Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Le texte contient 83 lignes (max. 75 signes), 854 mots et 5969 signes.

    apic/Genève/Protestants/Diocèses nouveaux

    L’Union protestante libérale genevoise déclare

    la guerre aux "privilèges de l’Eglise catholique" (130296)

    Pas d’érection de nouveaux diocèses, plus de nonce à Berne

    Genève, 13février(APIC) l’Union protestante libérale (UPL) de Genève ne

    veut pas d’une modification de l’article de la Constitution fédérale sur

    l’érection de nouveaux évêchés en Suisse. L’UPL en profite pour décocher

    ses flèches et pour s’en prendre au statut du nonce apostolique à Berne. A

    ses yeux, ce statut doit être supprimé. Quant à l’Eglise catholique en

    Suisse, elle "jouit de privilèges exorbitants et inadmissibles".

    L’UPL donne ainsi sa réponse à la Consultation du Conseil fédéral sur le

    projet de nouvelle Constitution fédérale. Dans sa lettre datée du 31 janvier, répercutée le 13 février par le Service de presse protestant, l’UPL

    explique pourquoi elle ne veut pas pas de modification de l’article qui

    prescrit: "Il ne peut être érigé d’évêché sans l’approbation de la Confédération".

    L’UPL réfute l’argument selon lequel cet article impliquerait une discrimination à l’encontre de l’Eglise catholique-romaine par rapport aux autres communautés religieuses.

    Selon l’UPL, cet article s’applique à toute Eglise dotée d’un système

    épiscopal, et non seulement à l’Eglise catholique. Elle rappelle néanmoins

    et surtout que l’Eglise catholique a une double nature: spirituelle (en

    tant qu’Eglise) et temporelle (en tant qu’Etat du Vatican). Pour l’UPL,

    l’Eglise catholique "est la seule Eglise ou communauté religieuse au monde

    à être sujet de droit international et à être considérée comme un Etat".

    Dès lors, estime l’UPL, la nomination des évêques, qui représentent le

    pape, apparaît comme une mesure à la fois spirituelle et politique. L’UPL

    ajoute que l’Eglise catholique est représentée à Berne par un nonce apostolique, qui a rang d’ambassadeur accrédité auprès des autorités politiques

    "et a des pouvoirs considérables. En outre, ce nonce jouit d’une préséance

    protocolaire au sein du corps diplomatique".

    Aux yeux des protestants libéraux genevois, ce "privilège est totalement

    injustifié. Il devrait être supprimé". L’Eglise catholique-romaine, affirment-ils encore, jouit de privilèges qu’ils qualifient "d’exorbitants et

    d’inadmissibles".

    Interrogé sur la modification éventuelle de cet article - il était encore au Conseil des Etats -, le libéral genevois Gilbert Couteau justifiait

    le "non" des protestants genevois sous prétexte que "la mémoire collective

    genevoise n’a pas encore totalement digéré les conflits du siècle dernier".

    Les protestants libéraux genevois, qui estiment que le Vatican, sur le

    plan international, ne se fait "pas faute de tirer parti de l’ambiguïté de

    son statut", ajoutent que l’article en question a été introduit dans la

    Constitution de 1874 non seulement en raison des conflits confessionnels de

    l’époque (Kulturkampf), mais surtout "parce que la qualité d’Etat reconnue

    juridiquement au Saint-Siège rendait cette modification indispensable".

    Relique du passé

    Relique effectivement héritée du Kulturkampf, l’obligation faite à

    l’Eglise catholique en Suisse de demander l’autorisation de la Confédération pour créer de nouveaux évêchés trouve donc ses partisans. Dont le

    Consistoire de l’Eglise nationale protestante genevoise (ENPG), l’UPL aujourd’hui, ou encore certaines Eglises réformées de Suisse romande, qui

    évoquent la paix confessionnelle pour justifier le maintien d’un article

    d’exception dans la Constitution fédérale... à la veille du 21e siècle.

    Pour le vicaire épiscopal genevois Jean-Paul de Sury, la décision de

    l’Union protestante libérale genevoise - les "lefebvristes" du protestantisme, dit-il - n’est pas surprenante. "Elle l’est d’autant moins que le

    Consistoire s’est prononcé en décembre à une nette majorité pour le maintien de cet article". "L’UPL n’est pas plus représentative de l’Eglise protestante que Mgr Lefebvre ne l’était pour l’Eglise catholique". "Notre déception, et même notre émotion, conclut le vicaire épiscopal, nous l’avons

    exprimée face à la décision du Consistoire de l’ENPG". Une décision qui

    n’est pas de nature "à faire progresser l’oecuménisme".

    Le sujet de la modification de l’article de la Constitution sur l’érection de nouveaux évêchés est bien moins sensible ailleurs qu’à Genève. La

    FEPS étudie effectivement la question, confirmait-on en octobre à Berne,

    après l’appui exprimé à l’ENPG par plusieurs conseillers de l’Eglise réformée évangélique du canton de Neuchâtel (EREN). "Des discussions ont lieu

    avec les cantons et notamment Genève, affirmait la Fédération des Eglises

    protestantes de la Suisse. Qui admettait que les positions varient sensiblement d’un endroit à l’autre. "Les Romands sont en faveur du maintien. Or

    tel n’est pas forcément le cas en Suisse centrale ou à Zurich, en raison

    notamment de l’affaire Haas".

    Quant aux évêques suisses, ils appellent de leurs voeux la création de

    nouveaux diocèses afin d’alléger leur travail. Dans une intervention en décembre 1994 lors de la conférence de presse de la Conférence des évêques

    suisses (CES), Mgr Pierre Mamie, alors président de la CES, avait à nouveau

    brisé une lance en faveur d’un redécoupage des diocèses suisses, nécessité

    par des charges pastorales en constante augmentation. Combien va-t-il encore falloir "user" d’évêques avant de changer les frontières des plus grands

    diocèses, si grands qu’ils rendent parfois la fonction épiscopale "inhumaine", relevait l’ancien évêque de Lausanne, Genève et Fribourg. (apic/sppPierre Rottet)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus