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    apic/Gaillot/un an après...

    France: L’affaire Gaillot un an après

    Pas de responsabilité épiscopale pour l’ex-évêque d’Evreux (120196)

    Paris, 12janvier(APIC) Un an après la révocation de Mgr Jacques Gaillot

    comme évêque d’Evreux, le 13 janvier, la question de son statut reste entière. Une lueur est née après la visite de Mgr Gaillot au pape le 21 décembre. Aussitôt éteinte par les déclarations du président de la Conférence

    des évêques de France, Mgr Joseph Duval, qui avait écarté toute possibilité

    de voir Mgr Gaillot devenir l’évêque des exclus. Les déclarations faites à

    Paris laissent entendre qu’en dehors d’un ministère sacertotal, il n’y aura

    pas de responsabilité épiscopale pour Mgr Gaillot.

    La question du statut de Mgr Gaillot, l’ex-évêque d’Evreux, reste donc

    posée, un an après sa révocation, qui avait fait grand bruit dans le monde

    de l’Eglise. Et si les remous ont quelque peu diminué, les contestations

    continuent, épisodiquement, certes, mais comme autant de sujets de préoccupation.

    Une chose semble certaine, selon Mgr Di Falco, ex-porte-parole de

    l’épiscopat français: une responsabilité de type épiscopal est à exclure.

    On savait déjà que Mgr Gaillot ne serait pas l’évêque des exclus, comme il

    l’a demandé au pape - "On ne peut pas faire des exclus un diocèse personnel, ni un évêque pour un diocèse fictif", a expliqué Mgr Duval, président

    de la Conférence des évêques de France. On sait désormais que, pour ce qui

    est du ressort de celle-ci, il ne sera pas évêque tout court.

    Un peu moins d’un mois après la rencontre entre Mgr Gaillot et le pape,

    suivie d’une entrevue avec le cardinal Gantin, préfet de la Congrégation

    pour les évêques, qui lui avait signifié sa révocation, et Mgr Tauran, "ministre des Affaires étrangères" du Vatican, on n’en sait pas plus, si ce

    n’est que, selon Mgr Di Falco, les propositions qui lui seront faites seront de type sacerdotal.

    Pas de responsabilité de type épiscopal

    Rencontrant la presse à l’issue du dernier Conseil permanent de l’épiscopat français (8-9 janvier), le Père Jean-Michel Di Falco, dont c’était la

    dernière intervention en tant que porte-parole des évêques, a été catégorique: "Jacques Gaillot n’aura pas de responsabilité de type épiscopal. La

    Conférence épiscopale lui communiquera les propositions de tel ou tel évêque dans son diocèse. Ces propositions sont de type sacerdotal et non épiscopal".

    Une responsabilité épiscopale, a fait observer le Père Di Falco, ne peut

    être confiée que par le pape, et non par Mgr Duval, le président de la Conférence des évêques de France. Et d’expliquer: "A partir du moment où JeanPaul II a demandé à Jacques Gaillot de faire le point sur sa situation avec

    Mgr Duval, cela signifie la poursuite de la mission confiée à Mgr Picandet

    et à Mgr Poulain". Le porte-parole a ajouté que ces deux évêques sont "en

    relation constante" avec Mgr Gaillot et que "les derniers contacts datent

    de la semaine dernière".

    Liens ténus mais pas rompus

    Le lien entre la Conférence des évêques et Mgr Gaillot est ténu, certes,

    mais pas rompu. Cette dernière a en effet chargé deux de ses membres, Mgr

    Picandet et Mgr Poulain, de maintenir le dialogue. Des propositions ont été

    faites, auxquelles Mgr Gaillot n’a pas dit non, déclarait Mgr Poulain à la

    veille de la rencontre de Mgr Gaillot avec le pape. Plusieurs évêques de la

    région parisienne ont en effet proposé de l’accueillir. L’intérêt de la déclaration de du Père Di Falco est que, dans tous ces cas de figure, il

    s’agirait d’un ministère sacerdotal et non pas épiscopal.

    C’est la faute à Pasqua

    Un an jour pour jour après sa révocation, l’ex-évêque d’Evreux, en visite en Espagne, a redit vendredi devant des journalistes réunis à Barcelone

    sa conviction que l’ancien ministre de l’Intérieur Charles Pasqua était à

    l’origine de sa révocation. Mgr Gaillot a été auparavant reçu par le cardinal Ricardo Maria Carles, archevêque de Barcelone. L’entretien, qui a duré

    trente minutes, s’est déroulé en présence d’un des évêques auxiliaire du

    cardinal, Mgr Carrera. Auparavant, Mgr Gaillot avait rencontré au monastère

    de Montserrat Mgr Vives, également évêque auxiliaire de la capitale catalane.

    L’ex-évêque d’Evreux s’est rendu à Barcelone a l’invitation du Forum Vie

    et Evangile, une plate-forme qui regroupe plusieurs mouvements progressistes de l’Eglise catalane. Il a participé le 10 janvier à l’occupation

    d’une maison par des jeunes SDF dans un quartier populaire, avant de prononcer une conférence dans une église du centre-ville.

    Interrogé par des journalistes, Mgr Gaillot a évoqué sa récente rencontre avec le pape, qu’il a qualifiée de "fraternelle et cordiale". Evoquant

    les négociations entamées avec la Conférence des évêques de France afin de

    trouver une solution à sa situation actuelle, il a redit son souci de poursuivre son travail aux côtés des exclus et de garder sa liberté de parole.

    Mgr Gaillot a attribué sa révocation à une intervention auprès du Vatican de l’ancien ministre français de l’Intérieur Charles Pasqua. Dénonçant

    l’autoritarisme de l’Eglise et plaidant pour le dialogue et le pluralisme à

    l’intérieur de la communauté ecclésiale, il a dit sa conviction que c’est

    la base de l’Eglise et non ses structures officielles "qui introduiront des

    changements profonds dans l’Eglise catholique". (apic/cip/pr)

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