Progrès fragiles

    En janvier, en l’espace d’une semaine, sept personnes auraient été lynchées par des foules en colère. Le risque d’un accroissement de la violence

    est d’autant plus grand que les problèmes économiques et sociaux perdurent.

    En outre, le désarmement des anciens membres de l’armée et des milices est

    loin d’être achevé. Alors que nombre d’entre eux sont soupçonnés de participer à des activités criminelles. Très peu a été fait pour traduire en

    justice d’anciens responsables de violations des droits de l’homme.

    Les initiatives prises par le président sortant Jean-Bertrand Aristide,

    avec l’aide d’autres gouvernements et d’organisations internationales, commencent à peine à porter leurs fruits, relève Amnesty. Et de citer: le démantèlement des anciennes forces armées; l’interdiction des organisations

    paramilitaires; la mise en place d’un nouveau corps de police; l’institution d’une Commission nationale de Vérité et de Justice; la réforme du système pénitentiaire et du système judiciaire.

    Or, note Amnesty, on parle d’un retrait probable en juillet de la Mission Civile Internationale en Haïti (MICIVIH), Mission mise en place par

    l’Organisation des Etats Américains (OEA) et par les Nations-Unies pour

    veiller au respect des droits humains et pour aider au rétablissement des

    institutions. La Mission des Nations-Unies en Haïti (MINUHA), composée de

    soldats et de policiers de divers pays, dont les effectifs ont déjà fortement diminué, risque aussi de se retirer entièrement au mois de juillet.

    Justice à la traîne

    Les raisons du mauvais fonctionnement de l’appareil judiciaire sont multiples: insuffisance de la formation, manque d’expérience et de moyens,

    crainte de représailles. Amnesty estime toutefois que les autorités haïtiennes pourraient contribuer davantage à améliorer la situation.

    Même si des enquêtes sont en cours, observe Amnesty International, en

    fait, très peu de poursuites ont été engagées contre des membres de la police qui ont tiré sur des civils non armés en tuant plusieurs d’entre eux.

    Il en va de même pour les gardiens de prison qui ont passé à tabac des prisonniers, y compris des mineurs.

    Aux yeux d’Amnesty, si l’on veut mettre fin au climat d’impunité qui

    règne en Haïti depuis des décennies et si l’on veut prévenir de nouvelles

    violations des droits fondamentaux, il faut prendre les mesures nécessaires

    pour arrêter les auteurs des violations passées et actuelles. Les accusés

    doivent alors bénéficier d’un procès équitable et tous les faits relatifs à

    ces affaires devraient être rendus publics.

    Amnesty International lance un appel au gouvernement du président René

    Préval pour qu’il intensifie les réformes judiciaires lancées par le président Aristide. L’organisation demande aussi à la communauté internationale

    d’appuyer ces efforts, et de poursuivre sa mission d’observation des droits

    humains. (apic/cip/mp)

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