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    apic/Fribourg/Ukraine

    Fribourg: Solidarité avec l’Ukraine (151294)

    Le Père Mikolaj reconstruit son église

    Fribourg, 15décembre(APIC) Les chemins de la Providence sont parfois tortueux. Celui qui a amené en Suisse le Père Mikolaj, jeune prêtre orthodoxe

    de la petite ville ukrainienne de Volotchisk passe par l’amitié d’un ingénieur d’origine hongroise établi à Fribourg. Pour soutenir la reconstruction de l’église du Père Mikolaj, Alexander Farkas vient de fonder une association (1). De passage à Fribourg, le Père Mikolaj fait le récit d’une

    solidarité vécue au quotidien.

    Lorsqu’en 1991, le père Mikolaj arrive à Volotchisk, à l’ouest de

    l’Ukraine, il n’y a plus ni lieu de culte, ni prêtre. Il décide alors de

    reconstruire l’église détruite par les communistes en 1937 pour les quelque

    7’000 orthodoxes de cette ville industrielle de 28’000 habitants. Les autorités veulent bien lui restituer le champ de ruines de l’ancienne église et

    lui attribuer un ancien atelier où une chapelle d’une centaine de place a

    été aménagée depuis. Il n’est pas question cependant d’accorder de soutien

    ou de dédommagement financier. Les autorités locales n’ont même pas de quoi

    payer l’école.

    Au ministère à Kiev, on lui répond que l’Eglise et l’Etat sont séparées

    et qu’il faut chercher ailleurs. L’Eglise orthodoxe ukrainienne autonome,

    de laquelle dépend le Père Mikolaj, est elle aussi désargentée et ne parvient même pas à lui assurer un salaire lui permettant de faire vivre sa

    femme et ses deux enfants. Seule solution: faire marcher la solidarité locale et internationale. Trouver des matériaux, chercher de l’aide à

    l’étranger pour la construction, mais aussi pour les paroissiens dont beaucoup ont à peine assez à manger, constitue l’essentiel de son activité de

    prêtre, explique le Père Mikolaj.

    En 1992 entre alors en scène Alexander Farkas, ingénieur d’origine hongroise établi à Fribourg. En voyage en Ukraine, à l’invitation de deux ingénieurs ukrainiens venus faire un stage chez Vibro-Meter en 1990, Alexander Farkas fait la connaissance du Père Mikolaj et noue une solide amitié.

    A son retour, il accepte d’amener le prêtre en Pologne où il désire acheter

    une voiture, puis de l’accompagner jusqu’à Bielefeld, en Allemagne. Dans

    cette ville où vivent de nombreux Ukrainiens, le Père Mikolaj sait pouvoir

    trouver de l’aide. "Le voyage était un peu tendu car j’avais dû quitter ma

    femme sur le point d’accoucher de notre deuxième enfant", rappelle le Père

    Mikolaj.

    "Je dois 700 millions de coupons à mes ouvriers"

    De retour en Ukraine, avec l’argent récolté en Allemagne, le père Mikolaj peut poursuivre la contruction de son église. Aujourd’hui le vaste édifice de style traditionnel est sous toit et ses trois coupoles brillent

    dans le ciel de Volotschisk. "Après avoir terminé l’aménagement intérieur,

    nous espérons pouvoir la consacrer dans un an et demi", souligne avec fierté le père Mikolaj. "Mais je dois 700 millions de ’coupons’ à mes ouvriers". Il faut dire que l’inflation galopante ne facilite pas les choses.

    Aujourd’hui 100’000 ’coupons’ peuvent s’échanger contre un franc suisse. La

    rente maximale d’un retraité s’élève à 1,2 million de coupons et un kilo de

    beurre en coûte 480’000.

    "Après 70 ans de communisme, nous étions en train de sombrer dans un

    précipice. Aujourd’hui il faut rassurer les gens, leur dire que Dieu, que

    l’Eglise les attend. Chaque dimanche, je célèbre 5 à 10 baptêmes de nouveaux-nés, d’adultes et parfois même de vieillards". Quant aux relations

    oecuméniques, le père Mikolaj n’hésite pas à les qualifier d’amicales.

    "J’ai reçu de sérieux coups de mains de la part des gréco-catholiques, qui

    viennent même dans mon église puisqu’ils n’ont pas de paroisse à Volotchisk". (apic/mp)

    (1)Association pour la reconstruction de l’église Pokrovska, Alexander Farkas, Rte de la Singine 8 G, 1700 Fribourg

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