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    apic/Guatemala/Arrivée du pape/accueil enthousiaste/

    Guatemala: Jean-Paul II a reçu un accueil triomphal (060296)

    Le pape arrive à un "moment joyeux", des accords de paix en vue

    De notre envoyé spécial Jean-Marie Guénois

    Guatemala Ciudad, 6février(APIC) L’arrivée de Jean-Paul II lundi soir à

    Guatemala Ciudad, pour la première étape de son périple d’une semaine en

    Amérique centrale, a été triomphale. Des centaines de milliers de personnes

    l’ont acclamé le long de la route jonchée de sciure de bois colorée balisant le convoi jusqu’au centre ville. Dans son premier message, Jean Paul

    II a lancé un appel en faveur d’une paix durable, de la réconciliation et

    du dialogue.

    L’enthousiasme et la cohue étaient tels que la papamobile a dû rouler au

    pas, dans les rires, les chants et les cris. Entourant l’habitacle de verre

    dans laquelle le pape se tenait debout, les gardes du corps étaient sur les

    dents.

    Ici, des gosses juchés sur le toit d’une voiture, là, une pluie de

    fleurs mauves, plus loin une famille entière enveloppée dans une couverture

    indienne. Les sourires débordent, mais le dénuement ne trompe pas. JeanPaul II visite pour la deuxième fois un pays miné par quatre décennies de

    violence, où 80 % de la population vit dans la pauvreté. En 1983, il était

    venu s’unir "au calvaire" de ce peuple.

    Aujourd’hui, comme il l’a relevé à son arrivée à l’aéroport international de "La Aurora", il arrive au "moment joyeux" où des accords de paix

    pourraient être signés. Une "paix urgente", précise Jean-Paul II à l’unisson des évêques. Elle reste en effet à construire.

    Le nouveau président de la République, Alvaro Arzu Irigoyen, un catholique, reçoit son hôte au pied de l’avion. Sous l’immense drapeau bleu et

    blanc frappé du "quetzal", l’oiseau symbole du pays, il relève que ce "marque un signal décisif sur la voie de notre réconciliation. (...) Vous êtes

    le messager de la paix (...) et vous nous aidez à dépasser nos divisions et

    nos conflits." A quelque distance, on entend le bruit des armes maniées habilement pour la parade par des bataillons de petits soldats Mayas.

    Une Eglise pas dupe pour tout autant

    Dans cette nouvelle bataille, l’Eglise veut tenir sa place, sans être

    dupe pour autant: elle connaît trop bien la dure réalité du pays. Mgr Mario

    Enrique Rios Mont, évêque auxiliaire de Guatemala Ciudad, confiait dans

    "L’Osservatore Romano du 4 février":"Les conquêtes sociales obtenues l’ont

    été davantage par peur que par conviction. Elles sont insignifiantes au regard des graves dommages subis par la population. Et la réaction des gouvernements a plutôt consisté dans la répression plutôt que dans l’élimination des causes de l’injustice qui avait déclenché les conflits."

    Dénonciation de l’agressivité et de l’expansion des sectes

    Trouver la voie d’une "vraie justice sociale, qui n’est pas fondée sur

    l’idéologie", comme l’a dit le pape dans l’avion qui l’emmenait vers le Guatemala, représente donc un "premier défi" à affronter pour l’Eglise. Il en

    est un second, seulement entrevu lundi soir mais qui devait être plus amplement développé dans la journée de mardi: "l’agressivité et l’expansion

    des sectes". Celles-ci, rappelle Mgr Cipriano Calderon Polo, vice-président

    de la Commission pontificale pour l’Amérique latine, infiltrent particulièrement les milieux indigènes et paysans. Plusieurs sources s’accordent pour

    estimer qu’elles touchent un quart, voire un tiers d’une population à 85 %

    catholique, selon les chiffres du Vatican.

    Face à cette menace, le pape ne manquera pas d’inviter l’Eglise à insuffler "un dynamisme vigoureux" à l’évangélisation, comme il l’a déjà demandé en 1994 aux évêques du Guatemala venus à Rome pour la traditionnelle

    visite "ad limina". Il leur avait notamment recommandé de soigner la liturgie des messes, pour les rendre "attractives", et de donner aux fidèles une

    solide formation biblique. Difficile en effet de rivaliser avec les chaînes

    de télévision facilement disponibles au Guatemala, où se succèdent les prédicateurs américains de l’"église électronique".

    Solidarité avec les indigènes

    La "vraie justice sociale" est revendiquée aussi par les indigènes, que

    le pape considère avec beaucoup de respect, a-t-il dit aux journalistes qui

    l’accompagnent. Jean-Paul II plaide pour une égalité des droits, avec une

    insistance particulière sur l’accès à l’éducation, dans un pays qui compterait 40 % d’analphabètes. La marginalisation des indigènes ne peut laisser

    l’Eglise "ni silencieuse, ni passive", avait souligné le pape devant les

    évêques guatémaltèques en 1994, les encourageant à se rapprocher de cette

    population qui représente 60 % des habitants du Guatemala.

    Après avoir absorbé treize heures de vol dans la journée de lundi, le

    pape, qui n’est arrivé au Guatemala qu’en fin d’après-midi en raison d’un

    décalage horaire de sept heures, a aussitôt entamé sa visite avec deux discours. Il s’est couché à 22h (heure locale: 5 heures du matin en Europe !).

    Avant de se rendre au Nicaragua, ce mercredi, il a poursuivi mardi sa visite au Guatemala avec un rendez-vous attendu à Esquipulas, un lieu de pèlerinage très populaire où est vénéré le "Christ noir". (apic/jmg/cip/be)

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