Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Le texte contient 114 lignes (max. 75 signes), 1225 mots et 8361 signes.

    apic/France/terre de liberté religieuse/le marché du spirituel à la hausse

    France:"Comment ça va, la France?", une enquête de "La Croix"(120495)

    57% des Français croient en Dieu, et 70 % d’entre eux

    considèrent que chacun doit définir lui-même sa religion

    Paris/Bruxelles,12avril(APIC/CIP) "Comment ça va, la France ?" A la

    veille des présidentielles, le quotidien "La Croix - L’Evénement" mène

    l’enquête jour après jour en consacrant quatre pages à un thème particulier. Thème du mardi 11 avril: "Croyances en liberté". Diagnostic: "La

    France est une terre de liberté religieuse. Pour le meilleur: la cohabitation fraternelle des confessions, l’éclosion de nouvelles pratiques. Pour

    le moins bon: la montée de l’indifférence religieuse, le bazar des superstitions."

    D’après une enquête effectuée en 1990, 57 % des français croient en

    Dieu. La France compte 45 millions de catholiques (baptisés), 900.000 protestants, 200.000 orthodoxes, 3 millions de musulmans, 600.000 juifs et autant de bouddhistes. Dans l’Eglise catholique, le nombre des paroisses est

    passé de 38.391 en 1980 à 34.315 en 1992, celui des prêtres diocésains de

    38.876 à 30.909.

    On observe également un tassement du nombre des baptêmes et, plus encore, des mariages religieux: de 217.479 en 1980 à 137.567 en 1992 (pour respectivement 334.000 et 271.427 mariages civils). Hausse, en revanche, du

    nombre des diacres (40 en 1979, 135 en 1981, 953 en 1993) et, plus symptomatique, des catéchumènes adultes ou de personnes demandant le baptême (890

    en 1976, 4.006 en 1980, 5.643 en 1991, 8.430 en 1993).

    Dans la France d’après-guerre, Don Camillo incarnait une Eglise centrée

    sur la paroisse et en concurrence direct avec le communisme. En 1995, la

    crise du religieux est surtout due aux problèmes de société. L’abbé Pierre,

    très populaire en France, rappelle l’exigence de la charité, de la main

    tendue au prochain dans une France malade de l’exclusion.

    "Le supermarché du spirituel" à la hausse

    On observe en France une diminution des croyances chrétiennes, mais pas

    toutes, constate Yves Lambert, membre du Groupe de sociologie des religions

    et de la laïcité au CNRS (Centre national de la recherche scientifique). La

    croyance dans les miracles, dans Jésus-Christ Fils de Dieu, et, chez les

    jeunes, les croyances liées à l’après-mort se maintiennent. Le sociologue

    met par contre en évidence un glissement vers le probabilisme: en 1952, 57

    % des Français se disaient certains de l’existence d’une âme immortelle; en

    1994, ils ne sont plus que 19 %. L’essentiel de la baisse des croyances

    s’est ainsi faite au profit de l’"entre-deux", des réponses du style "c’est

    probable, ou peu probable".

    Une tendance est à la hausse depuis quelques années, surtout chez les

    jeunes, c’est la diffusion des croyances parallèles: astrologie, télépathie, réincarnation, spiritisme,... La notion de supermarché spirituel, où

    chacun construirait une religion à la carte est un fait. "Cela correspond à

    une réalité, confirme Yves Lambert, mais surtout pour ceux qui se situent

    entre "la certitude pour" et "la certitude contre". On y trouve de plus en

    plus de jeunes. Seuls 40 % d’entre eux sont catéchisés. Les autres n’ont

    pas de repères religieux précis. En quelque sorte, ils se composent leur

    religion. 70 % des français considèrent que chacun doit définir lui-même sa

    religion, indépendamment des Eglises".

    Mêmes attitudes religieuses chez les jeunes musulmans

    Les attitudes religieuses des jeunes ruraux sont les mêmes que celles

    des jeunes urbains. Pourtant, le sentiment d’appartenance religieuse des

    jeunes ruraux reste plus élevé, notamment parce qu’une église dans un village reste un signe plus fort qu’une église dans un quartier de HLM. Chez

    les jeunes musulmans, les attitudes religieuses évoluent comme celles des

    jeunes catholiques. Les intégristes sont minoritaires parmi eux, même si

    leur taux de croyance en Dieu est plus élevé que chez les jeunes catholiques. Le bouddhisme, lui, reste peu diffusé.

    Une religiosité "circonstancielle"

    On rencontre de plus en plus une religiosité "circonstancielle": à l’occasion d’un événement important (naissance, maladie, décès, événements religieux), des gens vont se rapprocher de la religion puis vont prendre

    leurs distance. Il y a, note le sociologue, un "taux de rotation" plus important, "de telle sorte qu’à la limite, si cette "mobilité" s’intensifiait, on pourrait imaginer que chacun, à un moment ou l’autre de sa vie,

    pourrait être pratiquant".

    Invité à quitter son habit de sociologue pour donner un conseil aux

    Eglises afin de répondre à cette demande d’un public soucieux de son indépendance, Yves Lambert leur suggère d’être plus "propositionnelles". Mais

    il reste prudent, car c’est une "zone grise" de la sociologie religieuse:

    on ne connaît pas tellement leur demande. "De fait, il y a tout un réajustement à faire, dit-il. Trop de questions restent sans réponses, tandis que

    trop de réponses ne répondent plus aux questions". C’est pourquoi tout reste possible: "soit le retour d’un christianisme laissant plus de marge à

    l’autodétermination et au pluralisme, soit une extension des croyances diffuses, de ce "marais" spirituel, de ce bricolage des croyances, soit encore

    une extension de l’indifférence. Tout reste possible".

    Yves Lambert situe enfin le lien entre les enjeux religieux et les

    enjeux sociopolitiques. "Il y a une trentaine d’années, les croyances se

    hiérarchisaient comme la hiérarchie sociale, dit-il. Désormais les

    contrastes entre les milieux sociaux sont de plus en plus faibles. Cela

    tient à l’atténuation de la guerre des deux France, laïque et catholique,

    et du clivage entre classe ouvrière et bourgeoisie. La mobilité des

    opinions contribue ainsi à la mobilité religieuse". Le sociologue précise

    qu’on observe les mêmes tendances dans tout le monde occidental.

    La nouvelle foi des catholiques en France: tout n’est pas négatif

    Secrétaire général adjoint de la Conférence épiscopale, le Père Bernard

    Jeuffroy a le regard confiant. Face aux mutations du monde catholique, il

    enregistre avec satisfaction une personnalisation croissante de la foi des

    fidèles, même de moins en moins nombreux: "Ils sont bien sûr plus sollicités, mais aussi plus déterminés. Ils ressentent le besoin de s’engager davantage, de mieux se former, de se rencontrer plus souvent."

    Paradoxe de la "nouvelle" foi des catholiques de France: plus personnelle, elle a également gagné en sens de la communauté. "C’est un effet de la

    baisse du nombre de fidèles. Les jeunes adultes, notamment, prennent conscience qu’il leur faut retourner aux sources avec d’autres", souligne le P.

    Jeuffroy. D’où l’importance persistante des mouvements et des services

    d’Eglise, scouts ou Mouvement Eucharistique des Jeunes, sans oublier les

    aumôneries.

    D’où aussi la multiplication de lieux ou de temps - monastères et foyers

    de charité, pèlerinages ou rendez-vous d’été - sur lesquels se concentre

    une certaine pratique catholique, parfois comme forme unique de pratique.

    "Le groupe chrétien de référence, autrefois identifié à l’église voisine,

    peut très bien se former ailleurs ou n’exister qu’avec une périodicité limitée. En toute liberté", observe "La Croix". Le P.Jeuffroy ne déprécie pas

    cette liberté: "Les gens se sentent souvent pratiquants d’une manière inédite. Leurs attaches territoriales étant moins fortes, ils se réunissent

    davantage par affinités, par identité de quête ou de sensibilité."

    Face à ces déplacements, l’Eglise s’adapte. Elle précède rarement le

    mouvement - comme dans le cas des charismatiques -, mais elle l’encadre

    sans le dénaturer, en veillant à faire se rencontrer, notamment dans les

    synodes diocésains, "anciennes" et "nouvelles" communautés.

    Moins nombreuse, l’Eglise catholique parvient encore à faire la une de

    l’actualité, comme le montrent l’"affaire" Gaillot, la popularité de l’abbé

    Pierre et les succès éditoriaux de Jean-Paul II le prouvent. "Les gens sont

    en quête d’un sens à leur existence, conclut le P. Jeuffroy. L’Eglise peut

    leur en fournir un, en terme de solidarité, de générosité, de lutte pour la

    vie, de défense de la famille..." (apic/cip/be)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus