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    Le texte contient 61 lignes (max. 75 signes), 668 mots et 4585 signes.

    apic/Fribourg/ assemblée ecclésiastique

    Fribourg: L’assemblée ecclésiastique débat des "sorties d’Eglise" (210695)

    "A ne pas confondre avec l’apostasie, l’hérésie ou le schisme"

    Fribourg, 21juin(APIC) Le document proposé par le vicaire épiscopal

    concernant les conséquences pastorales des "sorties d’Eglise" a suscité un

    vif débat de plus deux heures, mardi soir à l’assemblée ecclésiastique .

    Priver définitivement de sacrements une personne qui déclare vouloir sortir

    d’une corporation ecclésiastique est une peine disproportionnée, ont estimé

    les délégués. Quitter une collectivité ecclésiastique, même si cela implique des conséquences pastorales, ne revient pas à sortir de l’Eglise au

    sens canonique du terme, et il convient de distinguer clairement les deux

    choses, a soutenu avec succès l’abbé Marc Donzé.

    Après le débat entre les tenants de la fermeté et ceux d’une attitude

    plus ouverte, les délégués ont finalement adopté sans modification majeure

    l’art 7 du futur Statut qui fixe les normes principales pour exercer le

    droit de sortie reconnu par la Constitution fédérale. L’article 7 prévoit

    en particulier que celui qui souhaite sortir de l’Eglise se voit remettre

    par le Conseil de paroisse un formulaire de déclaration de sortie et un document expliquant les conséquences de ce geste. Ces conséquences étant essentiellement pastorales, le contenu et la forme de ce document doivent

    être établis par l’autorité diocésaine. Les vicaires épiscopaux ont tenu

    cependant à présenter à l’Assemblée leurs propositions.

    "J’ai conscience que la sortie entraîne aussi pour moi la renonciation

    aux services de l’Eglise, à savoir: la participation aux sacrements, les

    funérailles religieuses, la capacité d’être parrain ou marraine de baptême

    ou de confirmation". Le chanoine Jacques Banderet reconnaît que ce texte

    est assez provocateur. Mais on saurait admettre qu’il existe deux Eglises,

    l’une visible avec des supports matériels et l’autre "invisible" dégagée de

    toute contingence. Ni qu’il existe deux catégories de membres, les payants

    et les non-payants. Certes le droit canon prévoit que les ministres sacrés

    ne peuvent refuser les sacrements (art. 843) et que le ministre ne demandera rien pour l’administration de ceux-ci (art. 848) mais il fait aussi une

    obligation au fidèle de subvenir aux besoins de l’Eglise (art. 222). Les

    personnes demandant la sortie doivent être cohérentes dans leur démarche.

    "Attention", rétorque l’abbé Marc Donzé, il s’agit de distinguer entre

    deux cas de figures: la sortie d’Eglise selon le droit canon liée à l’apostasie, à l’hérésie ou au schisme. - par exemple dans des cas de conversion

    à l’islam, d’entrée chez les Témoins de Jéhovah ou d’adhésion au mouvement

    intégriste de Mgr Lefebvre - et la sortie d’une collectivité ecclésiastique

    lié à d’autres raisons, assez souvent fiscales. Les meilleurs canonistes

    estiment que dans le deuxième cas il n’y a pas de sortie d’Eglise au sens

    propre. Pour Marc Donzé, suivi par la majorité de l’assemblée, il est donc

    nécessaire de renoncer au terme de "sortie d’Eglise" et de préciser dans le

    statut "sortie des corportations ecclésiastiques". "Il ne s’agit pas de laxisme, facilitant les départs, mais il revient aux pastoraux de d’expliciter les conséquences et de rendre les gens pleinement conscients de leur

    démarche," souligne l’abbé Donzé, renvoyant ainsi sa copie au vicaire épiscopal.

    Coller à la jurisprudence fédérale

    Pour le reste, l’Assemblée a maintenu le texte approuvé en première lecture. "Nous devons coller à la jurisprudence fédérale", relève Marie Anne

    Heimo (Fribourg), présidente de la commission. Les délégués ont successivement refusé d’exiger une signature légalisée devant notaire (amendement du

    vicaire épiscopal Thomas Perler), de demander une lettre indiquant les motifs de la sortie (amendement Marc Donzé), de poser des conditions formelles moins restricives (amendement Jean-Benoît Meuwly). L’assemblée a par

    contre accepté que le curé de la paroisse soit officiellement informé des

    demandes de sortie (amendement Jean-Paul Fragnière).

    Dernier chapitre, celui de la réintégration. Jacques Baeriswyl de Bulle

    aurait voulu qu’elle puisse se faire non seulement par demande écrite, mais

    par "actes concluants". Une personne ayant fait une déclaration de sortie

    mais qui continuerait à bénéficier des services de l’Eglise et à participer

    à la vie de la paroisse, serait par le fait même réintégrée. Beaucoup trop

    difficile à constater et à juger, ont estimé les délégués. (apic/mp)

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