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    apic/Franciscains d’Europe/Réorganisation

    Les Franciscains d’Europe francophone regroupent leurs forces

    Deux provinces désormais: une franco-belge et l’autre France-Ouest (080496)

    Rien de changer pour les franciscains suisses

    Bruxelles, 8avril(APIC) Les Franciscains de Belgique francophone sont désormais rattachés avec leurs confrères des régions de Lyon et de Strasbourg

    à une même et nouvelle province franco-belge. Celle-ci sera créée le mardi

    de Pâques 9 avril à Strasbourg et aura son siège à Metz. La veille, à Paris, les trois autres provinces de Paris, Rennes et Toulouse auront aussi

    fusionné en une seconde province, baptisée France-Ouest. Ce changement ne

    modifie en rien le statut des franciscains suisses, rassemblés autour de

    l’Allemange et de l’Autriche. La Congrégation suisse compte seulement 2 ou

    3 frères de langue maternelle française.

    C’est le Père Herman Schalück, supérieur général des Franciscains, qui

    ouvrira, le 8 avril, les chapitres ou assemblées générales des deux nouvelles provinces de l’ordre, proclamera leur fondation et fera connaître la

    composition de leur gouvernement. A l’horizon de l’an 2000, l’objectif fondamental de ce regroupement, annoncent les religieux, est "d’insuffler un

    nouveau dynamisme à l’ensemble francophone européen, de leur donner les

    moyens d’une vie fraternelle et évangélique renouvelée, et de fixer le cadre d’une nécessaire collaboration".

    Un large souhait

    Si le passage de six provinces à deux est une "première", cette fusion

    est largement souhaitée par les religieux concernés et s’inscrit d’ailleurs

    dans une évolution bien entamée. Chez les Franciscains comme dans d’autres

    Instituts religieux, la réduction et le vieillissement des effectifs ont

    rendu difficile le maintien du même volume d’activités. Or, il y a des

    charges incompressibles, comme celles du gouvernement, et d’autres qui imposent à certains frères des cumuls hétéroclites. Toutes les branches de la

    grande famille franciscaine ont fait une expérience analogue : Frères du

    Premier Ordre, Clarisses, Religieuses du Tiers-Ordre régulier, Laïcs ont de

    plus en plus ressenti la nécessité de se rapprocher pour mieux s’épauler.

    Le regroupement des forces est devenu une évidence pour une majorité de

    frères, notamment pour tous ceux qui ont participé au gouvernement des six

    provinces actuelles de l’Europe francophone. Dès 1993, les six chapitres

    concernés ont été unanimes à souhaiter un rapprochement et une collaboration plus étroite entre voisins. En novembre 1993, en présence du Ministre

    général de l’Ordre, ils ont envisagé de constituer deux associations de

    trois provinces. Mais par la suite, il est apparu qu’il fallait proposer

    franchement la fusion, à condition que soient sauvegardées les identités

    régionales. Consultés par référendum, les frères ont dit oui.

    Les chapitres de Paris et de Strasbourg apporteront donc la confirmation

    officielle de cette évolution. Compte tenu des consultations, le Ministre

    général et son Conseil seront le lundi 8 à Paris, et le mardi à Strasbourg

    pour désigner les membres des deux nouveaux gouvernements. Chacune des deux

    nouvelles provinces auront son ministre provincial, son vicaire provinciale

    et son définitoire, conseil de six membres.

    17’600 Frères Mineurs

    770 ans après la mort de leur fondateur François d’Assise, les Franciscains ou "Frères Mineurs" sont au nombre de 17’600 religieux. Ils font partie du premier Ordre créé par saint François et qui compte également 11’200

    Capucins et 4’500 Frères Mineurs Conventuels. Les Frères Mineurs sont répartis en 98 provinces, auxquelles s’ajoutent une quinzaine de vice-provinces et 19 custodies. L’ensemble est regroupé au sein de 15 "Conférences"

    selon les zones géographiques et culturelles.

    Deux siècles mouvementés

    Les Franciscains de Belgique et de France ont vécu, de 1792 à 1996, deux

    siècles d’une histoire mouvementée. En 1792, le dernier gardien ou responsable du couvent de Paris était massacré. Cinq siècles d’histoire franciscaine se terminent ainsi dans le sang à la Révolution. Toute possibilité de

    vie religieuse dans la France de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité semble anéantie. En Belgique, la fermeture des couvents par les commissaires français fin 1796 / début 1797 entraîne la dispersion: les frères

    laïcs regagnent leur village natal pour y reprendre leur métier ; les prêtres assument dans des paroisses un rôle de curé, vicaire ou chapelain.

    Dès 1816, mais surtout à partir de 1850, des Franciscains reviennent du

    Piémont à Nice, puis en Avignon et s’étendent jusqu’en Bretagne. Ils comptent neuf maisons en 1880. Cette province se divise en deux en 1889.

    En France, le renouveau est amené d’Espagne par des frères qui ont fui

    les troubles de 1834-35. L’un d’eux, le Père Arezo, a reçu de Rome une mission de restauration. Il fonde une communauté à Saint-Palais (Pyrénées Atlantiques) en 1851, puis d’autres à Amiens, Paris, Limoges, Bordeaux.

    La maison d’Amiens n’avait que deux frères, un Français et un Espagnol.

    En août 1852, le Père Arezo obtient du provincial belge l’envoi d’un renfort : quatre religieux flamands, deux hollandais et deux wallons. Il faudra attendre 1860 pour que soit érigée une province.

    La période est féconde en vocations. Dans les trente premières années de

    la restauration, on compte en France pas moins de 120 départs en mission :

    pour la Terre Sainte, l’Amérique du Sud, la Chine. L’unique province belge

    connaît aussi l’essor : création de nombreux couvents, fondation de maisons

    en Angleterre et en Saxe, missions en Terre Sainte, en Chine, au Chili.

    Après Ferry et Combes

    Mais les décrets signés en France le 29 mars 1880 par le ministre de

    l’Instruction publique Jules Ferry entraînent l’expulsion de tous les religieux. Des Franciscains français partent en Terre Sainte, en Espagne, aux

    Pays-Bas. D’autres, soucieux de garder les couvents, restent en France...

    dans des appartements tout proches. Le noviciat s’installe en Angleterre,

    où trois maisons s’ouvrent pour accueillir les Français: ils seront 75 en

    1884. Une branche essaime encore au Canada, où elle deviendra florissante.

    Puis, discrètement, la vie franciscaine peut à nouveau reprendre en

    France. Des couvent peu à peu se rouvrent et un Chapitre provincial se

    tient à Bordeaux dès 1882, en présence du supérieur général.

    Une nouvelle province naît en Alsace-Lorraine, sous régime allemand en

    1888, à partir de la fondation d’un couvent à Metz. Puis, en 1892, la province St-Pierre, érigée en 1860, se divise : nord et sud.

    Les expulsions des Lois du ministre Combes en 1903 auront des conséquences dramatiques. Les Franciscains sont chassés de force de leurs couvents,

    malgré les fréquentes manifestations de sympathie de la population. Nouvel

    exode vers la Terre Sainte, la Chine et le Canada, dont l’expansion est

    renforcée par les nouveaux arrivants. D’autres s’installent en Belgique,

    avec un noviciat à Bastogne, tandis que se crée un Collège Séraphique dans

    le Limbourg hollandais

    Du sommet au renouveau

    Ce n’est qu’après la guerre de 1914-1918 que les provinces françaises se

    reconstituent, les Séminaires s’ouvrent, l’apostolat se réorganise. A la

    même époque, la province belge envoie des religieux au Congo, futur Zaïre.

    Et en 1932, les frères francophones de la province belge, atteignant la

    centaine, peuvent ériger une province autonome pour le sud du pays. Leur

    nombre s’accroîtra jusqu’en 1965 : 166 frères.

    Jusque dans les années 50, les cinq provinces de France et la province

    de Belgique-sud ont connu une période d’extension. Le Concile Vatican II

    (1962-1965), pourtant à l’origine d’un nouveau souffle pour la vie religieuse, n’a pas enrayé le déclin des vocations. Les jeunes vocations franciscains ont été rares dans les dernières décennies. Entre 1970 et 1990, la

    province de Paris est passé de 272 à 189 membres pour une région allant de

    Lille à Orléans. L’ensemble des Provinces a connu une évolution analogue.

    Cependant, des signes de renouveau apparaissent. Ainsi, le centenaire de

    la naissance de François d’Assise en 1981-82, puis celui de sa soeur Claire

    en 1993-94 ont eu un retentissement dans l’ensemble de l’Eglise. Des jeunes

    ont été attirés par les "routes" annuelles vers Assise. Des provinces se

    sont associées pour ouvrir des noviciats et des lieux de formation communs.

    "L’espérance d’une nouvelle vitalité commence à renaître", observe-t-on aujourd’hui chez les Franciscains. "Les associations de provinces d’abord,

    puis la fusion des six provinces francophones confirment l’importance d’une

    évolution qui doit conduitre les Franciscains à l’aube du troisième millénaire dans une perspective d’ouverture européenne et mondiale." (apic/cippr)

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