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    apic/Grèce/Révision des lois discriminatoires/Attitudes anticatholiques

    Grèce: Les évêques catholiques grecs déplorent (171095)

    la situation faite aux Eglises minoritaires

    La guerre dans les Balkans: prétexte pour attaquer les catholiques

    Athènes, 17octobre(APIC) Les évêques catholiques de Grèce, dans un récent

    mémorandum adressé au ministre grec des affaires religieuses, demandent au

    gouvernement d’Athènes l’égalité de traitement pour les Eglises minoritaires, c’est-à-dire non orthodoxes. Les observateurs notent aussi, depuis le

    déclenchement de la guerre dans les Balkans, une augmentation des attaques

    contre les catholiques, ces derniers ayant même été accusés de "génocide

    contre les Serbes".

    Des attitudes hostiles contre les catholiques sont particulièrement perceptibles dans les endroits où les évêques orthodoxes présentent le conflit

    en ex-Yougoslavie sous l’angle de la "solidarité intra-orthodoxe". En effet, dans certains milieux orthodoxes, la guerre en Bosnie est considérée

    comme une croisade du Vatican contre l’orthodoxie; quelques volontaires

    grecs combattent d’ailleurs aux côtés des milices serbes.

    Portes closes à cause de l’appartenance confessionnelle

    Selon des sources catholiques d’Athènes, les attaques contre les catholiques se sont multipliées ces derniers temps dans le public. Des enfants

    catholiques sont ridiculisés par leurs camarades d’école à cause de leur

    manière de faire le signe de croix. Dans une lettre pastorale, Mgr Nikolaos

    Foscolos, archevêque d’Athènes et président de la Conférence épiscopale

    grecque, se plaint aussi que des jeunes catholiques à la recherche d’un emploi trouvent portes closes à cause de leur appartenance confessionnelle.

    Par ailleurs, la cathédrale latine d’Athènes a été récemment et à plusieurs reprises souillée par des inscriptions hostiles au pape, telles que

    "le pape, bourreau des Balkans", "Génocide contre les Serbes". Des médias

    grecs ont aussi reproché au pape d’avoir voulu torpiller la rencontre panorthodoxe de Patmos fin septembre et de ne pas avoir été prêt à y prendre

    part. L’archevêque catholique d’Athènes a immédiatement réfuté cette critique en déclarant que l’Eglise orthodoxe de Grèce elle-même avait fait savoir qu’une visite du pape était "inopportune", parce que le temps n’était

    "pas encore mûr".

    Les évêques catholiques de Grèce continuent par ailleurs à demander la

    révision des lois discriminatoires envers les communautés de croyants non

    orthodoxes. Il faut rappeler que constitutionnellement, l’Eglise orthodoxe

    est en Grèce l’Eglise de l’Etat, et que ce dernier considère les autres religions comme "étrangères" à la Grèce. Par conséquent, l’autonomie administrative de l’Eglise catholique, pourtant fondamentalement garantie, se

    trouve souvent remise en cause dans le cadre de l’administration de la justice.

    Les évêques catholiques mentionnent par exemple les difficultés qu’ils

    rencontrent ne serait-ce que pour construire une église. Dans ce cas, - cela concerne toutes les confessions minoritaires - il faut obtenir une autorisation de l’évêque orthodoxe du lieu. Comme ce dernier donne souvent un

    préavis négatif, les catholiques doivent imaginer moult stratagèmes pour

    obtenir de tels permis de construire. Cette exigence de l’autorisation octroyée par l’évêque orthodoxe, même si elle n’est pas officiellement contraignante, provoque "de facto" un préjudice pour les autres confessions

    chrétiennes.

    Il y a en Grèce environ 50’000 catholiques grecs de rite latin et 3’000

    de rite byzantin. Sans compter 140’000 catholiques immigrés - Polonais, Libanais, Chaldéens d’Irak, etc - qui ont beaucouip de problèmes au niveau

    pastoral: ils n’ont pas de paroisses à eux et doivent être intégrés aux paroisses existantes. Les catholiques de rite latin ont moins de problèmes

    que les byzantins, même si les droits du point de vue constitutionnel sont

    les mêmes pour les deux rites.

    Pour l’archevêque Foscolos, l’existence des catholiques en Grèce ne

    devrait pas faire peur à l’orthodoxie. Il n’y a, à ses yeux, aucune raison

    valable pour que certains représentants de l’orthodoxie voient la très petite minorité catholique comme une Eglise concurrente. L’existence de

    l’Eglise catholique en Grèce devrait au contraire être perçue comme une

    chance "que l’Orient et l’Occident apprennent à se connaître", dans la perspective de former un jour une seule communauté. En attendant, estime Mgr

    Foscolos, les catholiques grecs devraient pouvoir jouir des mêmes droits

    dont bénéficient les croyants orthodoxes grecs vivant dans les autres pays

    de l’Union européenne. (apic/kpr/ba/be)

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