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    apic/Genève/ENPG/Réduction de 17 postes de pasteurs/Solution originale

    Genève:Consistoire de l’Eglise nationale protestante de Genève(020297)

    Face à la situation financière inquiétante, l’Eglise protestante innove

    Réduction de 17 postes par le biais de la retraite anticipée "active"

    Genève, 2février(APIC) La situation financière de l’Eglise nationale protestante de Genève (ENPG) est grave: en l’état actuel, il serait impossible

    à l’ENPG d’honorer les salaires de ses ministres d’ici deux ans. Pour faire

    face à un déficit structurel insurmontable, l’ENPG va supprimer 17 postes

    de pasteurs par le biais de la retraite anticipée. Ces "jeunes retraités"

    pourront toutefois rester au service de l’Eglise par le biais d’un "contrat

    ministériel non rémunéré".

    Dix sept, c’est en effet le nombre de postes salariés manquants dans le

    budget 1997-1998, adopté en fin de semaine par l’autorité de l’ENPG. Jeudi

    30 janvier, le Consistoire s’est résolu quasi unanimement à ce sacrifice.

    Le pasteur Marc Faessler, responsable des finances, note qu’il n’était

    pas question d’accepter de mises au chômage. "Le Conseil de l’Eglise s’est

    résolu à mettre tout en oeuvre pour réduire au maximum le déficit structurel du budget. Il a cependant cherché des solutions originales qui puissent

    avoir un sens ecclésiologique et attester d’une solidarité réelle".

    Donateurs privés sollicités

    En fait de solution originale, il s’agit plutot d’un petit miracle bien

    ficelé: les dernières réserves disponibles de l’Eglise permettent de proposer aux ministres âgés de 55 à 64 ans le 1er avril 1997 un plan de retraite

    anticipée. Grâce à ces six millions de francs pris dans le capital, les

    jeunes retraités pourront compter sur une rente de 6’300 francs, c’est-àdire proche de leur salaire actuel. Au budget, l’opération ne dépasserait

    pas 200’000 francs pour l’exercice 1997-1998, 160’000 francs les années

    suivantes.

    De plus, un "fonds de solidarité aux ministères" est créé, destiné à récolter auprès de donateurs privés des dons de soutien qui devraient permettre de couvrir tout ou partie de ces montants budgetés. 850’000 francs ont

    d’ores et déjà été promis à ce fonds. Voilà pour l’aspect financier. Il

    reste que les 24 ministres actifs concernés par la réduction de 17 postes

    pourraient tout de même avoir l’impression que l’Eglise se débarrasse

    d’eux, qu’elle se refait une santé sur le dos de leur vocation personnelle.

    La retraite active

    Le Conseil a imaginé pour eux la possibilité d’un "contrat ministériel

    non rémunéré" - en quelque sorte un statut de ministre bénévole, officiellement reconnu. Sans être obligatoire, cette solution permettrait à ces

    jeunes retraités de poursuivre leur activité en tant que ministres au sein

    de l’ENPG. En même temps, ce serait une aide précieuse pour l’Eglise, qui

    aura dorénavant à organiser sa vie autour de seulement 77 postes de ministres. Car tel est bien l’objectif: en ne comptant que 77 postes au budget

    97-98, l’ENPG parvient enfin à rééquilibrer ses comptes. Il n’en résultera

    en fait que 220’000 francs de déficit sur l’exercice. Une paille en comparaison des 16 millions de francs de dépenses annuelles.

    Certes, si l’on regarde de plus près le compte de recettes et dépenses

    ordinaires (legs non compris, donc), il reste encore à économiser 2 millions de francs. Néanmoins, le pasteur Marc Faessler estime cette cible

    raisonnable. Le Consistoire l’a approuvé par une écrasante majorité.

    (apic/spp/be)

    Encadré

    Débat sur la réorganisation de l’ENPG:Délégués perplexes

    Quant à la réorganisation de l’Eglise imposée par cette diminution des postes, il en a été question vendredi 31 janvier. Réclamée pour pouvoir débattre des enjeux de la restructuration en cours dans l’Eglise nationale protestante de Genève, la session du Consistoire de vendredi a laissé ses délégués perplexes.

    "Sans doute un sentiment d’impuissance face à l’énormité de la tâche,

    estiment les consistoriaux.... Nous ne pouvons trop nous avancer, alors que

    la réflexion est en cours à la base, dans les Conseils de paroisse et les

    ministères spécialisés... Il est difficile de définir quels changements

    rendraient l’Eglise plus proche des besoins et des préoccupations de la société..." Manifestement, l’ENPG est entrée dans une phase de chantier, elle

    se cherche des fondements. (apic/spp/be)

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